Les conférences de résultats d’Apple obéissent à un protocole immuable : des records, des superlatifs, quelques piques élégamment esquivées. Celle du 30 juillet a bien affiché ses 109,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires trimestriel. Tim Cook y a pourtant passé l’essentiel de son temps à expliquer aux analystes que la marque allait manquer de produits à vendre. Le titre a perdu plus de 6 % dans la foulée.
Le problème n’est pas la production, c’est la prévision
Un industriel qui annonce des ruptures accuse d’ordinaire son sous-traitant, une usine à l’arrêt ou un port bloqué. Tim Cook a pris le soin d’écarter cette lecture avant même qu’on la lui suggère. Ni le partenaire ni le fournisseur ne sont en cause, mais un cycle produit dont la demande a dépassé les prévisions maison. Les contraintes du trimestre écoulé ont surtout touché le Mac, l’iPhone et l’iPad dans une moindre mesure.
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Le goulot d’étranglement se situe très en amont de l’assemblage, au niveau des nœuds de gravure les plus avancés sur lesquels sont produits les processeurs maison. Ces lignes de fabrication se réservent des trimestres à l’avance, et les capacités mondiales se comptent sur les doigts d’une main. Commander davantage de puces en cours de route n’est pas chose facile lorsqu’on parle des technologies les plus pointues du mon : la réponse est non, quel que soit le client.
À ce premier étau s’en ajoute un second, celui de la mémoire, dont les prix atteignent des sommets que Tim Cook a qualifiés de « crue centennale ». La marge brute attendue pour le trimestre en cours, entre 47 et 48 %, encaisse déjà le choc. Les hausses de tarifs consenties à contrecœur sur l’iPad et le Mac ne suffiront pas à éponger le reste.
Une pénurie qui tombe pile pour la rentrée
La suite se lit sans décodeur. Apple prévoit que l’effet des contraintes augmente « significativement » sur le trimestre de septembre. C’est précisément celui qui doit accueillir la nouvelle gamme, iPhone 18 Pro et Pro Max en tête, accompagnée du tout premier iPhone pliable de la marque. La prévision de croissance a été ramenée à 9-11 %, et le dirigeant reconnaît que ses équipes vont devoir courir côté approvisionnement.
Les acheteurs français savent déjà à quoi s’attendre, puisque le scénario s’est joué en plus petit l’an dernier avec l’iPhone 17, dont certaines versions se sont fait désirer plusieurs semaines. Cette fois, un modèle inédit s’ajoute à l’équation, et un premier pliable se produit rarement en volumes confortables. Ceux qui visent la nouveauté sans passer par la case précommande risquent de patienter jusqu’à l’hiver, à une période où le marché du smartphone tourne déjà au plus bas depuis 2013.
Tim Cook aura tenu quinze ans avant de passer la main à John Ternus en septembre. Il laisse à son successeur une entreprise à 109 milliards par trimestre, des files d’attente et des prix orientés à la hausse : à peu près l’inverse du problème dont héritent la plupart des patrons.
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Source : Apple

