Le Carrousel du Louvre, à Paris, accueille ce mercredi 28 mai l’« AI Now Summit » de Mistral AI, un événement organisé pile sur le troisième anniversaire de la startup fondée par Arthur Mensch, Timothée Lacroix et Guillaume Lample. L’occasion n’avait rien de commémoratif. Parmi les annonces de la journée, c’est le partenariat avec Airbus qui donne le ton : le géant européen de l’aéronautique a signé un accord de licence couvrant l’ensemble de la suite Mistral AI, avec des déploiements prévus en local, en cloud de confiance ou dans tout environnement jugé pertinent.
Airbus ouvre ses quatre divisions à Mistral
L’accord ne se limite pas à l’aviation commerciale. Mistral AI intervient désormais sur les quatre activités d’Airbus : avions commerciaux, hélicoptères, défense et spatial. La directrice exécutive du numérique chez Airbus, Catherine Jestin, parle de « cas d’usage à fort impact » dans une IA « de confiance et responsable ». Le cofondateur et directeur technique de Mistral, Timothée Lacroix, promet de contribuer à améliorer la sécurité des vols.
En pratique, l’IA de Mistral pourrait prendre en charge la rédaction automatique de documents techniques (des milliers de pages de manuels indispensables à la construction d’un avion ou d’un hélicoptère), et assister les ingénieurs sur l’ensemble du cycle de conception. Airbus bénéficiera aussi d’un accès direct aux chercheurs de Mistral et d’une influence sur la feuille de route produit, ce qui en fait un partenariat à double sens : Airbus achète de l’IA, mais il contribue aussi à la façonner.
Un détail qui situe le niveau d’ambition : Airbus travaillait jusqu’ici avec Palantir Technologies via sa plateforme Skywise, dédiée à la maintenance et à l’exploitation des données aéronautiques. Avec Mistral, le curseur remonte d’un cran dans la chaîne de valeur, de la maintenance vers la conception et la simulation. Mistral ne vient pas remplacer Palantir mais se positionne en amont.
BMW, EDF, et une suite dédiée à l’industrie
Le même jour, Mistral a annoncé des partenariats avec BMW et EDF. Chez BMW, la startup devient le partenaire central de l’initiative « Large Industry Model », un programme qui vise à entraîner des modèles capables de raisonner sur des données industrielles complexes (simulations de crashs automobiles, par exemple). Ces annonces s’ajoutent à une liste de clients industriels qui commence à peser : CMA CGM (100 millions d’euros sur cinq ans), TotalEnergies, Stellantis, SAP, Accenture.
Pour muscler cette offre, Mistral a lancé « Mistral for Industrial Engineering », une suite qui combine modèles de physique, expertise en ingénierie et robotique. La suite s’appuie sur le rachat, annoncé la semaine précédente, de la société autrichienne Emmi AI, spécialisée dans les jumeaux numériques fidèles aux lois de la physique : dynamique des fluides, mécanique du solide, systèmes multi-physiques. Côté infrastructure, Mistral a annoncé l’ouverture au troisième trimestre 2026 d’un centre de calcul de 10 mégawatts aux Ulis, dans l’Essonne, dédié à l’inférence.
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Source : AIrbus

