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Blake Stowell (SCO) : ‘ SCO ne veut pas détruire Linux, mais veut protéger Unix ‘

L’an dernier, SCO a accusé IBM d’avoir copié du code Unix dans Linux pour accélérer le développement du système gratuit. Un an et demi plus tard, l’éditeur s’est mis à dos la communauté open source et Linux. Blake
Stowell, directeur de la communication de SCO, est venu en discuter sur le chat.

Bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir d’accueillir Blake Stowell ! Bonsoir à tous ! Je suis heureux d’être invité à ce forum.djano : Comment SCO peut-il accuser IBM d’avoir intégré du code source à GNU/Linux alors que SCO (anciennement Caldera) a lui-même distribué en GPL du code Unix ? SCO/Caldera a apporté du code 16 bits à Linux, mais aucun code 32 ou 64 bits. Le code 16 bits n’était pas destiné à une utilisation commerciale. Donc la contribution de SCO/Caldera était très mineure et certainement
pas à l’échelle des accusations d’aujourd’hui.npqt : Quels sont les rapports commerciaux entre SCO et Microsoft ? SCO est un partenaire et un concurrent de Microsoft. Partenaire : nous avons une licence croisée avec eux. Concurrent : puisque nous visons beaucoup de clients similaires avec des solutions concurrentes. Microsoft n’a
jamais investi dans notre entreprise.minicray : Si le procès donne raison à SCO, qu’ont à craindre les utilisateurs de Linux ? Personne ne doit craindre quoi que ce soit, à moins de faire… quelque chose d’illégal… Si SCO a raison et que Linux inclut du code Unix, les utilisateurs doivent rembourser SCO pour l’utilisation de ce code, au travers
d’une licence ou bien arrêter l’utilisation de ce code.Bouil : Pourquoi SCO continue-t-il d’accuser Linux sans avancer de preuves ? Il me semble que la communauté a largement prouvé que le code source soit disant volé ne vous appartenait en réalité pas ! Nous sommes certains du code que nous avons montré au dernier SCO Forum. Le code créé par IBM/Sun/SGI leur appartient, mais il y a certaines restrictions sur ce qu’ils peuvent faire avec ce code. En particulier, ils ne peuvent pas le
donner à Linux par exemple.Lounge : Quelle est la contribution de SCO au logiciel libre ? La version 16 bits d’Unix, la première installation graphique pour Linux. Voici le lien pour les contributions de SCO à l’open source : http://www.thescogroup.com/developers/community/contrib/.Olivier : SCO Openserver n’est pas stable, Unixware est abandonné par la plupart des producteurs de logiciels. Pourquoi investir dans des procès plutôt que de consolider vos produits ? Au fait Caldera est un Linux,
non ?
Nous avons dit que notre plan est de développer Openserver et Unixware à partir d’un seul noyau. Ce qui devrait être plus facile pour les développeurs de logiciels indépendants que de certifier leurs applications. Cela devrait être
fait d’ici la fin de cette année…michelherrscher : Quel avenir pour SCO si le procès lui donne tort ? Dans le cas du procès avec IBM, il y a encore beaucoup de clients qui dépendent des produits de SCO pour leur informatique. Mais cela sera certainement difficile pour nous. En revanche, 95 % de nos employés se consacrent
entièrement au développement de nos différents produits.Cekoidon : Comment un utilisateur lambda pourrait-il savoir quel bout de code ôter de Linux et surtout comment faire ? Il faudrait que l’utilisateur soit d’abord un développeur, dans le cas contraire ce sera très difficile. Et à notre avis, le fait de remplacer ce code aura l’effet de ‘ casser ‘ Linux. Ce sont plus d’un
million de lignes de code qui devront être changées et ce n’est pas une chose qui peut être réalisée en une nuit.masure : Linux est gratuit. Qui va payer et où est le préjudice, puisque personne ne s’est enrichi ? La question qui doit se poser est qui a fait de Linux un système d’exploitation gratuit. Linux/GPL n’a aucune garantie et indique bien que les utilisateurs peuvent l’utiliser à leurs risques.kiko : N’avez-vous pas peur que ce procès nuise gravement à l’image de SCO auprès de ses clients et du public ? Ce ne doit pas être facile d’être Dir Com dans ces moments-là. 😉 Oui, ce n’est pas toujours facile. 🙂 Il est parfois difficile de communiquer aux gens des mauvaises nouvelles comme le fait que Linux n’est pas ce que d’autres avaient dit qu’il était. Depuis plusieurs années, on a cru que Linux
était parfaitement légal et que tout allait bien. Mais il y a 1,5 an, SCO a commencé à trouver des problèmes avec Linux. Personne ne veut entendre que Linux a des problèmes. Mais la vérité doit être dite et sortir.porchouneix : Pourquoi SCO a-t-il autant attendu pour faire valoir ses droits sur le code source de Linux ? Nous avons commencé à en parler dès que l’on a commencé à découvrir ces lignes de code dans Linux. Au départ, on croyait que tout le monde jouait selon les règles et que Linux était ‘ propre ‘. Même nous,
nous étions distributeur de Linux. Mais dès que l’on a découvert qu’il y avait notre code dans Linux et qu’il ne venait pas de nous, mais de quelqu’un d’autre, nous avons commencé à en parler et avons arrêté la distribution de Linux.1tikkk : Les enjeux dépassent les intérêts de l’utilisateur lambda. Quelles répercussions pour nous (novices) ? SCO a dit fréquemment que nous ne sommes pas concernés par les utilisateurs commerciaux. Ce qui veut dire que nous n’iront pas après les utilisateurs à la maison, à l’école, etc. On se préoccupe de l’utilisation commerciale qui est
fait de Linux.BLACKNET : Linux est un OS open source. Pourquoi IBM, une grande entreprise, n’aurait-elle pas le droit de piocher ddedans afin d’élargir son nombre de solutions pour entreprise ? Peut-être pouvons-nous
appeler ça une bataille e-business, merci de me répondre.
Le premier problème c’est qu’IBM a mis du code System V dans Linux et d’après le contrat qu’ils ont signé, IBM n’a pas le droit de prendre du code qu’ils ont créé pour leur Unix et le mettre dans quoi que ce soit d’autre, comme Linux
par exemple. IBM peut parfaitement mettre dans Linux du code qu’ils ont créé à partir de rien mais pas à partir du code Unix System V. Ils ont signé cette licence et ils doivent la respecter.porchouneix : Pourquoi SCO refuse de montrer les fameuses portions de codes qui seraient incriminées à la communauté. lissyx : et les preuves ? Il y a certains bouts de code que l’on peut montrer et que nous avons montré. Mais il y en a d’autres que l’on ne peut pas montrer, à cause du contrat qui nous lie et nous interdit de le montrer au public. C’est pourquoi, on peut
montrer le code en privé et après avoir signé un contrat de ‘ non-disclosure ‘.ezekiel : Votre intérêt n’est-il pas l’argent au détriment de l’innovation et de l’utilisateur ? Le but de SCO est de faire de l’argent avec Unix. Au travers de la vente de licence d’Unix, d’Open Server, Unixware… Nous avons lancé toutes ces poursuites judiciaires pour protéger notre propriété. Car Unix n’est pas gratuit.
C’est notre survie qui en dépend.porchouneix : A partir du moment où ce code figure dans le code source de Linux, il est lisible par tout le monde non ? Oui, tout le monde peut y avoir accès.djano : Comment SCO réussit-il à vivre actuellement (à part des dividendes de Microsoft ou des rançons qu’ont payées les entreprises qui ont eu peur) ? Nous vendons Openserver, Unixware, etc. Nous étions rentables l’année dernière mais pas les deux derniers trimestres de cette année. Notre but est de redevenir rentable pour ce trimestre en cours et qui se termine à la fin du mois de
juillet.porchouneix : Pourquoi ne pas attendre le jugement sur le fond avant d’attaquer des utilisateurs de Linux ? Pour notifier aux utilisateurs qu’il y a un problème de copyright. Aux Etats-Unis, il y a une règle qui s’appelle ‘ the statute of limitations ‘
qui dit que si vous êtes au courant d’un
problème et que vous n’entamez pas de procédure légale pour le résoudre, après un certain temps, vous n’avez plus le droit de recourir à la justice.Blurb : Et le développement et le maintien de l’open source ? SCO n’est pas contre l’open source. Il est simplement important de reconnaître qu’il y a certains dangers avec l’open source comme la situation dans laquelle nous sommes avec Linux. Puisque
personne n’a vérifié que le code appartenait à une compagnie privée.rarcel : Nous ne somme pas aux Etats-Unis ici et, justement, les brevets logiciels n’ont pas encore d’existence en Europe. Vous anticipez ? jmfayard : La GPL est-elle une atteinte aux constitutions françaises et
européennes, ou ce problème ne concerne que les Etats-Unis ?
En Europe, il faut traiter notre cas, pays par pays. Mais si on arrive à prouver que les brevets logiciels de SCO ont été violés dans une cours de justice américaine, on devrait aussi pouvoir le faire en Europe, où la majorité des
pays respectent les lois du copyright.SCOForEver : Ce qui est étonnant, c’est que vous semblez être les seuls à avoir eu de tels problèmes avec l’open source. Et un de vos actionnaires principaux n’est autre que Microsoft. Y a-t-il un lien ?
Microsoft n’est pas un actionnaire de SCO. Ils ne détiennent aucune action de SCO, car sinon ils devraient le faire savoir. Pour ce qui est de l’open source, SCO est l’une des rares entreprises à avoir dit
publiquement quels étaient certains problèmes. D’autres ont également la même opinion, mais ne préfèrent pas être aussi directs, surtout en voyant les attaques que SCO a enduré en raison de son point de vue.Merci beaucoup Blake Stowell, le mot de la fin ? Durant les derniers dix-huit mois, nous avons essayé d’informer et d’éduquer le public de certains problèmes que nous croyons exister avec Linux et l’open source. Mais d’une façon qui ne soit ni celle de Big
Brother ni méchante. Mais à partir d’un certain moment, on est obligé de prendre des actions légales pour protéger notre entreprise. Enfin, il est important de comprendre que SCO ne veut pas détruire Linux, mais on veut absolument protéger Unix.
Merci encore pour m’avoir donné l’opportunité de m’exprimer sur ce forum. Et à très bientôt, peut être pour le SCO Forum, au début du mois d’août à Las Vegas !

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La rédaction