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Comment la tech tente d’aider à lutter contre la propagation du Coronavirus

Reconnaissance faciale, capteurs de température, cartographie interactive, code QR, appli… L’Asie se sert abondamment  des nouvelles technologies pour tenter de lutter contre la diffusion de l’épidémie.

Parti de Chine, le Covid-19 continue de s’étendre en Asie et sur le monde. Au point que certains pays ont recours à des techniques pointues pour identifier, surveiller, traquer les potentiels malades.
La Chine l’a bien compris. Associés au gouvernement, les géants chinois de la tech ont développé de nouvelles applications à leurs technologies existantes pour endiguer la propagation du virus.

La Chine, un labo d’expérimentations à ciel ouvert

À Pékin, un système développé par Baidu contrôle les passagers de la gare Qinghe grâce à la reconnaissance faciale et à des capteurs infrarouges, photographiant automatiquement chaque visage. Si la température d’un corps dépasse 37,3 degrés, une alarme stridente se déclenche, entraînant un second contrôle « manuel », cette fois.
Selon le géant chinois de l’Internet, son système intelligent peut contrôler plus de 200 personnes par minute. Ce qui augmente considérablement la fréquence par rapport aux portiques de contrôle classiques.
Baidu n’est pas le seul sur le dossier. Megvii, une entreprise chinoise spécialisée dans les technologies de reconnaissance faciale a aussi développé en urgence un outil similaire, expérimenté dans une station de métro de la capitale chinoise.

Plus classiquement, les autorités chinoises ont également utilisé des drones pour diffuser à grande échelle des messages de prévention et de rappel à l’ordre. Comme le rapporte CNN, certains servent également à diffuser du désinfectant dans les rues chinoises.
Les rues des villes chinoises sont, toujours selon le média américain, devenues un labo à ciel ouvert pour tout type d’expérimentations : des robots livreurs courent les hôpitaux, par exemple.

Capture d’écran QR Alipay

Au pays du QR code

En dehors des lieux publics de transit, les Chinois peuvent autoévaluer leur risque de contamination et donc de contagion via un QR code. Intégré à Alipay, le système de paiement dématérialisé du géant Alibaba, les utilisateurs peuvent surveiller leur état de santé.
Pour cela, il leur suffit de remplir un questionnaire sur le Web, puis un QR code de couleur apparaît : s’il est rouge, le confinement doit durer 14 jours, s’il est orange, seulement une semaine, enfin s’il est vert, sauvé (pour le moment).

Les codes rouge et orange doivent ensuite faire des contrôles réguliers pendant les jours d’assignation à résidence via l’appli DingTalk, également développée par Alibaba.
Interrogés par Reuters, plusieurs Chinois de la région de Hangzhou ont raconté que le service de sécurité de leurs immeubles ou encore d’un supermarché leur avait demandé de présenter leur QR code pour pouvoir entrer dans les bâtiments.

Des cartes interactives en Corée du Sud

Créée cette fois par China eletronics technology group corporations, sous la houlette du Conseil des Affaires d’État et de la Commission nationale de la santé, l’application « Close contact detector » fonctionne sur le même principe. Il faut répondre à un questionnaire sur le Web pour déterminer si l’utilisateur s’est trouvé dans des situations à risque ou proche de personnes qui l’auraient été, puis un code couleur identifie la marche à suivre. Là encore, du vert au rouge, selon les risques une période de confinement est prescrite à l’utilisateur.

Moins autoritaire que la Chine, son voisin la Corée du Sud, deuxième pays avec le plus de cas déclarés dans le monde, a également fait appel aux nouvelles technologies. Mais, cette fois, les initiatives viennent de développeurs indépendants.
Un jeune Coréen de 19 ans a ainsi développé une carte interactive « Coronamap.live » qui permet de suivre les personnes potentiellement malades sur le Web. De même, les points mobiles sur la carte sont colorés selon le risque de contamination.
Selon Reuters, la cartographie compile toutes les données en open source que ce soit celles publiées par le gouvernement ou celles relayées par la presse. Victime de son succès, la carte connaît actuellement un bug.

Capture d’écran coronamap.live

Actualiser au prix de leurs sommeils

Un couple de développeurs a également lancé son propre site « Wuhanvirus.kr », une sorte de tableau de bord de suivi de l’épidémie dans le monde. Le site affiche d’abord les chiffres officiels de l’état de la maladie, puis la carte du monde en dégradé de rouges selon le nombre de cas recensés dans les différents pays.
« C’était facile à actualiser au début de la semaine », a confié le développeur à Reuters. « Mais avec des dizaines de nouveaux patients toutes les quelques heures, ça commence à faire des ravages sur nous », détaille l’homme qui avoue qu’avec sa femme ils n’arrivent plus à trouver le temps de dormir.

Capture d’écran Wuhanvirus.kr

L’usage de la tech, reflet du pouvoir en place ? 

Au-delà de l’aspect utilitaire de ces outils, l’emploi des nouvelles technologies se distingue selon le pouvoir en place. À Moscou, comme à Pékin, aux grosses épidémies, les gros moyens. Si les caméras dotées de systèmes intelligents reconnaissent une personne sensée rester chez elle, la police intervient. Alors qu’en Corée du Sud, les initiatives répondent à la logique du bottom-up. Des citoyens pour les citoyens. Néanmoins, nulle part dans le monde, la technologie n’a encore permis de soigner le virus plutôt que de traquer les malades.

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Marion SIMON-RAINAUD