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Les portails sur la voie du pornographiquement correct

Sans faux-fuyants, le portail allemand Freenet.de lance le site pornographique Fundorado.de. Une brèche est ouverte, dans laquelle les autres portails européens sont tentés de s’engouffrer. Discrètement.

Si le politiquement correct a obligé Yahoo.us à interdire la vente de produits pornographiques dans ses enchères, ses annonces classées ou encore sa rubrique Yahoo! Shopping, il semble que, en Europe, la politique soit plus souple en la matière.Freenet.de, qui est à la fois le second fournisseur d’accès allemand et un portail, a annoncé le lancement du site Fundorado.de, qui proposera des photos et des films classés X pour 9,95 euros par mois. Plus de 2 millions de visiteurs mensuels sont attendus dès la fin de la première année. Quelque 10 % d’entre eux devraient devenir des consommateurs réguliers, soit un chiffre d’affaires mensuel qui approchera les 2 millions d’euros.Et Freenet n’est pas le seul à se lancer dans le commerce du sexe. Ses rivaux T-Online et GMX.de (messagerie gratuite) ont annoncé vouloir se développer dans le même sens.

Face à la pénurie, les tabous tombent

C’est que tous ont en ce moment besoin de rassurer les investisseurs et de construire des business models rapidement rémunérateurs. Et le sexe est un commerce lucratif. D’après Netvalue, 35,3 % des surfeurs allemands fréquentent les sites pornographiques. Soit, 5 millions de visiteurs uniques par mois, qui passent en moyenne 51 minutes de leur temps du côté X. Une étude de Datamonitor révèle que le marché du sexe atteindra 3,1 milliards de dollars en 2003 (3,5 milliards d’euros).Si le marché du sexe est plus tangible que bien des eldorados d’Internet, les portails doivent cependant le prendre avec des pincettes. Il faut faire attention à ne pas discréditer l’image du site auprès des internautes qui ne sont pas amateurs.Aussi, en France, en Suède, ou au Danemark, Yahoo! se contente-t-il de référencer les sites X et de leur permettre de faire de la publicité. Mais aucun film ou produit à caractère pornographique n’est vendu. C’est également, dans l’Hexagone, la politique du groupe Liberty Surf.En france, 27 % des internautes visitent des sites X pour un temps moyen de 20 minutes. Et ” Sexe ” est, d’après une étude effectuée par Alexa Research, le mot le plus tapé dans les moteurs de recherche…
Un commerce qui pourrait rapporter gros aux portails européens, à condition quils sachent le développer avec discrétion.

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Valérie Siddahchetty