Lors de la conférence Asie-Pacifique de la Commonwealth Bank (CBA), Sam Altman a admis que sa prédiction de l’apocalypse des cols blancs débutants n’a pas eu lieu. Le créateur de ChatGPT admet même qu’il subsiste une « part humaine » dans certaines activités, tout en dénonçant le « blanchiment d’IA » opéré par certaines entreprises.
Finalement, il n’y a pas d’apocalypse des cols blancs débutants
Après avoir professé une « apocalypse de l’emploi », Sam Altman, le dirigeant d’OpenAI, vient maintenant nuancer ses propos et va même jusqu’à confesser « s’être trompé » sur certains points. Ces dernières années, le créateur de ChatGPT a notamment annoncé la fin des compétences professionnelles traditionnelles et une apocalypse des cols blancs débutants. Concernant ce dernier point, Sam Altman se dit ravi de s’être trompé et précise : « Je pensais que l’on verrait déjà davantage de suppressions d’emplois parmi les cols blancs débutants que ce n’est réellement le cas ».
Sam Altman professait aussi la fin pure et simple des services à la clientèle avant de concéder maintenant qu’il subsiste une « part humaine » importante. Pour illustrer son propos, il explique avoir pendant un temps automatisé ses réponses à l’aide de l’IA sur la plateforme de messagerie instantanée Slack, avant de revenir en arrière et de rédiger à nouveau ses messages lui-même. Le créateur de ChatGPT parle maintenant d’une importante restructuration sectorielle, mais sans effondrement généralisé des effectifs. Pour rappel, en avril dernier, OpenAI préconisait un système de semaine de 32 heures de travail et la création d’un fonds national de richesse publique alimenté en partie par des entreprises spécialisées dans l’IA.
Ce changement de discours correspond en réalité à un constat partagé par plusieurs études. Selon les dernières données du Yale Budget Lab et de la Brookings Institution, l’intégration massive de l’IA n’a entraîné aucun bouleversement majeur sur le marché de l’emploi américain début 2026. Malgré une forte exposition technologique, aucun impact significatif n’a été enregistré sur la structure des professions ou la durée du chômage, écartant, du moins pour l’instant, le scénario d’une crise sociale totale. Dans tous les cas, les discours concernant l’IA dans le marché de l’emploi alternent entre annonce d’apocalypse et fausse alerte. De la même façon, l’automatisation des tâches par l’IA, annoncée comme dévastatrice pour le marché de l’emploi, ne se passe pas toujours sans accroc. À ce titre, Microsoft a annulé la plupart de ses licences Claude Code, quatre mois après avoir fortement incité ses développeurs à utiliser quotidiennement les outils d’IA agentique d’Anthropic.
Sam Altman dénonce le « blanchiment d’IA »
Sam Altman soulève un autre point : le « blanchiment d’IA » opéré par certaines entreprises. En d’autres termes : des sociétés ont massivement licencié au nom de l’IA, alors que les véritables raisons de ces licenciements se situaient ailleurs. Certaines entreprises auraient notamment cherché à masquer des erreurs de gestion post-Covid et une situation financière déficitaire en invoquant l’automatisation des tâches par l’intelligence artificielle. Des plans de licenciements qui se traduisent donc implicitement par : « Nous ne sommes pas responsables de ces licenciements, c’est la faute de l’IA ! ».
Par ailleurs, licencier au nom de l’IA peut permettre à une entreprise de se présenter comme visionnaire, à la pointe de la technologie. De plus, ce type d’annonce a tendance à faire grimper le cours de l’action en bourse et à enthousiasmer les investisseurs. Autrement dit : l’entreprise annonçant un plan de licenciement au nom de l’IA ne doit plus payer autant d’employés, ses bénéfices vont donc exploser. Du moins, il s’agit du discours qui est véhiculé implicitement. À titre d’exemple, l’action de l’entreprise Block a bondi de plus de 24 % en bourse, après l’annonce du licenciement de 4 000 de ses employés au nom de l’IA, soit 40 % de ses effectifs. À cela s’ajoute un buzz souvent conséquent, l’annonce d’un plan de licenciement au nom de l’IA étant souvent massivement relayée.
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Source : Reuters

