L’information, révélée par un courriel interne, place la scène durant la semaine du 9 juin 2026, au moment précis où OpenAI bouclait son dossier d’introduction. La direction a réuni ses équipes pour exposer une nouvelle stratégie, sans communication publique pour l’accompagner (le genre de réunion dont on ressort rarement avec une augmentation). Le nombre de postes supprimés n’a pas été précisé, et l’entreprise n’a pour l’heure pas confirmé l’ampleur du mouvement.
Tools for Humanity a été valorisée à 2,5 milliards de dollars lors de ses derniers tours de table, auprès d’investisseurs qui n’ont rien d’amateurs : Andreessen Horowitz, Bain Capital et Khosla Ventures. La société emploie environ 500 personnes et revendique plus de 17,5 millions d’humains vérifiés à travers le monde par son fameux Orb, cette sphère argentée qui photographie l’iris pour délivrer une identité numérique.
Un globe qui scanne les yeux, mais pas les bénéfices
Le concept, sur le papier, ne manque pas d’ambition : le web est saturé de robots conversationnels et de faux comptes, distinguer un véritable humain d’une machine devient un problème, et Tools for Humanity propose d’y répondre en certifiant l’unicité de chaque personne grâce à son iris, le tout récompensé par une cryptomonnaie maison, le WLD. Des acteurs comme Tinder, Zoom ou Docusign ont rejoint l’aventure pour tester la vérification d’identité. Transformer des scans rétiniens en revenus pérennes, en revanche, s’est révélé autrement plus ardu (collectionner les globes oculaires ne remplit pas un compte de résultat, aussi futuriste soit la démarche).
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Les difficultés se lisent aussi en haut de l’organigramme, où les départs se sont enchaînés. Le responsable de la sécurité et le directeur juridique auraient quitté le navire dans les mois précédant les coupes, un ballet de cadres dirigeants qui trahit rarement la sérénité d’une entreprise. Sam Altman, lui, occupe le siège de président du conseil d’administration de Tools for Humanity tout en pilotant OpenAI. Or plus son vaisseau amiral grossit, plus l’attention et les capitaux se concentrent là où ça rapporte, et il n’est pas besoin d’un Orb pour deviner de quel côté penche la balance.
L’Europe avait prévenu, et elle n’a jamais relâché la pression
Les ennuis de l’entreprise ne datent pas de cette semaine, loin s’en faut. Dès juillet 2023, la CNIL ouvrait une enquête sur la collecte de données biométriques par Worldcoin, l’ancien nom du projet. Les données d’iris figurent parmi les informations les plus sensibles que protège le RGPD, à peu près l’équivalent numérique d’une empreinte que l’on ne peut pas changer une fois qu’elle a fuité. En août de la même année, des agents se rendaient dans les locaux parisiens utilisés par les prestataires du projet pour un contrôle sur pièces.
Le reste du monde n’a pas été plus tendre. L’autorité espagnole a suspendu le traitement des données, la Corée du Sud a infligé une amende d’environ 830 000 dollars pour collecte de scans d’iris sans information suffisante des utilisateurs, le Brésil a imposé des restrictions et le Kenya a purement et simplement interdit le service. Chacune de ces décisions ampute le projet d’une part de sa base potentielle d’utilisateurs, tout en alourdissant une facture juridique qui n’avait pas besoin de ça (vouloir cartographier les yeux de l’humanité revient à inviter chaque régulateur de la planète à la table, et tous ne sont pas venus avec des fleurs).
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Source : Business Insider

