Il y a deux ans, Moustache, la marque française de vélos électriques, choquait toute l’industrie du vélo en dévoilant le J, un VAE tout suspendu fait d’un cadre unibody fabriqué en France. Deux ans plus tard, on ne teste pas la 2ème version du J, mais son héritier spirituel, le Xroad, dans sa version FS, c’est-à-dire entièrement suspendu.
Un héritier pas si anodin, puisqu’il s’agit d’un modèle majeur dans le catalogue de la marque qui propose qui plus est « l’expérience J » à un prix bien plus abordable.

Une gamme complète et bien articulée
Le Xroad, c’est l’un des vélos historiques de Moustache, appelé « Samedi » jusqu’à cette nouvelle version. C’est aussi, sur le papier, le plus polyvalent du catalogue et ça se voit même dans la gamme.

Le nouveau Xroad existe en deux déclinaisons :
- Semi-rigide : c’est le Xroad classique.
- Tout suspendu : on parle alors de Xroad FS.
Pour chaque type de cadre, il existe trois niveaux de finition, 2, 4 et 6 qui correspondent tout simplement à des niveaux d’équipement différents. Plus le chiffre est élevé, plus l’équipement est performant, et ça commence avec le moteur, du Bosch dans tous les cas, mais pas le même selon le segment.
- Pour les Xroad 2 et Xroad FS 2, c’est le Performance Line (75 Nm) qui a été privilégié.
- Pour les Xroad 4 et Xroad FS 4, on passe sur le Performance Line PX (90 Nm),
- Pour les Xroad 6 et Xroad FS 6 c’est le plus puissant de la gamme, le Performance Line CX (100 Nm), qui est à l’honneur.
Les deux versions embarquent un cadre ouvert, nous en reparlerons, ce qui marque une rupture avec la précédente génération.

Pour notre part, nous avons choisi de tester le Xroad FS 4. Pourquoi ? Parce que c’est celui qui ressemble le plus au Moustache J, mais aussi celui qui, à notre avis, embarque la motorisation la plus équilibrée pour un VAE polyvalent.
Design : il y a du J dans l’air
Le Moustache J a disparu du catalogue mais son héritage reste entier. Le fabricant a transformé son prototype en plate-forme pour ses VAE urbains. Résultat : on retrouve sur le Xroad FS un cadre monobloc assez semblable au Moustache J. Certes, le procédé de fabrication a légèrement évolué, tout comme celui de la coloration du cadre, mais le résultat est tout de même très réussi avec un vélo dépourvu de soudures, unibody en somme et qui, comme souvent chez Moustache, dénote avec un coloris très travaillé, bleu marine mat, du plus bel effet.

Rappelons au passage que ce qui faisait également la saveur du J, le label « 100 % fait en France » s’est perdu en route, Moustache revenant ici à un procédé de fabrication plus traditionnel qui inclut tout de même le montage des vélos dans ses propres usines vosgiennes. Pour autant, l’essentiel est préservé.
La prouesse du J, c’était de proposer un VAE tout suspendu à cadre ouvert qui tienne la route et qui soit plaisant et dynamique à la fois. Le Xroad FS reprend le même cahier des charges avec un objectif supplémentaire : ramener la facture à des hauteurs plus raisonnables.

Au niveau du design, la proximité est évidente, le cadre ouvert, en forme de J justement, est repris quasiment à l’identique, la position de conduite est aussi très similaire tout comme l’équipement.
Un équipement ultra-complet et adapté
Au croisement du vélo urbain et du VTT (c’est-à-dire à un carrefour que d’aucuns nomment VTC), le Xroad FS doit contenter les deux mondes à la fois. C’est tout sauf une mission facile, mais le nouveau vélo de Moustache y parvient avec une relative aisance.

D’abord grâce à son cadre bien sûr, qui impose une position de conduite plus proche du vélo urbain, mais qui n’exclut pas les postures plus sportives. La suspension joue aussi un rôle prédominant dans l’équipement. Ainsi, on se retrouve presque avec un équipement de VTTAE tout suspendu, fourche suspendue SR Suntour avec 120 mm de débattement à l’avant, et le Magic Grip Control, la suspension arrière maison qu’on a déjà pu apprécier lors de nos tests de VTT de la marque, que ce soit sur le Game ou le Trail.
La partie confort est complétée d’une tige de selle télescopique (là aussi c’est un héritage du monde du VTT), et de larges pneus Schwalbe qui confortent le contrôle du vélo tout en assurant le bon contrôle des trajectoires.

Côté VAE plus classique, l’équipement de base est évidement présent : larges garde-boue, carter de chaîne, béquille, feux avant et arrière puissants… et même un peu plus. En effet, Moustache propose, en option, un porte-bagages spécifique au Xroad à l’avant et deux modèles pour l’arrière. Donner le choix à l’utilisateur est une bonne chose à première vue, mais pas à n’importe quel prix.

Si le porte-bagage avant ne nous dérange pas outre mesure (il faudra tout de même avoir en tête qu’il alourdit quelque peu l’avant et modifie l’équilibre du vélo), c’est la politique de Moustache sur la partie arrière qui nous peine davantage. La marque propose deux versions pour le porte-bagage arrière. Une première seulement compatible avec des sacoches et une seconde spécifique au Xroad capable d’accueillir un siège enfant, par exemple. Distinguer les deux, pourquoi pas, mais les facturer respectivement 140€ et 200€ parait difficilement justifiable.

Le Moustache Xroad FS sur la route
Mais là où le J avait marqué les esprits, et là sans doute où ses héritiers, Xroad FS en tête, devront assurer, c’est sur les performances de conduite. Le fait de pouvoir passer d’un vélo ultra agréable et confortable à rouler à une monture joueuse et dynamique est une prouesse rare dont le vélo iconique de Moustache était justement capable. Bonne nouvelle : le Xroad FS se rapproche de ses sommets.

Son aisance et sa fluidité sur la route, le Xroad FS les doit essentiellement à son cadre, assez rigide pour intégrer une suspension arrière, mais aussi à son équipement. L’effet « tapis volant » que nous avions apprécié sur le J est bien là. Habitués que nous sommes à rouler en VTT, même en ville pour des raisons de confort notamment, nous retrouvons les mêmes sensations et la même aisance sur le petit nouveau de Moustache.
Que ce soit sur du goudron, des pavés ou des sentiers, le Xroad FS passe partout sans ciller. Sa fourche et son Magic Grip absorbent les aspérités de la route sans que rien ne bouge, renforçant ainsi le sentiment de confiance.

Mais ce n’est pas tout, pour aboutir à un tel résultat, un VAE a aussi besoin d’une assistance aux petits oignons. Le bon moteur pour le bon vélo, l’équation semble assez simple et pourtant…
Avec le Xroad, Moustache corrige le seul reproche qu’on pouvait faire au J, un moteur légèrement sous-dimensionné. D’une part, la marque française donne le choix avec les 3 niveaux de motorisation. Selon nous, c’est le milieu de gamme, le FS 4, le modèle de notre test, qui offre le meilleur rapport performance/prix.

Pourquoi ? Parce que le Bosch Performance Line PX, le dernier moteur de l’accessoiriste allemand, est aussi l’un de ses plus performants. La différence avec le CX est réelle mais elle reste tout à fait acceptable compte tenu du prix. Le PX colle parfaitement aux besoins d’un vélo polyvalent amené à passer d’une route bitumée à un sentier boueux, d’un itinéraire de vélotaf assez lisse à une balade sur un terrain vallonné.
Puissant, efficace, et doté d’un mode d’assistance « Auto » toujours aussi remarquable, ce moteur semble taillé pour ce VAE. Bien entendu, viser plus haut avec le Bosch Performance Line CX peut s’entendre, en revanche, à notre humble avis, même s’il offre des performances tout à fait respectables, les moteurs d’entrée de gamme de Bosch semblent quelque peu sous-dimensionnés pour un vélo du calibre du Xroad.
Autonomie : il paye son poids
Moustache intègre une batterie de 600 Wh sur ce Xroad FS 4, pas la plus grande des piles disponibles, mais un juste compromis pour rouler toute la semaine sans avoir à recharger ou à l’inverse pour une bonne balade le week-end.

Pour notre part, en utilisant essentiellement le mode d’assistance « Auto », nous avons dépassé les 75 km d’autonomie à deux reprises alors même que les températures étaient particulièrement fraîches et que ce début de saison de la raclette ne permet pas d’alléger le vélo.

Le poids justement, un peu moins de 30 kg sans les accessoires, c’est probablement ce qui coûte quelques kilomètres d’autonomie au VAE. Moustache a pourtant réussi à diminuer de 2 kg le poids de son vélo par rapport à la précédente version, mais il n’en demeure pas moins que le Xroad FS est tout sauf un poids plume, mais fort heureusement, cela n’a pas de conséquences sur la route… à moins bien sûr de jouer dangereusement avec le niveau de sa batterie.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.

