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Samsung prépare une 3e hausse de prix de la RAM, et la mémoire DDR4 trinque aussi

En six mois, le prix de la RAM a plus que doublé en France. Samsung réclame encore 20 % de hausse pour l’été. Et si vous comptiez sur la DDR4 pour vous en sortir, la réponse est non.

Il y a encore deux ans, la mémoire vive avait quelque chose d’un peu banal dans les configs PC : les prix suivaient une courbe tranquille à la baisse, et 32 Go ne représentaient pas une ligne de budget à peser dans une balance. Depuis fin 2025, cette tranquillité appartient au passé. Les kits DDR5 32 Go, que l’on trouvait autour de 119 euros à l’automne dernier, flirtent aujourd’hui avec les 350 à 400 euros chez les revendeurs français. Et Samsung, premier fabricant mondial de mémoire, vient d’informer ses clients qu’un nouveau round de négociation était ouvert pour le troisième trimestre.

Après +90 % et +50 %, Samsung revient à la table pour 20 % de plus

Ce qui coupe le souffle dans cette séquence, c’est son caractère cumulatif. Le premier trimestre 2026 s’est terminé avec une progression du prix de vente moyen de plus de 90 % par rapport à la fin 2025. Le deuxième a suivi avec une hausse estimée entre 50 et 60 %. Samsung négocie maintenant 20 % de plus pour juillet-septembre, et la LPDDR embarquée dans les smartphones (la mémoire qui pilote les performances de votre téléphone au quotidien) serait encore plus touchée, avec des hausses susceptibles de dépasser ce seuil. Ce qui tire les prix vers le haut ne change pas d’un trimestre sur l’autre : les data centers IA accaparent environ 70 % des livraisons mondiales de mémoire, et le marché grand public récupère ce qu’il reste.

On pouvait espérer qu’une technologie en fin de vie comme la DDR4 resterait une alternative économique pour ceux dont la plateforme n’est pas compatible DDR5. C’est précisément l’inverse qui se produit : sur le marché spot, la DDR4 a bondi de 172 %, contre 76 % pour la DDR5, censément plus récente et plus chère. La mécanique est simple mais sévère : Samsung a acté l’arrêt de sa production de DDR4 sans prolongation possible, et les serveurs qui n’ont pas encore migré pompent les stocks restants comme une paille dans un verre presque à sec. Un module DDR4 de 8 Go se négociait autour de 15 dollars en début d’année, soit environ huit fois son prix d’un an plus tôt.

SK Hynix joue un autre jeu, mais votre facture ne le verra pas avant 2028

Pour comprendre pourquoi SK Hynix s’en sort moins mal, il faut regarder les choix stratégiques des dernières années. Le numéro deux mondial a misé très tôt sur la HBM (High Bandwidth Memory), la mémoire ultra-premium que les accélérateurs IA de NVIDIA consomment en quantités industrielles. Ce pivot lui vaut des marges confortables sans avoir à multiplier les demandes de hausse sur la RAM grand public, dont il détient une part plus faible que Samsung dans la production mondiale. C’est à peu près comme si l’un vendait des places de loge et l’autre des places debout au même concert bondé : les deux affichent complet, mais avec des tensions tarifaires très différentes.

Les prévisions du marché modèrent les ambitions de Samsung pour ce troisième trimestre. La hausse réelle des contrats DRAM devrait se situer entre 13 et 18 %, en deçà des 20 % réclamés. Deux mécanismes freinent la progression : les accords long terme (LTA) signés entre fabricants et grands clients, qui verrouillent les prix sur plusieurs trimestres et laissent peu de latitude pour des révisions unilatérales, et un essoufflement de la demande côté consommateurs, qui repoussent leurs achats face à des tarifs devenus prohibitifs. Ces deux facteurs ne font pas baisser les prix. Ils ralentissent simplement leur montée.

Pour les acheteurs qui espèrent une détente, l’horizon annoncé reste 2028. Le troisième acteur mondial du secteur a confirmé que ses nouvelles lignes de production n’auront pas d’impact mesurable sur le marché avant cette date. Les nouvelles usines coréennes (un investissement colossal annoncé sur plusieurs années) suivent un calendrier comparable. Les producteurs chinois commencent à peser sur les segments bas de gamme, mais pas encore sur les contrats grand public. Pour un acheteur de PC, de smartphone ou de console en France, la seule stratégie réaliste à court terme reste de ne pas attendre une baisse qui n’arrivera pas en 2026.

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Source : ZDNET Korea


Naïm Bada