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Tinder, Zoom, Docusign : le projet de scan d’Iris du patron d’OpenAI s’arrête aux frontières de l’Europe

Le patron d’OpenAI vend désormais la solution au problème que ses propres IA fabriquent. Tinder, Zoom et Docusign ont signé.

Vendredi dernier, Sam Altman a présenté la version 4.0 de World ID, son protocole de vérification humaine. Tools for Humanity, la société éditrice du projet, a aligné les partenariats : Tinder, Zoom, Docusign, et bien d’autres, de l’hébergement web à la finance. Le token WLD, adossé au projet, a reculé de 10 % sur la journée d’annonce.

Que se passe-t-il côté américain ?

Tinder étend son intégration aux États-Unis après un pilote japonais jugé concluant. Les profils vérifiés via Orb, le scanner d’iris du projet, affichent un badge « humain vérifié ». Zoom active Deep Face, une détection anti-deepfake pour les réunions professionnelles. DocuSign ajoute une vérification d’identité au moment de la signature. Okta prépare Human Principal, un outil qui certifie qu’un agent IA agit bien pour le compte d’un humain identifié. Concert Kit, autre nouveauté, permet aux artistes de réserver des billets aux humains vérifiés sur Ticketmaster et Eventbrite pour éviter le scraping et les reventes sauvages. 30 Seconds to Mars et Bruno Mars ont déjà signé.

Trois tiers de vérification coexistent désormais. Le plus élevé reste l’Orb et son scan d’iris. Le niveau intermédiaire repose sur la puce NFC d’une pièce d’identité officielle. Le plus bas, Selfie Check, demande une simple photo. Présenté comme « low friction » par les équipes de Tools for Humanity, il a aussi été qualifié de « low security ». L’aveu est venu de la scène, au micro. Selon Axios, le projet compte 18 millions de personnes vérifiées dans 160 pays. Seulement 1,1 million se trouvent en Amérique du Nord.

Pourquoi l’Europe n’aura pas World ID de sitôt ?

Aucune des annonces de vendredi n’inclut de déploiement européen. L’Europe a déjà bloqué World plusieurs fois. L’Espagne a suspendu le projet en mars 2024, décision confirmée par la Haute Cour en mars 2025. L’Allemagne a ordonné la suppression des données iris collectées, via l’autorité bavaroise BayLDA, en décembre 2024. Le Portugal a imposé un ban temporaire de trois mois. La France, le Royaume-Uni et plusieurs régulateurs européens ont ouvert des enquêtes sur la conformité au RGPD.

Tools for Humanity a tenté sa chance une deuxième fois. En novembre 2025, la société a notifié l’AEPD, le régulateur espagnol, de son intention de rouvrir une antenne à Barcelone en février 2026. La stratégie a été retravaillée sur trois axes. L’entité allemande TFH GmbH devient l’unique responsable du traitement européen. Le modèle de récompense en tokens WLD est abandonné au profit d’abonnements et de services locaux. Un protocole de calcul multipartite anonymisé, appelé AMPC, est déployé pour tenter de répondre aux exigences RGPD.

L’AEPD n’a pas été convaincue. Le 13 février 2026, la présidence de l’autorité a émis une mise en garde préventive formelle, référencée EXP202602591, au titre de l’article 58.2(a) du RGPD. Le régulateur pointe plusieurs failles. L’analyse d’impact est jugée insuffisante et aucune alternative non-biométrique n’a été évaluée. La transparence sur les bases légales reste lacunaire. Enfin, le modèle de « propriété personnelle » des données est jugé incomplet, parce qu’elles restent accessibles via l’application de l’éditeur. À cela s’ajoute l’AI Act européen, qui classe l’identification biométrique à grande échelle dans les usages les plus encadrés. Altman veut vérifier 1 milliard d’humains. Le RGPD en protège 450 millions qui n’auront pas à le faire.

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Source : Tech Crunch