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A Tel-Aviv, la high-tech au service des Indignés

A quelques jours d'une manifestation où plus d'un million d'Israéliens sont attendus, nous sommes allés dans un campement d'Indignés pour y découvrir une véritable pépinière d'idées et de high-tech. Reportage.

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C'est devenu leur activité du week-end... Depuis plusieurs semaines, développeurs, créateurs de sites Web et autres experts des médias sociaux se réunissent sur le toit d'un immeuble de sept étages, situé en bordure de Tel-Aviv en Israël. Dans les locaux du « Hub », un concept de bureaux open space pour entrepreneurs sociaux, des dizaines d'entre eux ont pris part à un Hackaton (marathon technologique) étalé sur deux jours, avant de se retrouver pour une table ronde dédiée aux nouveaux médias sociaux alternatifs. Leur rêve : créer un « Huffington Post israélien » de type participatif. Leur objectif à plus court terme : répondre aux besoins des initiateurs de la « révolution des tentes ». Né le long du boulevard Rothschild, une voie cossue de Tel-Aviv, ce mouvement israélien des Indignés (lire l'encadré), suscite une large mobilisation dans les rangs de la high-tech.

Un mouvement social né d'un réseau social

« Deux jours après l'apparition des premières tentes à Tel-Aviv, nous avons lancé le site d'informations J14.org.il. Son URL évoque le 14 juillet, date à laquelle le public israélien a commencé à descendre dans les rues, qui se trouve être une référence dans l'histoire mondiale », rappelle son concepteur, Amnon Dafni, fondateur de la start-up OSC et désormais responsable de la stratégie médias de la révolte sociale. « Depuis, les propositions de sites, de plates-formes et autres outils technologiques n'ont cessé d'affluer », se félicite ce web-activiste, adepte de la médecine chinoise et des arts martiaux.
Comme en Egypte, le mouvement des Indignés de Tel-Aviv a pris son envol grâce à Facebook. Des centaines d'internautes ont réagi au post de Daphni Leef, une jeune vidéaste de 25 ans, mise à la porte par son propriétaire et venue la première planter sa tente boulevard Rothschild en signe de protestation. Mais la comparaison avec les événements de la place Tahir au Caire s'arrête là.


D.R.

Organiser la communication

« Israël est un régime démocratique : les protestataires n'ont été confrontés ni aux tanks, ni au blocus d'Internet ! Ce qui n'a pas empêché les gens de la high-tech de faire preuve d'inventivité », sourit Maayan Alexander, consultante Internet à Jérusalem, qui officie pour l'ONG Shatil. « Au début les programmeurs ont suivi cette “révolution” avec un certain scepticisme, raconte pour sa part Asaf Levi, créateur du site Web de rencontres Qmee, mais très vite ils ont créé des groupes de discussion sur Google ou Twitter sous le hashtag #J14hackers ».
Parmi les projets nés de ce brainstorming géant : un système de syndication de contenus, concocté par le Web manager Asaf Pri Hadash, permettant de diffuser instantanément la même information sur Facebook, sur Twitter, sous forme d'e-mail ou de SMS ; un agrégateur de blogs RSS ou encore une plate-forme de SMS gratuits. « L'idée est de permettre aux occupants des dizaines de villages de tentes disséminés dans le pays, d'envoyer des messages d'alertes sur la Toile à partir d'un téléphone mobile basique, pour gérer leurs besoins logistiques ou pour battre le rappel en cas d'ordre d'évacuation », explique Guy Sheffer, à l'origine du projet. Cet étudiant en licence de physique de l'université hébraïque de Jérusalem est un « indigné » de la première heure. « Simplement, je préfère écrire des codes, confie-t-il, plutôt que défiler avec un mégaphone ».

Des dizaines d'outils au service d'une cause

Pour l'heure, les initiatives émanant de la high-tech visent pour l'essentiel à adapter des technologies existantes. « Nous cherchons à développer des outils de nature à enraciner notre lutte, y compris une fois que les campements de tentes seront évacués », résume Amnon Dafni.

Fer de lance de cette force de proposition : la communauté israélienne de l'open source, qui compte plusieurs centaines de membres actifs et des milliers de « suiveurs ». « De par notre idéologie tournée vers la transparence et les modèles participatifs, il était logique que l'on apporte notre contribution à ce mouvement de fond », résume Doron Ofek. Fondateur de l'association israélienne de l'open source Hamakor, ce quadra se déclare impressionné par l'essor actuel « des plates-formes de démocratie directe » dans son pays.
Signe des temps, le gouvernement israélien vient de se payer les services de la jeune pousse Linnovate pour créer son agora digitale (hidavrut.org.il), basée sur Drupal. Le 8 août, cette même start-up spécialisée dans les plates-formes open source, avait offert le site de débat citoyen (1) ohel.org.il, à la révolution sociale...

(1) l'URL est devenue depuis http://ohel.j14.org.il. En hébreu, le mot ohel signifie tente.


D.R.

Le mouvement des Indignés, version israélienne

Parti de Tel-Aviv, métropole frappée de plein fouet par la flambée des prix immobiliers, le mouvement des Indignés est né d'un ras-le-bol contre les loyers élevés, la vie chère en général et les monopoles qui étranglent la classe moyenne israélienne. Des dizaines de campements de toiles sont apparus aux quatre coins du pays, tandis que des rassemblements massifs se sont tenus cet été dans les principales villes israéliennes.

Après le rassemblement de 300 000 personnes du 6 août dernier, les leaders de la révolte sociale espèrent le 3 septembre prochain rallier un million d'Israéliens autour du slogan « Le peuple exige la justice sociale ». A priori, les recrues de la high-tech israélienne ne font pas partie des salariés les plus à plaindre. Alors que le salaire mensuel moyen se situe en Israël, aux alentours de 8 689 shekels (1 739 euros), ces derniers tirent leur épingle du jeu avec une rémunération proche de 15 à 17 000 shekels. Mais voilà, si l'industrie high-tech israélienne représente 40 % de l'export, elle n'assure que 7 % des emplois de l'économie nationale.

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1 AVIS SUR CET ARTICLE
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Avis sur «A Tel-Aviv, la high-tech au service des Indignés»

 

bravo

de jofrmetz , posté le 31 aout 2011 à 09h55
ces gens mettent toutes les technologie pour une noble cause.Un exemple à prendre en france, où les gens sont plutot égoistes
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Chaque pays a ses spécificités

de ThéOLait , posté le 31 aout 2011 à 10h38
Plus égoïste en France, ou plus individualiste ...
Je n'ai pour ma part jamais cru dans les réponses collectivistes a des problématiques autres que politiquement abordées. Cette approche réduit l'équation à court terme, n'apporte pas de solution qui satisfasse la raison sur le plus long terme.
Quelques mois et cette histoire sera du passé, chacun alors ayant reformulé les acquis au sens de sa sphère privée.
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