Maintenant que OnePlus s’est retiré du marché européen, Oppo doit mettre les bouchées doubles sur le Vieux Continent pour compenser cette absence, tout en devant s’adapter avec la crise des composants. Du côté du haut de gamme, le constructeur a décidé de changer de stratégie pour l’occasion en renouvelant ses Oppo Find X9 et Oppo Find X9 Pro (l’un de nos chouchous de 2025). Le modèle du bas de l’échelle demeure le Oppo Find X10, ici en test, tandis qu’au-dessus se trouve désormais le Oppo Find X10 Pro Max. Quand l’on consulte sa fiche technique et surtout son prix, le Oppo Find X10 semble s’inspirer à la fois du Find X9 et du Find X9 Pro, pour ainsi faire office de X10 Pro-ish, puisqu’il n’y a pas de véritable Find X10 Pro.
Les amateurs de photo sont spécialement ciblés par ce positionnement bâtard, puisque le Find X10 intègre notamment un capteur téléobjectif de 200 Mpx. Voyons dans le détail ce que propose ce terminal, qui va devoir être solide sur ses appuis pour briller autant que les solutions d’Oppo de l’an dernier, tout en justifiant la hausse tarifaire imposée pour l’occasion.

Prix et disponibilité du Oppo Find X10
Le Oppo Find X10 est lancé dans une unique configuration, à savoir 12 Go de RAM avec 256 Go de stockage. Son prix ? Bien supérieur à celui de 1000 € du Oppo Find X9 (déjà en hausse de 100 € alors), et identique à celui du Oppo Find X9 Pro qui proposait lui 16 Go de RAM et 512 Go de stockage en 2025. Il faudra donc accepter de lâcher 1300 €.
Une seconde version montant à 1499 euros est également commercialisée avec 512 Go de stockage.
Pour les coloris, Oppo propose des choses un peu plus colorées que l’an dernier avec le Oppo Find X9, à savoir bleu acier, gris brume et corail éclatant.
Design : same, but different
Par rapport à l’an dernier, Oppo n’a pas bousculé sa formule, mais a malgré tout opéré quelques changements. Disons-le d’entrée : avec ses finitions mêlant bordures droites en aluminium et un dos en verre doux et mat qui évite les traces de doigts, le rendu premium et le sentiment de solidité sont au rendez-vous. La certification est d’ailleurs triple pour protéger de l’eau et de la poussière : IP66, IP68 et IP69.

Cela se paye très légèrement au niveau des dimensions du smartphone, qui fait notamment 8,35 mm d’épaisseur pour 216 g. C’est certes tout à fait confortable en main, mais quelques concurrents peuvent se montrer plus raisonnables. À titre de comparaison, le Find X9 pesait 203 g pour 7,99 mm d’épaisseur. Le Find X10 se rapproche ainsi un peu de l’embonpoint léger du Find X9 Pro.

Passons rapidement sur les boutons : alimentation et volume sont à droite, tandis que le bouton Snap Key est à gauche et difficile à activer par mégarde. Le slot double SIM est en bas avec la prise USB-C et l’unique grille de haut-parleur. Le principal changement se trouve au dos au niveau du bloc photo. Si Oppo conserve son organisation générale inspirée de l’iPhone, avec un bloc principal cerclé d’aluminium où sont séparés les différents capteurs en ronds ou en cartouche, l’ensemble est légèrement surélevé sur un rectangle transparent plutôt joli. Le flash circulaire est lui déporté sur ce dernier, tandis que la griffe Hasselblad est encore plus discrète qu’auparavant. En résulte cependant un appareil en déséquilibre lorsqu’il est posé à plat sur le dos.

Écran : l’excellence du bout du doigt
Pour la dalle LTPO de son terminal de 6,59 pouces, Oppo est sans surprise parti sur de l’Amoled, protégé par du verre Corning Gorilla Glass Victus 2. Compatible Dolby Vision côté HDR et capable de monter jusqu’à 144 Hz quand bien des concurrents se contentent d’un (largement suffisant) 120 Hz, le Oppo Find X10 est aussi un excellent élève du côté du ratio affichage/taille, avec un écran qui couvre 91,3 % de l’espace, laissant des bordures noires très fines. Les amateurs de contenus multimédias, et notamment de jeux vidéo, apprécieront.

Côté luminosité, si le terminal est loin d’être un cancre, les chiffres relevés par nos mesures avec le logiciel de calibration Calman Ultimate de Portrait Displays auraient mérité d’être un peu plus élevés en cette année 2026 de tous les records. Les smartphones dans cette gamme proposent souvent des pics lumineux supérieurs, mais rien qui n’empêche de correctement voir son écran même quand le soleil tape dessus. On relève ainsi un pic lumineux en boost à 1980 cd/m² (un peu moins bon que celui du Find X9 Pro à 2190 cd/m²), tandis que le pic HDR, lui, est meilleur que l’an dernier, à 1252 cd/m².
Difficile enfin de critiquer la calibration de cet écran. Par défaut, le profil Standard propose des Delta E 2000 de 3,1 en P3 et 1,3 en sRGB. Mais il est possible de profiter d’un rendu encore plus réaliste en basculant sur le profil Naturel avec une balance des blancs réglée en Chaud, pour atteindre 3,2 en P3 et 0,8 en sRGB (plus le chiffre est bas, mieux c’est).
Pour le reste, on relèvera un classique poinçon pour le capteur photo frontal, tandis qu’un capteur d’empreintes digitales dopé à l’ultrason est une nouvelle fois présent sous la dalle pour débloquer rapidement le terminal. De plus, la technologie Splash Touch du constructeur est de retour pour l’utilisation sous la pluie. Bref, vous l’aurez compris, ce n’est pas du côté de l’écran que ce smartphone pèche, bien qu’il reste de la place pour de micro améliorations.
Performances : la stratégie des petits pas
Quand beaucoup de constructeurs choisissent Qualcomm et ses Snapdragon, Oppo poursuit dans sa voie avec le SoC MediaTek Dimensity 9600M. Cependant, à en croire nos benchmarks, la différence avec le Dimensity 9500 de l’an dernier n’est pas flagrante. Heureusement, avec son bond de l’an dernier, Oppo faisait alors jeu égal ou presque avec la plupart de ses adversaires, ce qui permet au terminal de cette année, toujours équipé de 12 Go de RAM, d’en faire de même.

Qu’il s’agisse des tests AnTuTu 11 ou Geekbench 6, les résultats sont peu ou prou identiques entre les deux générations de SoC, et, sur le papier, le Oppo Find X10 est ainsi derrière des appareils comme l’iPhone 18 Pro et le Samsung Galaxy S26 Ultra. Cependant, dans la pratique, difficile de réellement trouver des lenteurs ou des ralentissements. Il est possible d’avoir de nombreuses applications ouvertes en même temps tout en jonglant confortablement dans l’interface, tandis que même les jeux vidéo 3D les plus gourmands peuvent tourner dans les meilleures conditions. On relèvera en revanche une température maximum assez élevée de 46.7 °C lors de nos tests, bien que cela ne gêne pas dans la pratique.
Côté puces enfin, Oppo demeure généreux avec du Wifi 7 et du Bluetooth 6.2, tandis qu’on appréciera le Bluetooth 3.2 Gen 1 ou encore la compatibilité Dual SIM (mais pas microSD). De quoi voir venir l’avenir sereinement.
Son : ok sans plus
Pour le prix demandé, on aurait pu être en droit de s’attendre à ce qu’Oppo fasse un réel effort pour son système son. Stéréo malgré l’unique grille de haut-parleur, le rendu est certes correct et relativement équilibré, mais on aurait pourtant apprécié des basses un peu moins saturées, un volume maximum plus élevé ou encore le support du Dolby Atmos.

Autonomie : de l’efficacité du silicium-carbone
En introduction, nous disions que le Find X10 se situe souvent entre le Find X9 et le Find X9 Pro. La question de l’autonomie en est le parfait exemple. Légèrement supérieure à celle du Find X9, mais inférieure à celle du Find X9 Pro, la capacité de la batterie du Find X10 se montre très généreuse grâce à la présence partielle de la technologie silicium-carbone : 7150 mAh.

Grâce à elle, le smartphone a rendu l’âme après un confortable 25 h 38 d’utilisation avec notre test maison. Peu de terminaux font mieux, et cela permet de tenir tranquillement deux jours d’utilisation classique sans avoir à passer par la case recharge, voire plus en étant raisonnable. Concernant la recharge d’ailleurs, elle se situe dans la moyenne basse. Grâce à une puissance maximale filaire de 80 W (et 50 W en sans-fil), il faut 1 h 28 pour une charge complète, tandis que 10 minutes permettent de récupérer 15 %. C’est l’un des rares points faibles du smartphone, en tout cas pour les personnes les plus pressées.
Photo : du mégapixel en veux-tu en voilà
Si depuis le début de ce test nous comparons régulièrement le Oppo Find X10 au Oppo Find X9 Pro et non au Find X9 tout court, c’est surtout pour la partie photo. Exit le trio de capteurs de 50 Mpx, remplacé par un trio venu de chez Samsung autrement plus ambitieux, qui s’inspire notamment du X9 Pro. Toujours en partenariat avec Hasselblad, le Oppo Find X10 propose donc :
- un capteur grand-angle de 200 Mpx (1.6 f/, avec OIS)
- un capteur ultra grand-angle de 50 Mpx (2 f/)
- un capteur téléobjectif 200 Mpx (2.6 f/, OIS)
- un capteur frontal de 50 Mpx (2 f/)
Le terminal a donc vocation à être un véritable photophone, tandis qu’il introduit un nouveau moteur baptisé Lumo True Image Engine. Ce dernier promet de délivrer des images le plus fidèles possible à la réalité. Dans les faits, le résultat est assez épatant.
De jour, quand le soleil est là, difficile de véritablement prendre à défaut les capteurs du Oppo Find X10. Sans surprise, le capteur grand-angle est celui qui s’en sort le mieux, avec des clichés détaillés et justes, avec notamment une bonne gestion des contrastes quand les conditions sont idéales.
Même l’ultra grand-angle n’est pas en reste, survolant ce que peuvent proposer des concurrents certes souvent moins bien équipés. Si la colorimétrie a un peu plus de peps qu’avec les autres capteurs, le rendu reste tout à fait satisfaisant, bien que logiquement moins détaillé que le grand-angle, tout en limitant la distorsion et la perte de détails habituelles sur les bords.
Vient ensuite la question cruciale du téléobjectif. Capable de monter jusqu’à x120 (zoom optique x11), le capteur brille surtout sous les x30. Au-delà, du lissage souvent excessif peut s’inviter à la fête pour dénaturer le sujet (mais pas toujours, cf la photo de la cathédrale de Fourvière ci-dessus). Mais en dessous, le résultat est souvent bluffant et cohérent avec les résultats du grand-angle.
De nuit ou quand les conditions lumineuses ne sont plus naturelles ou idéales, malgré un mode nuit assez véloce, le Oppo Find X10 est un brin moins convaincant que de jour tout en restant dans le haut du panier.
Si le capteur grand-angle sort une nouvelle fois gagnant, en limitant au maximum le bruit et la perte de qualité, l’ultra grand-angle perd lui rapidement en piqué et en rendu des textures, tout en arborant cette fois une colorimétrie un peu plus terne que ses comparses. On relèvera également que, dans des conditions difficiles, des lens flares et des effets de moiré peuvent s’inviter à la fête (cf le carrousel ci-dessus).
Concernant le téléobjectif de nuit, enfin, malheureusement, il faudra se montrer raisonnable dans les niveaux de zoom pour obtenir autre chose qu’une bouillie de pixels ou une œuvre d’art abstraite involontaire. Ce capteur semble en revanche un peu plus juste avec la colorimétrie réelle, quand les autres ont tendance à blanchir les lumières jaunes.
Pour les selfies, rien à redire. L’image est nette, les couleurs et textures respectées et l’effet de flou est maitrisé (même chose pour le mode portrait avec le grand-angle).
Pour la vidéo enfin, partie que le constructeur promet également d’avoir sérieusement travaillé côté traitement logiciel pour un rendu “next level”, il est possible de monter jusqu’en 4K à 120 FPS ou 8K à 30 FPS. C’est beaucoup, rarement égalé chez la concurrence, et devrait être apprécié par les personnes réalisant souvent des vidéos.
Logiciel : ColorOS se met à la transparence
Si vous aimez la transparence et le flou (coucou Liquid Glass d’iOS), vous êtes au bon endroit ! ColorOS 17, la surcouche d’Oppo basée sur Android 17, en met partout dans la dernière version de son interface, également vendue comme étant plus fluide et plus souple qu’auparavant. Colorée et chaleureuse, la solution est très complète côté personnalisation et outils, tout en étant simple à utiliser. On lui reprochera surtout, comme toujours avec les constructeurs chinois, d’abuser sur les bloatwares en sortie de boîte (sans être le pire élève).
La personnalisation de l’action liée à Snap Key est aisée (par défaut cela ouvre Mind Space, un endroit qui regroupe les “souvenirs” de l’utilisateur). Pour le prix demandé, l’appareil est sans surprise blindé de fonctionnalités IA (dont les nouvelles AI Photo Agent pour la retouche ou AI Mind Suggest pour des suggestions personnalisées), y compris via des modèles locaux qui peuvent interagir avec les fichiers de l’appareil. Sans être aussi généreuse que One UI chez Samsung, ColorOS est aujourd’hui une excellente surcouche une fois les applications indésirables désinstallées.
Pour finir, parlons du suivi logiciel. Oppo, inspiré comme ses petits camarades à être plus généreux que par le passé, promet jusqu’à 6 années de mises à jour. Si cela reste un peu moins que les 7 ans proposés par une poignée de concurrents, cela reste assurément une bonne chose pour épauler un bon hardware sur le long terme.
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