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Piratage de l’Agence Nationale des Titres Sécurisés : des millions de données d’état civil ont été volées

L’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) a subi une attaque informatique. Les données d’état civil de nombreux Français ont été compromises. Des données personnelles très sensibles liées aux comptes professionnels ont été piratées, et se retrouvent sur le dark web.

L’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANTS), l’organisme chargé de délivrer les documents d’identité en France, vient de se faire pirater. Dans un communiqué, relayé par le chercheur Christophe Boutry, l’agence explique avoir « eu connaissance d’un incident de sécurité sur son site » le 15 avril 2026. L’entité encadre les cartes nationales d’identité, les passeports, les permis de conduire et les certificats d’immatriculation de millions de citoyens.

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Des données très sensibles entre les mains des pirates

L’intrusion s’est soldée par « un accès non autorisé à certaines données personnelles » liées à « votre compte usager professionnel ». Les données concernées sont particulièrement sensibles. Le communiqué évoque les données relatives à votre état civil, les identifiants de connexion au compte professionnel, les numéros d’habilitation et ou d’agrément, l’adresse postale et le numéro de téléphone. C’est une mine d’or pour le pirate qui voudrait tenter d’usurper votre identité ou vous piéger avec une attaque phishing.

« Au regard des données personnelles et professionnelles concernées, il est cependant possible que vous receviez prochainement des appels ou des courriels indésirables. Aussi, nous vous recommandons de redoubler de vigilance, de ne jamais communiquer vos informations personnelles et de nous signaler toute activité inhabituelle sur votre compte via le formulaire dont le lien figure à la fin de ce message », met en garde l’Agence Nationale des Titres Sécurisés.

Des données déjà en vente

Selon les informations de Christophe Boutry, un pirate a mis en vente toutes les données sur un forum dédié aux cybercriminels. Sur le marché noir, le hacker prétend avoir mis la main sur « 19 millions d’enregistrements ». On parle donc d’une fuite massive, qui s’ajoute aux innombrables autres violations qui ont marqué la France

Conformément à la législation française et au RGPD, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a été alertée. En parallèle, la procureure de la République de Paris va ouvrir une enquête. Ce n’est pas la première fois que l’ANTS se retrouve dans le viseur des cybercriminels. En septembre 2025, une base de données, contenant entre 10 et 12 millions de fiches d’état civil, avait été mise en vente sur le dark web, mais l’ANTS avait assuré qu’aucune intrusion n’avait été détectée dans ses systèmes.

Un piratage qui n’est pas sans conséquences

Comme nous l’explique Richard Ford, responsable chez Integrity360, le piratage d’une plateforme comme ANTS n’est pas qu’un « problème technique ». L’incident impacte « directement la manière dont les citoyens accèdent en temps réel à des services d’identité essentiels ». Les portails « qui gèrent les cartes d’identité et les documents officiels sont au cœur des infrastructures publiques », et « s’ils sont perturbés, cela crée immédiatement des frictions pour les usagers, qu’il s’agisse de retards, d’incertitudes ou d’une perte de confiance dans le système ».
Par ailleurs, « ce qui rend ce type d’incident encore plus critique, c’est la concentration de données personnelles sensibles et le rôle de ces systèmes en tant que point d’entrée vers d’autres services », ajoute l’expert en sécurité. D’autres systèmes gouvernementaux risquent de se retrouver dans le viseur des cybercriminels dans le sillage du piratage de l’Agence Nationale des Titres Sécurisés. Même « sans perte de données confirmée, ils deviennent des cibles de grande valeur pour des attaques ultérieures, notamment des campagnes de phishing ou des tentatives d’usurpation d’identité via des communications à l’apparence officielle », estime notre interlocuteur.

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