Le média Blast révèle que le gouvernement aurait préparé la coupure des réseaux sociaux les plus populaires pour les manifestations du samedi 24 octobre, l’« Acte II » de la contestation sociale contre la vie chère. Un mouvement social entaché par les casses et les pillages dans de nombreuses villes en France. Et c’est justement pour cette raison que le Premier ministre Sébastien Lecornu voulait être prêt à pouvoir couper les réseaux sociaux dans le pays.
Les opérateurs sommés de préparer le blocage de certains réseaux sociaux
Blast révèle tout d’abord une lettre du Premier ministre adressée aux dirigeants des quatre opérateurs français ce 22 octobre : SFR, Bouygues Telecom, Free et Orange. Sébastien Lecornu explique que « plusieurs réseaux sociaux ont joué un rôle décisif » dans la circulation d’appels à commettre des délits, mais aussi à les coordonner.
Face au risque que ces pillages se reproduisent, le Premier ministre l’assume : « je souhaite pouvoir disposer de la faculté de suspendre temporairement l’accès à ces services ». Il demande donc à ces quatre opérateurs de pouvoir bloquer l’accès à Snapchat, TikTok et Instagram grâce à un filtre de leurs noms de domaine via les DNS. Une mesure qui impacterait les connexions fixes et mobiles à la fois, et qui est déjà utilisée pour lutter contre le piratage de diffusions sportives. Après l’envoi de la lettre, X a été ajouté à cette liste, précise Blast.

Le lendemain, une réunion se serait tenue en visioconférence avec le Gouvernement et les directions des quatre opérateurs. Une réunion dont les échanges étaient « loin d’être consensuels » selon le journaliste de Blast Yanis Mhamdi. En effet, SFR, Bouygues Telecom, Free et Orange seraient loin d’être convaincus de l’efficacité de la mesure face aux VPN ou encore aux messageries alternatives.
Même chose sur le plan juridique : ce serait très délicat selon les directions juridique de ces entreprises. Pour se protéger, ils veulent un arrêté gouvernemental, ce que réfute le principal intéressé, estimant « qu’une instruction individuelle à chaque opérateur suffirait », écrit le journaliste.
Le gouvernement voulait déclencher ce dispositif ce samedi 24 octobre vers 14 heures et ce pour une durée de douze heures maximum. Le Premier ministre aurait publié un communiqué une trentaine de minutes avant de bloquer ces réseaux sociaux. Finalement, la mesure n’a pas été activée.
Le blocage des réseaux sociaux est-il légal ?
Retour en mai 2024, lors d’émeutes en Nouvelle-Calédonie suite à un projet de révision constitutionnelle à propos des élections provinciales. Le Gouvernement avait alors bloqué l’accès à TikTok dans tout l’archipel. Objectif officiel : empêcher la diffusion d’appels à la violence et la coordination des émeutiers, dans un contexte d’état d’urgence. Mais en avril 2025, le Conseil d’État avait jugé que ce blocage était illégal, car l’interruption totale et prolongée de TikTok portait une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et d’accès à l’information. Et ce sont justement ces questions de nécessité et de proportionnalité qui mettent en doute les opérateurs. D’autres mesures alternatives n’ont d’ailleurs pas encore été épuisées, comme l’auraient précisé les opérateurs.
Reste que la mobilisation est toujours là, les pillages aussi. Un « Acte III » est prévu pour ce samedi 31 octobre par la coordination des Gilets jaunes ainsi que par plusieurs collectifs. On peut supposer que le week-end prochain encore, le gouvernement pourrait décider de bloquer certains réseaux sociaux pour prévenir des pillages. Face aux révélations de Blast, le cabinet du Premier ministre n’a pas réagi.
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Source : Blast

