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Prix de l’électricité négatif : allons-nous être payés pour consommer ?

Le prix de l’électricité a atteint des niveaux négatifs en Allemagne ce 1 mai 2026, jusqu’à attendre le plancher de -500 €/MWh, obligeant les producteurs à payer pour écouler leur surplus. En France, 513 heures de prix négatifs ont été enregistrées en 2025.

Comme vous avez sans doute pu le constater, il a fait particulièrement beau le vendredi 1ᵉʳ mai en France, mais aussi en Allemagne. Jour férié oblige, une partie des usines était à l’arrêt et nombreux sont ceux qui ont profité de cette journée pour se prélasser. Seulement voilà, les centrales électriques n’ont quant à elles pas été mises à l’arrêt et elles ont même fonctionné toute la journée à plein régime.

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Le prix de l’électricité sous zéro en Allemagne

Ce 1ᵉʳ mai 2026, jour férié baigné de soleil et accompagné d’un peu de vent, a un impact significatif sur le prix de gros de l’électricité en Allemagne. En effet, celui-ci a plongé sous zéro, jusqu’à atteindre le plancher de -500 €/MWh sur certaines plages horaires. Dans ce cas-ci, produire de l’électricité ne rapporte pas d’argent, mais en coûte. Les producteurs paient ainsi des industriels pour consommer leur surplus (ceux par exemple qui continuent à produire un jour férié), ou dans certains cas précis des particuliers afin de se débarrasser de leur surplus de production. Étant donné qu’il est compliqué d’arrêter une centrale électrique pour ensuite la rallumer quelque temps plus tard (cela leur coûterait beaucoup d’argent), ils n’ont pas d’autre choix. À noter qu’il existe aussi des primes fixes par MWh produit. Certains producteurs préfèrent ainsi vendre à perte plutôt que de perdre ces subventions.

On en arrive donc à une situation paradoxale : l’offre dépasse tellement la demande que les producteurs sont dans l’obligation de sortir leur portefeuille afin de se débarrasser du surplus de production. En Allemagne, il a été enregistré en 2025 pas moins de 573 heures de prix négatifs, soit près de 24 jours dans l’année. Il s‘agit tout simplement d’un record pour ce pays qui possède le plus grand parc éolien et solaire d’Europe.

Quelle est la situation en France ? 

En ce qui concerne la France, la situation est similaire, avec 513 heures de prix négatifs enregistrées en 2025, dont 130 concentrées entre mai et juin 2025. Il existe tout de même une différence notable : la France dispose d’un immense parc nucléaire. S’il est possible de faire varier la puissance d’un réacteur, il est difficile de l’arrêter et de le redémarrer instantanément. Le problème est au final similaire à celui de l’Allemagne : une production de base trop rigide face aux aléas de la météo.

Des conséquences quasiment inexistantes pour les consommateurs

Alors, allons-nous être payés pour consommer de l’électricité ? Malheureusement, la réponse est non. En France, les offres sont majoritairement basées sur des tarifications fixes. À ce titre, attention aux offres promettant des tarifs « dynamiques » :  Il ne s’agit bien souvent que d’une tarification à trois couleurs pilotée par le gestionnaire de réseau. Seuls quelques fournisseurs alternatifs proposent des tarifs réellement dynamiques, indexés heure par heure. En Allemagne, le prix de l’électricité a même augmenté en 2025. En effet, si le soleil et le vent font baisser les prix, les nuages et l’absence de vent font quant à eux augmenter les prix. Et autant dire que les nuages sont plus présents que le soleil dans nos contrées. Les heures négatives ont donc un impact quasiment inexistant sur les tarifs fixes. 

En fin de compte, le nombre conséquent d’heures négatives souligne surtout les limites de capacités de stockage des batteries et un manque de flexibilité du réseau face aux fluctuations de la météo, aussi bien en Allemagne qu’en France.

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Source : StromAuskunft


Jérémy Olcina