Personne ne semble épargné par la crise, pas même les marques qui revendiquaient historiquement une rentabilité extraordinaire. C’est le cas de Porsche, qui subit de plein fouet les complications du marché. Pour limiter la casse, la solution la plus simple est cruelle mais évidente : supprimer des emplois. La marque allemande, qui avait déjà annoncé 4 400 postes en moins, poursuit donc de plus belle.
Un plan social choc qui fait vaciller un géant du luxe
Dans le cadre d’un plan de restructuration négocié entre la direction et les syndicats représentant le personnel, 5 000 emplois passeront ainsi à la trappe d’ici 2035. Ce nouveau paquet s’ajoute alors aux 3 900 suppressions initialement annoncées en février 2025 et aux 500 autres déjà indiquées par Michael Leiters, le PDG de la marque. Le nombre de licenciements passe donc au total à 9 400.
Près d’un quart des effectifs sacrifiés : la saignée continue
Il y a ainsi de la casse, même si Porsche précise que ces réductions sont « socialement responsables ». Rappelons que le constructeur allemand employait près de 43 000 personnes fin 2024. C’est ainsi presque le quart de la masse salariale qui quittera l’entreprise. Les raisons d’un tel effondrement sont connues : la situation de Porsche sur le marché chinois, autrefois très porteur, s’est considérablement durcie.
La Chine et l’électrique : le double séisme qui plonge Porsche dans la crise
Plusieurs mesures d’économies sont bien sûr possibles, mais selon Daniel Schwarz, analyste automobile pour la banque d’investissement Metzler, les suppressions d’emplois « sont inévitables pour réduire les coûts, car un retour à une forte croissance en Chine n’est plus d’actualité ». D’autres marques premium allemandes comme BMW et Mercedes taillent aussi sévèrement dans les effectifs pour tenter d’amortir leur chute.
Ces constructeurs ont un point commun : ils ont massivement investi dans l’électrique pour finalement se rendre compte que les clients ne suivent pas. Ce véritable trou dans la poche a logiquement fragilisé leurs finances sans garantir un retour sur investissement. Porsche ajoute tout de même que l’accord passé avec les syndicats comprend aussi des garanties pour maintenir la production dans les usines pendant cinq années supplémentaires.
Des milliards investis pour tenter de sauver les meubles
D’autre part, 2,1 milliards d’euros vont être investis dans l’usine principale de Porsche à Stuttgart et au centre de recherche et développement à Weissach. Mieux que rien, même si cela ne suffira pas à atténuer les inquiétudes. Il faut dire qu’Oliver Blume, le PDG du groupe Volkswagen, estime qu’il faut atteindre à minima 100 000 licenciements pour rester dans la course face aux constructeurs chinois.
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Source : Reuters

