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L’IA consomme-t-elle trop d’électricité ? L’Arcep veut faire le point

Le régulateur des télécoms prépare une collecte de données environnementales chez les fournisseurs d’IA générative. Un secteur qui communique jusqu’ici davantage sur ses économies d’énergie que sur sa facture.

Depuis 2020, l’Arcep réclame chaque année aux acteurs du numérique français leurs chiffres environnementaux : électricité consommée, émissions de gaz à effet de serre, volumes d’eau prélevés. Le périmètre s’est élargi au fil des éditions, des opérateurs télécoms aux équipementiers mobiles, puis aux fabricants de câbles en fibre optique lors de la dernière livraison en mai. L’autorité vise désormais un cran au-dessus.

Une consultation ouverte, une collecte prévue pour 2027

L’Arcep a mis en consultation publique un projet de décision destiné à intégrer les fournisseurs de services d’IA générative à son enquête annuelle. Le calendrier demande un peu de patience : la campagne de collecte concernée est celle de 2027, pour une publication en 2028.

L’autorité mène par ailleurs depuis le début de l’année des échanges avec ces fournisseurs et avec les exploitants de centres de données, afin de définir des indicateurs qui tiennent méthodologiquement la route (exercice moins évident qu’il n’y paraît, puisqu’il faut isoler ce qui relève de l’IA dans une infrastructure qui héberge aussi tout le reste).

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L’idée générale rappelle celle de l’étiquette énergie collée sur les lave-linges : rendre comparable ce qui ne l’est pas, en imposant les mêmes cases à remplir à tout le monde. Le régulateur n’entend pas fixer de plafond ni sanctionner une consommation, seulement obtenir des chiffres qu’il puisse publier.

Les centres de données grossissent plus vite que le reste

La dernière enquête donne la mesure du problème avec les données 2024 : la consommation électrique des exploitants de centres de données progresse de 12 % en un an. Leurs émissions de gaz à effet de serre bondissent quant à elles de 23 % sur la même période, l’électricité utilisée étant devenue plus carbonée. L’usage suit la même pente puisque 48 % des Français déclaraient utiliser l’IA générative en 2025, soit 28 points de plus en deux ans, avec une pointe à 85 % chez les 18-24 ans.

Reste le motif réel de l’opération, que l’autorité a formulé sans détour dans un rapport publié au printemps. Les concepteurs de modèles et les fournisseurs de services communiquent trop peu sur leurs impacts environnementaux réels, ce qui rend toute comparaison sérieuse impossible. Les utilisateurs se retrouvent donc privés des éléments qui leur permettraient de choisir en connaissance de cause. Autrement dit, les chiffres qui circulent aujourd’hui viennent essentiellement de ceux qui ont intérêt à les présenter sous leur meilleur jour.

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Source : Arcep


Naïm Bada