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Test Engwe Zip : un vélo électrique pliant et léger à moins de 1 000 euros, mais on vous le déconseille

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999.99 € *

* Prix public conseillé

Engwe, le constructeur chinois connu pour ses « fat bikes » électriques massifs, change radicalement de philosophie avec le Zip. Ce modèle pliant de 16,9 kg à moins de 1 000 euros regorge d’astuces, comme sa batterie faisant office de powerbank et son système de pliage semi-automatisé. Mais derrière ces promesses séduisantes, le constructeur a-t-il négligé l’essentiel : le plaisir de conduite et la fiabilité mécanique ?

L'avis de 01net.com

Engwe Zip

Les plus

  • + Légèreté, seulement 16,9 kg
  • + Système de pliage de la roue arrière pratique
  • + Batterie powerbank et chargeur 100 W
  • + Freinage puissant, disques hydrauliques de 160 mm
  • + Équipement complet, de la pompe au porte-bagages

Les moins

  • - Moteur anémique, très à la peine dès que la route s'élève
  • - Défaut de conception, ligne de chaîne pas adaptée au plus petit pignon
  • - Confort spartiate, les roues de 16 pouces filtrent mal les chocs.
  • - Instabilité pour les grands gabarits
  • - Autonomie optimiste

Confort & ergonomie

3 / 5

Qualité de fabrication

3.5 / 5

Autonomie

1 / 5

Qualité de l'équipement

4 / 5

Appréciation générale

3 / 5

Note de la rédaction

Voir le verdict

Fiche technique

Engwe Zip

Type(s) Ville
Vitesse max. annoncée 25 km/h
Application Mobile Oui
Compatibilité de l'Application Android, iOS
Puissance du moteur 250 W
Voir la fiche complète

Engwe change de braquet. Cette marque chinoise s’est taillé une réputation sur le marché du vélo électrique grâce à des engins souvent démesurés, aux pneus larges et aux moteurs puissants, parfois à la limite de la légalité pour nos pistes cyclables. Nous concernant, nous avions préféré le P275 SE et plus encore le Mapfour N1 Air.

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L’Engwe Zip. © JSZ/01net.com

Avec le Zip, le fabricant opère un virage à 180 degrés. On quitte l’univers du tout-terrain musclé pour celui de l’ultra-mobilité urbaine et du trajet multimodal. Positionné à 999,99 euros, l’Engwe Zip vient chasser sur les terres de Decathlon et son Btwin E Fold 900, tout en lorgnant du côté des références premium comme le Brompton Electric ou l’O2feel JIM. Mais ici, l’argument massue n’est pas seulement le prix, c’est aussi la légèreté et une dotation technologique assez inédite pour cette gamme de prix.

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L’Engwe Zip est un très petit vélo. © JSZ/01net.com

Design et finition : une cure de minceur réussie

Dès la sortie du carton, l’Engwe Zip surprend. Habituellement, les vélos pliants électriques de cette catégorie flirtent allègrement avec les 20 kg, à l’image du Btwin E Fold 900 de Decathlon. Ici, la balance affiche seulement 16,9 kg. C’est une performance remarquable qui rapproche ce modèle du très exclusif Brompton Electric T Line, facturé sept fois plus cher pour un poids de moins de 15 kg.

Le cadre, disponible en gris (notre modèle de test) ou vert olive, présente des lignes épurées et une construction qui semble sérieuse au premier regard. Les soudures sont visibles mais propres et le choix de roues de 16 pouces participe à cette impression de compacité extrême. Contrairement à l’O2feel JIM qui mise sur un look très travaillé, l’Engwe Zip affiche une allure plus utilitaire mais moderne.

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L’Engwe Zip affiche une finition très correcte. © JSZ/01net.com

Le système de pliage, baptisé « 3S Folding », est l’un des points forts du design. Le constructeur a déposé trois brevets pour ce mécanisme qui permet de compacter le vélo en quelques secondes. Une fois plié, l’encombrement est réduit au minimum : 62,5 x 37,5 x 67,3 cm, soit environ la taille d’une belle valise. Il se range ainsi facilement sous un bureau ou dans un coffre de voiture.

L’innovation la plus marquante réside dans le couplage du pliage avec la tige de selle : la roue arrière se replie automatiquement sous le vélo dès que l’on baisse la selle. C’est ingénieux et cela évite les manipulations fastidieuses que l’on peut rencontrer chez d’autres constructeurs. Cependant, cette légèreté et cette compacité se paient par une stabilité qui peut sembler précaire pour les plus grands gabarits. Du haut de notre 1,80 m, on ne se sent pas toujours très à l’aise sur cette petite structure qui manque de rigidité lors des phases de pédalage dynamique.

Équipement : la générosité au service du geek

Si Engwe a fait des économies sur certains aspects mécaniques, la marque a été particulièrement généreuse sur l’équipement de série. Le Zip est livré avec une panoplie complète d’accessoires : garde-boue, porte-bagages arrière, béquille, éclairages avant et arrière et même une pompe à vélo (certes très bon marché).

Mais le véritable avantage se trouve dans la batterie. Logée dans une sacoche détachable et sécurisée par clé devant le tube de direction (comme chez Brompton), elle n’est pas seulement là pour alimenter le moteur. Elle est munie de deux ports USB-C et supporte la norme PD 3.0 (Power Delivery), ce qui lui permet de servir de powerbank géante. Vous pouvez ainsi recharger votre smartphone et même votre ordinateur portable directement sur le vélo ou en emportant la batterie avec vous. Une possibilité qui rappelle celle de la batterie du Lemmo One.

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La batterie de Engwe Zip. © JSZ/01net.com

Pour accompagner cette batterie, Engwe livre un chargeur rapide de 100 W compatible USB-C et A. C’est un détail qui change la vie pour un usage urbain : un seul chargeur compact permet d’alimenter son vélo et ses appareils électroniques. On est loin des briques de charge massives et propriétaires que l’on trouve chez la plupart des concurrents.

Le poste de pilotage est doté d’un écran couleur LCD très lisible qui affiche la vitesse, le niveau de batterie et le mode d’assistance (sur trois niveaux seulement). La potence est réglable en hauteur, permettant d’ajuster la position de conduite, même si l’ergonomie reste limitée pour les pilotes de plus de 1,85 m. Enfin, Engwe a opté pour des pédales à dégagement rapide, une solution différente des pédales pliantes que l’on trouve souvent chez les concurrents.

Comportement routier : un moteur qui manque de souffle

Sur le papier, l’Engwe Zip dispose d’un moteur de 250 W intégré au moyeu arrière, délivrant un couple de 40 Nm. Le constructeur annonce même la présence d’un capteur de couple pour une assistance fluide et naturelle. Malheureusement, la réalité du terrain est tout autre. À l’usage, le moteur se montre particulièrement anémique.

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Le moteur de l’Engwe Zip. © JSZ/01net.com

Malgré les 40 Nm annoncés, on a beaucoup de mal à atteindre les 25 km/h sur le plat, plafonnant souvent autour de 20 km/h. Dès que la route s’élève, les performances chutent drastiquement : dans de belles côtes, le vélo peine à dépasser les 8 ou 9 km/h, obligeant le cycliste à fournir un effort conséquent. On est loin de la nervosité du moteur e-Motiq du Brompton T Line ou même de la souplesse de la transmission automatique de l’O2feel JIM.

Le confort n’est pas non plus le point fort du Zip. Les petites roues de 16 pouces, bien que chaussées de pneus larges de 1,95 pouce, filtrent très peu les irrégularités de la chaussée. Engwe a bien tenté de compenser cela en équipant le vélo d’une tige de selle suspendue, une attention rare sur ce segment, mais cela ne suffit pas à gommer la sécheresse des réactions du cadre sur les pavés ou les nids-de-poule. Le Brompton T Line, malgré ses roues fines, s’en sort mieux grâce aux propriétés naturelles de filtration du titane, un matériau ici absent.

Le freinage, en revanche, est une excellente surprise. Engwe a doté son vélo de freins à disque hydrauliques de 160 mm. Pour un vélo aussi léger, ils se révèlent ultra mordants et sécurisants, offrant un contrôle bien supérieur aux freins à patins du Brompton ou aux freins mécaniques que l’on trouve parfois à ce prix. C’est, avec la légèreté, l’un des rares points où le Zip procure un réel sentiment de sécurité.

Transmission : un défaut de conception rédhibitoire ?

C’est ici que le bât blesse sérieusement. L’Engwe Zip est équipé d’une transmission Shimano à 7 vitesses (dérailleur Tourney et manettes Rapidfire). Si le choix de composants Shimano est rassurant sur le papier, leur intégration sur ce cadre compact est problématique.

Lors de notre test, nous avons constaté un défaut de conception majeur au niveau de la ligne de chaîne. Lorsque l’on se trouve sur le petit pignon (la 7e vitesse), l’angle formé par la chaîne est tel que le déraillement du plateau avant est quasi inévitable. C’est un problème structurel qui empêche d’exploiter la totalité des rapports.

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Quand elle se trouve sur le plus petit pignon, la ligne de chaîne de l’Engwe Zip est tout bonnement impossible. © JSZ/01net.com

Pour pallier ce dysfonctionnement et éviter de dérailler à chaque accélération, nous avons été contraints de régler la butée basse du dérailleur pour empêcher physiquement la chaîne de descendre sur le plus petit pignon. En clair, vous achetez un vélo 7 vitesses, mais vous ne pouvez en utiliser que 6 de manière fiable.

Ce genre d’erreur est frustrant, d’autant que le reste de la transmission est plutôt agréable, avec des passages de rapports précis grâce aux manettes Rapidfire. On regrette que le constructeur n’ait pas opté pour un moyeu à vitesses intégrées ou une transmission plus simple, mieux adaptée à la géométrie particulière d’un vélo pliant de 16 pouces. 

Autonomie : entre promesses et réalité

La batterie de l’Engwe Zip affiche une capacité de 332 Wh (certains documents mentionnent 360 Wh, mais notre modèle de test indiquait 332 Wh). Le constructeur n’a pas peur des superlatifs en annonçant une autonomie pouvant atteindre 120 km en une seule charge. Soyons clairs : ce chiffre est totalement irréaliste dans des conditions de conduite normales, surtout avec un moteur qui peine et sollicite énormément l’assistance pour maintenir une vitesse décente.

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Le chargeur 100 W de lEngwe Zip. © JSZ/01net.com

Lors de nos tests en milieu urbain, avec quelques côtes et une assistance réglée sur le niveau maximal pour compenser la faiblesse du moteur, nous avons parcouru entre 40 et 45 km. C’est un score honnête pour une batterie de cette taille et pour un usage quotidien multimodal auquel ce destine ce vélo, mais on est très loin des promesses marketing. Cela reste toutefois conforme à ce que propose la concurrence dans les mêmes conditions d’utilisation.

Le point positif reste la rapidité de recharge grâce au chargeur 100 W fourni, qui permet de récupérer une batterie pleine en moins de quatre heures. De plus, la possibilité d’utiliser la batterie comme réserve d’énergie pour ses autres appareils compense sa capacité modeste par une polyvalence bienvenue.

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