Le réseau cuivre d’Orange, celui qui a connecté la France à Internet au tournant des années 2000, poursuit son extinction méthodique. Chaque année, l’ARCEP recalcule le plafond de l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER), la taxe que les opérateurs alternatifs versent pour accéder aux paires de cuivre d’Orange. C’est un montant que le grand public ne voit jamais sur sa facture, mais qui pèse directement sur le coût du dégroupage ADSL.
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La décision n° 2026-0803, publiée le 22 mai, fixe ce plafond à 2,80 euros par paire et par mois pour la période juillet 2026 à juin 2027. C’est 9 centimes de moins que les 2,89 euros en vigueur depuis juillet 2025. Une baisse (la première depuis longtemps), après l’envolée de l’année précédente : le plafond était encore à 1,92 euro en juillet 2024, soit une hausse de 50 % en douze mois. Le montant moyen sur l’année 2026 est estimé à 2,85 euros par paire.
Cette accalmie ne durera pas. L’ARCEP le dit noir sur blanc dans sa décision : le plafond « est susceptible d’augmenter significativement au 1er juillet 2027 ». Le parc cuivre fond à mesure que la fibre le remplace, mais la base fiscale de l’IFER ne fond pas au même rythme. Chaque ligne active restante supporte donc une fraction croissante de la facture globale. C’est le principe du dernier client au restaurant (celui qui reste paie les cafés de ceux qui sont déjà partis).
Côté tarif d’accès, certains accès au dégroupage total restent plafonnés à 10,70 euros par paire et par mois jusqu’à fin 2028. C’est un engagement d’Orange rendu opposable par l’ARCEP en mai 2025. Mais ce chiffre ne couvre qu’une fraction du coût réel d’une ligne cuivre. L’IFER, les frais d’accès au nœud de raccordement, la maintenance d’un réseau vieillissant, l’obligation de maintenir le service jusqu’à l’arrivée de la fibre : tout cela s’empile. Et finit, naturellement, par se retrouver dans les factures des derniers abonnés ADSL.
Free, SFR et Bouygues Telecom sont les premiers à sentir passer l’addition. Ce sont eux qui versent l’IFER à Orange pour chaque paire de cuivre qu’ils exploitent en dégroupage. La baisse de 9 centimes représente un répit modeste après un an de hausse qui avait alourdi leurs coûts d’exploitation ADSL. Le problème, c’est que la trajectoire ne changera pas : moins il restera de lignes cuivre, plus chaque ligne coûtera cher à maintenir. Aucun des trois n’a intérêt à investir dans un réseau condamné (et aucun n’en a l’obligation non plus).
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Le calendrier officiel prévoit l’extinction complète du réseau cuivre à l’horizon 2030. Le dégroupage partiel ne concerne déjà plus que 80 000 accès environ. Pour les abonnés encore raccordés en cuivre (souvent en zone rurale, précisément là où la fibre prend le plus de retard), la transition n’est plus un choix.
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Source : Arcep

