Il fut un temps où Motorola régnait sur l’élégance des montres connectées avec sa Moto 360. Une époque révolue. Aujourd’hui, la marque, désormais sous giron chinois (Lenovo), change de stratégie. Fini le luxe, place à l’efficacité budgétaire. La Moto Watch Fit n’essaie pas de concurrencer la Samsung Galaxy Watch 8 ou l’Apple Watch Series 11 sur le terrain des fonctionnalités. Son but est plus modeste : offrir un compagnon sportif fiable aux utilisateurs Android qui ne veulent pas dépenser une fortune.

Sur le papier, la promesse est alléchante : GPS intégré, écran OLED lumineux et jusqu’à 16 jours de batterie. Mais dans un secteur saturé par Xiaomi, Amazfit et même Decathlon, la Moto Watch Fit a fort à faire. Nous avons testé la version « Trekking Green » pour nous faire notre avis.
Un poids plume au look familier
Dès le déballage, la filiation saute aux yeux. Avec son format rectangulaire aux coins arrondis, la Moto Watch Fit assume son inspiration « Apple Watch ». Mais l’illusion s’arrête dès la prise en main. Si le cadre est en aluminium, le dos du boîtier est en plastique. Ce choix de matériaux a un avantage immédiat : le poids. La montre ne pèse que 25 grammes sans le bracelet (environ 35g avec). C’est simple, on l’oublie instantanément une fois au poignet.

Cependant, cette légèreté s’accompagne d’une sensation un peu « jouet ». Cette impression est renforcée par le bracelet fourni avec notre modèle Trekking Green. Il s’agit d’une boucle en tissu nylon avec fermeture velcro. Esthétiquement, le vert forêt traversé par une ligne jaune ne plaira pas à tout le monde – c’est un look très outdoor qui tranche avec le design urbain du boîtier.

Le confort du bracelet divise. S’il est respirant et permet un ajustement au millimètre, le velcro peut s’avérer légèrement rugueux et gratter la peau si l’on n’y prend pas garde. Heureusement, Motorola a eu la bonne idée d’utiliser un système de fixation standard de 22 mm. Vous pourrez donc remplacer ce bracelet un peu clivant par n’importe quel modèle du commerce pour quelques euros.

Côté robustesse, la montre est certifiée IP68 et résiste à une pression de 5 ATM. Douches, natation en surface et transpiration ne lui font pas peur. Un bon point pour une montre à moins de 80 euros.
Écran et ergonomie : la bonne surprise
C’est incontestablement le point fort de cette montre. Motorola n’a pas lésiné sur l’affichage en intégrant une dalle OLED de 1,9 pouce. Avec une résolution de 442 x 348 pixels, l’écran est net, coloré et offre des noirs profonds. Mais c’est surtout sa luminosité qui impressionne pour ce prix : elle grimpe jusqu’à 1 000 nits. En pratique, cela signifie que vous pourrez lire vos notifications en plein soleil lors d’un jogging sans plisser les yeux.

Les bordures sont présentes et un peu plus épaisses que sur des modèles haut de gamme, mais elles se font oublier grâce aux fonds d’écran noirs de l’interface. La montre propose également un mode always-on display », même si son activation impacte logiquement l’autonomie.

L’interface, pilotée par un système d’exploitation propriétaire (Moto Watch OS), est d’une fluidité exemplaire. Pas de Wear OS ici, donc pas de Play Store ni d’applications tierces, mais une navigation simple via l’écran tactile et l’unique bouton latéral. Ce dernier sert à réveiller la montre, revenir à l’accueil ou ouvrir le menu des applications. C’est basique, mais efficace. On ne note aucun ralentissement majeur dans les menus, ce qui est appréciable comparé à certaines montres d’entrée de gamme qui connaissent parfois quelques ralentissements.
Service minimum pour Android
La Moto Watch Fit est conçue pour fonctionner en tandem avec l’application « Moto Watch ». Attention, les utilisateurs d’iPhone devront passer leur chemin : la montre est optimisée pour Android (version 12 et plus recommandée).

L’appairage est rapide et stable grâce au Bluetooth 5.3. L’application elle-même est claire, bien que spartiate. Elle permet de consulter ses historiques de santé, de changer les cadrans et de configurer les notifications. À ce propos, la gestion des notifications est correcte mais limitée. Vous pouvez lire vos SMS, WhatsApp ou emails et y répondre via des réponses rapides préenregistrées ou des émojis. Impossible en revanche de dicter une réponse ou de taper sur un clavier virtuel.

Il manque également un micro et un haut-parleur. Vous ne pourrez donc pas passer d’appels au poignet, ni interpeller Google Assistant. La montre sert uniquement de relais visuel pour votre smartphone. Autre regret d’importance : la disparition de l’intégration native avec Strava dans la dernière version de l’application, ce qui oblige les sportifs à chercher des solutions de contournement pour exporter leurs données.

Sport et santé : l’essentiel est là
Pour 80 euros, la présence d’un GPS intégré est un atout majeur, mais désormais indispensable, tant les modèles à ce prix intègrent désormais ce genre de puces. Pas besoin donc d’emporter son smartphone pour tracer un parcours, la Moto Watch Fit se débrouille seule.
Lors de nos analyses basées sur les retours techniques, le GPS s’avère convenable pour de la course à pied loisir. Il accroche le signal assez vite, mais la précision n’égale pas celle de notre Apple Watch Series 10 de référence. Sur des parcours complexes en ville, quelques écarts de tracé peuvent apparaître. Sur notre exercice de course à pied de référence, la montre de Motorola a estimé la distance à 5,73 km, contre 5,54 km pour celle d’Apple, réputée comme l’une des plus précises du marché. Un écart de 20 mètres, mais rien de rédhibitoire pour le grand public.

La montre propose plus de 100 modes sportifs (course, vélo, marche, mais aussi des sports plus niches comme le badminton). Cependant, ne vous attendez pas à des métriques professionnelles. On reste sur du classique : durée, distance, calories, fréquence cardiaque.

Côté santé, les capteurs (fréquence cardiaque optique et SpO2 pour l’oxygène sanguin) font le travail. Le suivi du sommeil est présent, détaillant les phases (léger, profond, REM). Les mesures sont cohérentes au repos, mais comme souvent sur ce segment, le capteur cardiaque peut montrer ses limites lors de séances de fractionné intense, avec un temps de retard sur les variations brutales du pouls.

Autonomie : le point fort
Si la Moto Watch Fit fait des concessions sur certaines fonctions, elle se rattrape magistralement sur l’endurance. Motorola annonce jusqu’à 16 jours d’autonomie. Dans la réalité, ce chiffre est atteignable si vous désactivez le suivi continu du rythme cardiaque et l’écran always-on.

Avec un usage plus réel (always-on, notifications activées, luminosité automatique, quelques séances de sport avec GPS et suivi santé), la montre a tenu solidement 8 jours. Vous pouvez partir en vacances une semaine sans emporter le câble de chargement, un luxe que les possesseurs d’Apple Watch ou de Pixel Watch ne connaissent pas.
La recharge s’effectue via un câble magnétique propriétaire (attention à ne pas le perdre, car la charge sans fil Qi n’est pas supportée). Il faut compter environ 1 h 30 à 2 h pour un cycle complet.
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