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DJI et Insta360 s’attaquent en justice : guerre totale autour des caméras de poche

Le jour du lancement de la Luna Ultra d’Insta360 aux États-Unis, DJI a déposé deux plaintes pour violation de brevets. Insta360 a immédiatement répliqué avec deux contre-attaques judiciaires.

Le marché des caméras de poche vient de basculer dans une bataille juridique d’une rare violence. Le 10 juin 2026, jour choisi par Insta360 pour commercialiser sa toute nouvelle caméra haut de gamme sur le sol américain, le géant du drone DJI a dégainé deux plaintes pour violation de propriété intellectuelle devant un tribunal du Texas. Moins de quarante-huit heures plus tard, le 12 juin, Insta360 a répliqué en déposant à son tour deux contre-attaques judiciaires. Cette escalade féroce entre les deux colosses de la tech chinoise pose les bases d’une guerre ouverte visant à s’octroyer le monopole des caméras nomades.

DJI accuse Insta360 de « copie intégrale »

Au cœur de la première offensive menée par DJI se trouve la nouvelle gamme de caméras mobiles Luna d’Insta360, et plus particulièrement la déclinaison Luna Ultra. Dans ses documents juridiques, DJI affirme sans détour que la concurrence a purement et simplement copié l’architecture technique et le design inaugurés par sa propre gamme d’appareils. Le leader du drone invoque la violation de deux brevets de design décrivant la structure même de sa caméra de poche (le corps allongé, l’écran rotatif, la disposition de la roulette ou encore l’emplacement du bouton d’enregistrement), ainsi que quatre brevets d’utilité publique. Ces derniers couvrent des technologies logicielles et matérielles clés, comme le suivi de sujet en temps réel sur l’écran ou le basculement d’un mode de stabilisation à un autre via une commande unique.

Pour DJI, la manœuvre vise clairement à obtenir le retrait pur et simple de la caméra adverse du marché américain par le biais d’une injonction permanente. Ce coup de pression intervient dans un contexte marketing tendu, alors que les documents juridiques repérés par le site spécialisé PetaPixel confirment que DJI préparait cette offensive depuis le salon du NAB en début d’année.

Test Dji Osmo Pocket 4 Design
© Thomas Estimbre / 01net.com

Alors que nous avons récemment testé la DJI Osmo Pocket 4, DJI doit faire face à des difficultés d’autorisation administrative de l’autorité des télécommunications américaine (la FCC), ce qui retarde la commercialisation officielle aux États-Unis de sa future Osmo Pocket 4P, sa caméra à double objectif annoncée en grande pompe au Festival de Cannes.

La contre-attaque cinglante d’Insta360

Face à ce qu’il considère comme une tentative de déstabilisation commerciale, le fondateur d’Insta360, JK Liu, est sorti du silence pour rejeter catégoriquement ces accusations. Selon lui, le développement de leur caméra a débuté dès 2020 et découle des recherches menées sur leurs anciennes gammes de caméras d’action et de stabilisateurs. Pour prouver sa détermination, l’entreprise a immédiatement répliqué avec deux contre-plaintes visant DJI pour l’infraction de cinq brevets d’utilité liés aux technologies de stabilisation panoramique, de contrôle directionnel et d’incrustation de données de télémétrie.

Insta360 frappe là où ça fait mal, puisque ces brevets couvriraient la quasi-totalité du catalogue à succès de son rival, incluant les gammes Osmo Pocket, Osmo Mobile, les stabilisateurs professionnels Ronin/RS, ainsi que la caméra Osmo 360. Dans un communiqué officiel, le fabricant a la ferme ambition de démontrer que ses innovations sont le fruit d’une recherche indépendante menée avec des partenaires prestigieux. Rappelons que la marque vient de lancer en Europe la Luna Ultra conçue en alliance avec Leica et capable de filmer en 8K.

Insta360 Luna Ultra 2
© Insta360

Vers un bras de fer juridique de longue durée

Ce n’est pas le premier accrochage judiciaire qui oppose les deux constructeurs cette année. En mars dernier, DJI avait déjà entamé des poursuites contre Insta360 pour des questions de traitement logiciel des images issues de drones. Les experts juridiques s’accordent à dire qu’à court terme, ces procédures n’auront aucun impact direct sur la disponibilité des produits en magasin, les demandes d’interdiction de vente immédiate ayant peu de chances d’aboutir rapidement.

La suite logique de ce feuilleton industriel devrait s’étaler sur plusieurs mois au sein des tribunaux fédéraux américains. L’issue la plus probable pour les deux parties reste la négociation d’un accord de licences croisées à l’horizon 2027, une sortie de crise classique dans le monde de la tech qui permettrait aux deux rivaux de s’échanger l’accès à leurs technologies respectives plutôt que de risquer un procès devant un jury.

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