C’est une ritournelle que nous connaissons bien. Chaque année, le géant chinois Huawei peaufine sa copie avec une régularité de métronome. Après une Watch GT 5 Pro déjà très aboutie, la marque revient sur le devant de la scène avec la Huawei Watch GT 6 Pro. Pour ce test, nous avons enfilé la version 46 mm marron, affichée au tarif de 349,99 euros.

Sur le papier, la fiche technique a de quoi faire rougir la concurrence : écran Amoled ultra-lumineux, autonomie annoncée de deux semaines, matériaux nobles et une nouvelle technologie de capteurs baptisée TruSense. Huawei promet une précision accrue, tant pour la géolocalisation que pour le suivi cardiaque. Mais au-delà des promesses marketing, qu’en est-il à l’usage ? Nous l’avons portée jour et nuit, pour courir, pédaler et dormir, afin de nous faire un avis et vérifier si elle mérite sa place à votre poignet.
L’horlogerie de luxe s’invite au poignet
Dès l’ouverture de la boîte, l’effet « waouh » est indéniable. Huawei continue de brouiller les pistes entre la montre connectée et l’horlogerie traditionnelle. Si vous cherchez un gadget au look futuriste ou épuré comme une Pixel Watch, passez votre chemin. La Watch GT 6 Pro assume son gabarit et son style masculin.

Le boîtier conserve cette forme octogonale caractéristique, introduite sur les générations précédentes, mais avec des lignes qui semblent encore plus affinées cette année. Les dimensions de 45,6 x 45,6 x 11,25 mm en font une montre présente, mais qui sait se faire oublier grâce à l’utilisation du titane. Ce choix de matériau est crucial : il offre une robustesse supérieure à l’aluminium tout en restant bien plus léger que l’acier inoxydable. Sur la balance, le boîtier nu affiche 54 grammes. C’est un poids plume pour une montre de ce calibre, ce qui est appréciable lors des séances de sport.

La qualité de fabrication est, comme souvent chez Huawei, irréprochable. Le dos du boîtier en céramique est doux au contact de la peau, limitant les irritations liées à la transpiration, tandis que l’écran est protégé par un verre saphir quasi-inrayable. Nous ne l’avons pas ménagée durant nos tests ; elle en est ressortie intacte.

Le modèle marron que nous testons est livré avec un bracelet composite (mélange de fluoroélastomère et de textile) qui allie l’élégance pour la ville à la résistance pour le sport. C’est un excellent compromis pour ceux qui ne veulent pas changer de bracelet entre le bureau et la salle de sport.

Côté robustesse, la montre ne craint ni l’eau ni la poussière. Elle affiche une étanchéité 5 ATM (jusqu’à 50 mètres) et bénéficie surtout d’une certification IP69. Cela signifie qu’elle résiste non seulement à l’immersion, mais aussi aux jets d’eau à haute pression et haute température. Vous pouvez donc la garder sous la douche sans la moindre arrière-pensée, même si nous déconseillons les sports nautiques violents ou la plongée sous-marine profonde, les variations de pression brutales pouvant toujours être fatales.
Une dalle éblouissante
L’écran est souvent le point fort des montres Huawei, et cette GT 6 Pro enfonce le clou. Elle arbore une dalle Amoled circulaire de 1,47 pouce, offrant une définition de 466 x 466 pixels (317 ppp). Si la densité de pixels est légèrement inférieure à ce que propose Apple, la finesse d’affichage reste excellente à l’œil nu. Les noirs sont profonds, les couleurs vibrantes, et les cadrans sont magnifiés (même si on aimerait un choix de modèles un peu plus discrets).

Là où la montre frappe fort, c’est sur la luminosité. Avec un pic annoncé pouvant atteindre les 3 000 nits, la lisibilité est tout simplement parfaite, même en plein soleil lors d’une sortie vélo en milieu de journée. Le capteur de luminosité ambiante est réactif, ajustant l’éclairage sans que l’on ait besoin d’intervenir. Le mode always on est évidemment de la partie, permettant de garder l’heure visible en permanence, au prix d’une consommation d’énergie accrue.

L’ergonomie générale repose sur deux boutons physiques situés sur la tranche droite. Le bouton du haut est une couronne rotative avec retour haptique. Elle est très agréable à utiliser pour faire défiler les menus ou les notifications sans masquer l’écran avec ses doigts. Le bouton du bas, plat et discret, sert de raccourci personnalisable (par défaut vers les entraînements) et embarque les électrodes pour l’ECG.

La navigation dans l’interface HarmonyOS 6.0 est un modèle de fluidité. Pas de ralentissement, pas de saccade. On glisse vers la droite pour les widgets de santé, vers le bas pour les réglages rapides, vers le haut pour les notifications. C’est intuitif et efficace. Huawei a également affiné les bordures de l’écran, offrant une surface d’affichage plus importante que par le passé.
Application et connectivité : le talon d’Achille persiste
C’est malheureusement le chapitre qui fâche, année après année. Si le matériel est digne des meilleures montres du marché, le logiciel souffre toujours de l’embargo américain qui prive Huawei des services Google.
La montre tourne sous HarmonyOS, un système propriétaire fluide et économe, mais fermé. Pour l’appairer, il faut passer par l’application Huawei Santé. Si vous êtes sur iOS, elle est disponible sur l’App Store. Si vous êtes sur Android, attention : elle n’est plus sur le Play Store. Il faut télécharger l’AppGallery de Huawei ou scanner un QR code sur la boîte pour récupérer l’APK. Une friction dont le grand public se passerait bien.
Une fois connectée, l’expérience est inégale selon votre smartphone. Sur Android, vous pouvez répondre aux SMS via des réponses rapides ou un clavier virtuel et interagir davantage avec les notifications. Sur iOS, la montre se contente souvent d’être un miroir à notifications passif. Vous voyez le message, mais vous ne pouvez pas y répondre.

Le plus gros manque reste l’écosystème d’applications tierces. Oubliez Spotify, Strava (les données peuvent tout de même y être exportées), Google Maps ou Citymapper directement sur la montre. L’AppGallery propose bien quelques applications (calculatrice, petits jeux, etc.), mais rien de transcendant. Vous ne pourrez pas stocker vos playlists Spotify hors ligne pour aller courir sans téléphone. Il faudra se contenter de fichiers MP3 transférés à l’ancienne sur la montre, une méthode archaïque en 2025.
Côté paiement, la puce NFC est présente, mais l’absence de Google Pay rend le paiement sans contact quasi impossible en France, à moins de passer par des services tiers très spécifiques ce qui limite grandement l’intérêt de la fonction.

Heureusement, la montre intègre un micro et un haut-parleur de bonne facture pour prendre des appels directement au poignet en Bluetooth. Le son est clair et suffisant pour une conversation rapide dans un environnement pas trop bruyant.
Sport et santé : précision et innovations
C’est sur le terrain du sport et de la santé que la Huawei Watch GT 6 Pro justifie son appellation “Pro”. Huawei a mis le paquet sur ses capteurs avec le système TruSense. La montre inaugure un nouveau système de positionnement GNSS double fréquence baptisé « Sunflower » (Tournesol). L’idée est ingénieuse : les antennes s’adaptent à la position de la montre pour optimiser la réception du signal satellite. Sur le terrain, face à notre Apple Watch Series 10 de référence, les résultats sont excellentes. Que ce soit en ville au milieu des immeubles ou en environnement péri-urbain plus dégagé, le tracé est précis.

La montre accroche le signal en quelques secondes, ce qui est très appréciable au lancement d’un exercice. La cartographie hors ligne est disponible, permettant de suivre un itinéraire (avec retour au point de départ) directement sur l’écran, une fonction vitale pour les traileurs et randonneurs.

Le capteur cardio optique est également niveau des meilleurs que nous ayons testés sur une montre grand public. Lors de nos séances de fractionné, exercice difficile pour les capteurs optiques, la GT 6 Pro a suivi les montées en charge avec une réactivité exemplaire. Les décrochages sont rares, voire inexistants. La montre propose également un ECG (électrocardiogramme) pour détecter la fibrillation auriculaire, ainsi qu’une mesure de la rigidité artérielle, de la saturation en oxygène (SpO2), du stress et de la température cutanée. Le suivi du sommeil est complet, détectant même les siestes et analysant la qualité de la respiration nocturne.

Huawei a enrichi ses modes sportifs. On retrouve plus de 100 activités, dont un mode « golf » très poussé (avec cartographie des greens) et un mode « plongée en apnée » (jusqu’à 40 m, bien que les certifications de pression incitent à la prudence). La nouveauté cette année concerne le cyclisme. La montre propose une estimation de la puissance virtuelle (en watts) sans capteur externe en se basant sur le GPS, le dénivelé et vos données biométriques. Comparée à de vrais capteurs de puissance intégrés au boîtier de pédalier du vélo, la montre a tendance à sous-estimer l’effort. Cela donne une indication de tendance pour le grand public, mais les cyclistes sérieux ne s’y fieront pas.

Autonomie : la reine de l’endurance
C’est la marque de fabrique de la série GT et sur ce point la 6 Pro ne déçoit pas. Embarquant une batterie de 867 mAh, elle est inépuisable. Huawei annonce jusqu’à 14 jours d’autonomie. Dans la réalité de notre test, avec un usage intensif (notifications activées, suivi du sommeil, SpO2 en continu, écran always on activé et plusieurs activités sportives, la montre a tenu près de 10 jours. C’est colossal comparé à une Apple Watch ou une Pixel Watch qu’il faut recharger tous les jours ou presque. Si vous désactivez l’écran, les 14 jours sont tout à fait atteignables.

La recharge est rapide : il faut compter environ 1 h 40 pour passer de 0 à 100% avec le galet magnétique fourni. La montre est compatible avec la charge sans fil Qi standard, ce qui permet théoriquement de la charger au dos d’un smartphone compatible (charge inversée), bien que la forme du bracelet empêche parfois de la poser bien à plat.
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