La flambée des prix de la mémoire et du stockage, vous la voyez passer depuis des mois sur toutes les étiquettes du rayon informatique. Les fabricants de mini PC, eux, la subissent de plein fouet, coincés entre des composants qui s’envolent et une clientèle biberonnée aux machines à 200 euros. Beelink vient d’apporter sa réponse avec l’EQi 304, premier mini PC animé par la nouvelle plateforme d’entrée de gamme d’Intel, et cette réponse ne plaira pas aux bidouilleurs.
Du stockage de smartphone dans un PC, sérieusement ?
Sur la fiche technique, là où l’on attend un SSD NVMe, Beelink inscrit 512 Go d’UFS 3.1. Cette mémoire flash soudée équipe d’ordinaire smartphones et tablettes : compacte, économe et pensée pour des appareils qu’on ne démonte jamais (ou seulement pour en changer la batterie). Côté débits, comptez un peu plus de 2 Go/s en pointe, quand un bon SSD NVMe en PCIe 4.0 dépasse allègrement les 7 Go/s (l’écart entre une départementale et une autoroute, pour situer).
L’acheteur n’est pas complètement enfermé pour autant, puisque deux emplacements M.2 acceptent jusqu’à 4 To de SSD chacun, à condition de composer avec des liaisons bridées en PCIe 4.0 x2 et x1. Le reste de la machine repose sur le Core 3 304, une puce gravée en Intel 18A mariant un cœur performant à quatre cœurs économes. La mémoire, en simple canal, s’échelonne de 16 à 32 Go selon la version (Beelink revendique au passage 24 TOPS de calcul IA en additionnant tout ce qui calcule dans le boîtier, un total insuffisant pour le label Copilot+ de Microsoft).
La connectique, elle, joue dans une autre cour : double Ethernet 10 et 2,5 Gb/s, deux ports Thunderbolt 4 et de quoi piloter trois écrans 4K, le tout dans 500 grammes avec alimentation intégrée. Les précommandes s’échelonnent de 509 à 739 dollars selon la mémoire, soit autour de 470 euros hors taxes pour le modèle de base, en attendant un tarif européen officiel.
Un sacrifice nécessaire, un précédent regrettable
Pour comprendre ce choix, il faut regarder du côté d’Intel, qui a cessé de livrer ses puces Twin Lake, ces fameux N150 qui animaient l’essentiel des mini PC abordables. Leur remplaçant coûte au catalogue plus du double (309 dollars contre 128), pendant que la mémoire vive et la NAND s’arrachent à prix d’or. Quelque chose devait céder, et Beelink a préféré rogner sur le stockage plutôt que sur la connectique.
Le procédé compte quelques précédents discrets, un stick PC de Minisforum embarquait déjà de l’UFS 2.1 et Dell en glisse dans ses clients légers, mais jamais sur une machine à plus de 500 dollars. À ce tarif, même Apple, champion toutes catégories du composant soudé avec son Mac mini, fournit au moins de la flash véloce. Le compromis se défend pourtant dans le contexte actuel, et l’acheteur pressé y trouvera une machine honnête pour la bureautique et le télétravail.
Reste ce précédent dont le mini PC se serait volontiers passé. Ce marché s’était justement construit sur la promesse inverse, celle d’un ordinateur minuscule mais ouvrable, où mémoire et stockage se remplacent avec un tournevis et dix minutes de patience. Voir la logique du smartphone et de l’ultraportable s’y installer (composants soudés, réparation dissuasive, obsolescence calée sur la puce) a de quoi laisser un goût amer, au moment même où l’Europe pousse ses fabricants vers la réparabilité.
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Source : Beelink

