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Le géant chinois Alibaba dévoile des IA conçues pour animer des robots intelligents

Alibaba a présenté sa première suite de modèles d’IA pour robots et annoncé Qwen3.7-Max, pensé pour les agents autonomes. La Chine accélère, et elle le fait en open source. Pas par altruisme, simplement car c’est la meilleure stratégie sur le long terme.

Pendant une bonne décennie, la grande compétition en intelligence artificielle a porté sur les chatbots : quel modèle répond le mieux, le plus vite, dans le plus de langues ? Cette course commence à passer de mode. L’industrie, côté américain comme côté chinois, a identifié le prochain terrain de jeu : les agents, ces systèmes qui ne se contentent pas de répondre mais qui agissent, qui réservent, achètent, orchestrent et opèrent sans qu’on leur tienne la main à chaque étape. La robotique est l’expression la plus concrète de cette ambition : un agent qui sort de l’écran pour agir dans le monde physique.

Alibaba a formalisé sa vision sur ce terrain en juin 2026, en dévoilant une suite de modèles dédiés à la robotique centrée sur RynnBrain, et en annonçant Qwen3.7-Max, son dernier modèle de langage propriétaire, présenté comme fondation pour agents IA autonomes. Le modèle fonctionnerait jusqu’à 35 heures en autonomie sans dégradation des performances (un chiffre que le groupe n’a pas encore soumis à validation indépendante). Dans une démonstration publiée par son laboratoire de recherche DAMO Academy, un robot identifie un fruit et le pose dans un panier. Ce n’est pas spectaculaire à l’image, et c’est pourtant représentatif d’un défi technique massif : faire en sorte qu’une machine perçoive l’espace, localise un objet dans un environnement non contrôlé, planifie ses gestes et les exécute.

Pourquoi l’open source change la donne ?

Pour situer ce que représente vraiment la suite du 16 juin, il faut revenir à février 2026 : c’est alors que RynnBrain avait été dévoilé par DAMO Academy, disponible en open source sur GitHub et Hugging Face. Le modèle repose sur Qwen3-VL, une architecture mixture-of-experts de 30 milliards de paramètres dont seulement 3 milliards sont activés à l’inférence (ce qui réduit les ressources nécessaires en déploiement). Alibaba revendique des records sur seize benchmarks de robotique, avec des performances supérieures à celles de Google et Nvidia sur ces tests. Comme toujours avec ce type de classements, les conditions d’évaluation comptent autant que les chiffres eux-mêmes.

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En rendant RynnBrain disponible gratuitement, Alibaba ne fait pas de la philanthropie, ou en tout cas pas uniquement. Le groupe a appliqué la même logique avec sa famille de modèles Qwen, distribuée en open source depuis plusieurs années et largement adoptée par les développeurs du monde entier précisément parce qu’elle est libre et modifiable. Dans un secteur où l’adoption crée l’écosystème, et où l’écosystème crée le verrouillage (on le voit avec Nvidia qui tient bon nombre de laboratoires, diffuser est une stratégie aussi agressive que breveter.

Côté américain, la direction prise est exactement inverse. Le gouvernement américain a multiplié les contrôles à l’export sur ses matériels et modèles d’IA les plus avancés, au motif qu’ils pourraient donner un avantage stratégique à des adversaires étrangers. Pour les équipes de recherche en robotique européennes ou asiatiques qui choisissent une base de développement en ce moment, la disponibilité immédiate d’un modèle open source pèse beaucoup face à un modèle dont l’accès peut être suspendu à tout moment.

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Source : Reuters


Naïm Bada