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Pubs frauduleuses et arnaques crypto : Meta est accusé de destruction de preuves

Un juge fédéral californien a estimé que Meta avait bien détruit des preuves essentielles dans le cadre d’une affaire de publicités frauduleuses utilisant l’image d’un milliardaire australien pour promouvoir de faux investissements en cryptomonnaies. Le plaignant accuse Meta d’avoir permis la prolifération de ces annonces frauduleuses et d’avoir facilité leur création grâce à des outils d’IA fournis par l’entreprise.

Un juge fédéral californien a estimé que Meta avait bien détruit des preuves essentielles dans le cadre d’une affaire l’opposant à Andrew Forrest, un magnat australien de l’industrie minière. Ce dernier accuse l’entreprise de Mark Zuckerberg d’avoir laissé proliférer durant des années sur Facebook des publicités frauduleuses utilisant son image.

Des preuves essentielles détruites

Andrew Forrest, un milliardaire australien, accuse Meta d’avoir laissé prospérer sur Facebook des publicités frauduleuses utilisant son image pour promouvoir de faux investissements en cryptomonnaies. Selon son équipe juridique, plusieurs milliers de ces annonces auraient circulé sur le réseau social et l’auraient « hanté ». Par ailleurs, toujours selon son équipe juridique, certaines de ces publicités frauduleuses auraient été réalisées à l’aide d’outils d’intelligence artificielle fournis par Meta.  

Andrew Forrest accuse ainsi Meta d’avoir permis la prolifération de ces publicités frauduleuses, tout en jouant un rôle actif en fournissant des outils IA capables de les mettre en forme. Mais cela n’est pas tout puisque le milliardaire australien accuse l’entreprise de Mark Zuckerberg d’avoir détruit des preuves essentielles dans le cadre de ce dossier, causant un préjudice au plaignant. Justement, un juge fédéral californien a estimé que Meta avait bien détruit ou laissé s’effacer des données essentielles dans cette affaire. 

Meta assure avoir mis deux ans à découvrir ces preuves

De son côté, l’entreprise de Mark Zuckerberg affirme qu’il lui avait fallu deux ans pour découvrir l’existence de ces données dans ses propres systèmes qu’elle qualifie de complexes. Le magistrat estime que cette défense n’est « tout simplement pas crédible ». En revanche, le juge n’a pas retenu une intention de nuire, qualifiant plutôt le comportement de Meta de « négligence grave ». Il a considéré que Meta « aurait pu conserver ces données mais a choisi de ne pas le faire ».

Par ailleurs, Meta tente de sauver sa peau en invoquant la Section 230 d’une loi américaine baptisée Communications Decency Act, datant de 1996. Celle-ci protège, sous certaines conditions, les plateformes en ligne contre une partie des responsabilités liées aux contenus publiés par leurs utilisateurs. Mais c’est précisément tout le cœur de cette affaire : Andrew Forrest n’attaque pas directement les contenus utilisant son image à des fins frauduleuses, mais la façon dont Meta a permis leur prolifération sur ses plateformes, et même leur conception à l’aide d’outils IA. Le tribunal a donc sanctionné Meta pour avoir détruit des preuves essentielles dans le cadre de ce dossier, mais l’examen visant à déterminer le rôle de l’entreprise dans la diffusion de ces publicités frauduleuses doit encore avoir lieu.

L’air de rien, si Meta est finalement condamnée, cette affaire pourrait marquer un tournant. Cela fait maintenant des années que des publicités frauduleuses utilisant l’image de personnalités connues prolifèrent sur les plateformes de l’entreprise, sans que celle-ci ne prenne de véritables mesures pour endiguer le problème. Il faut dire que ces publicités frauduleuses rapportent de l’argent à Meta.

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Source : ABC


Jérémy Olcina