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Pourquoi il n’y a pas de ministère dédié au Numérique dans le gouvernement de Jean Castex ? 

Au lendemain du remaniement, un nouveau ministère de la Mer a été créé… mais rien concernant les nouvelles technologies. Un secteur qui a pourtant fait tourner le pays confiné.

Le remaniement ministériel orchestré par Jean Castex, nouvellement nommé Premier ministre, a conforté la place de Bruno Le Maire en tant que ministre de l’Économie et des Finances. Seule nouveauté : l’agrégation plutôt à propos de « et de la Relance » à son titre. En revanche, pour l’instant, un seul secrétariat d’État a été nommé, Gabriel Attal, qui est délégué à Matignon. Aucun autre nom de secrétaire d’État, dont celui du Numérique n’a encore été communiqué. Il devrait être nommé d’ici « quelques jours ». 

Cédric O « n’est pas hors jeu »

L’ex-secrétaire d’État au Numérique dans le gouvernement d’Edouard Philippe, Cédric O reste cependant « optimiste » et « disposé ». « Il n’est pas hors jeu », nous glisse-t-on dans son entourage. « Après reste à savoir quel sera le périmètre d’un éventuel nouveau secrétariat d’État au Numérique avant de savoir qui le sera. » Depuis le 31 mars 2019 jusqu’au 3 juillet 2020, Cédric O était sous la double tutelle de Bruno Le Maire et de Gerald Darmanin, alors ministre de l’Action et des Comptes publics. Le rebattage des cartes gouvernementales pourraient ainsi affecter les périmètres, les moyens et les leviers d’action. Côté protocolaire, Cédric O et son entourage déclarent ne pas y être attaché.

« Un signal inquiétant »

Néanmoins, pour l’heure, ce qui est sûr c’est que dans le  gouvernement Castex, contrairement à ce que pouvaient affirmer certains, il n’y a pas de ministère spécifiquement dédié au Numérique. France Digitale, une association qui regroupe plus de 1 200 start-up françaises y a tout de suite vu « un signal inquiétant ». Dans un communiqué intitulé « Numérique cherche ministère », le directeur général Nicolas Brien insiste : « Le numérique aurait dû avoir un ministère dédié, pour piloter la transformation numérique du secteur de la santé, de la justice, de l’éducation, du travail, des entreprises. » D’autant plus, en période de pandémie liée à la propagation du Covid-19.

« La France vient de vivre le plus grand moment de transformation numérique de son histoire [et] les usages numériques développés pendant la période de confinement ont conforté la supériorité des solutions extra-européennes »… Tout cela est pourtant resté sans effet sur la politique intérieure, déplore l’association créée en 2012. Selon son directeur, le numérique aurait mérité un ministère dédié ou « à défaut de ministère dédié, un secrétariat d’État à la transformation digitale devrait être nommé dans chaque ministère régalien ». 

Le numérique, « cheville ouvrière de la relance »

Les chiffres avancés par l’association sont en effet révélateurs : le secteur du numérique a permis pendant les derniers mois à 2,2 millions d’élèves de continuer de s’éduquer, à 7,4 millions de Français de télé-travailler et à 1,41 millions de patients d’avoir recours à la télé-consultation

Même son de cloche chez Syntec Numérique, le syndicat des entreprises de services du numérique qui regroupe plus de 2 000 entreprises : « cheville ouvrière de la relance, le numérique doit irriguer l’ensemble des ministères et des industries », souligne le communiqué. Bien que le syndicat révèle tout de même un ralentissement de la croissance du secteur de 6,7 % sur l’ensemble de l’année 2020 (contre +4,2 % l’année passée). Malgré cette baisse tendancielle et une absence (remarquée) pour l’instant, le sujet du numérique devrait encore être dans les petits papiers gouvernementaux.

Sources : France Digitale et Syntec Numérique

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La rédaction