Dans l’univers de la tech, l’obsolescence est un problème que peu de constructeurs osent affronter de face. Fairphone est l’exception qui confirme la règle. Après avoir bousculé le marché du smartphone, l’entreprise néerlandaise s’attaquait au monde de l’audio en 2023 avec le premier Fairbuds XL. L’intention était louable, mais le résultat sonore nous avait laissés sur notre faim.

Aujourd’hui, Fairphone lance la seconde génération du Fairbuds XL, disponible ce 9 décembre au prix de 249 euros. Sur le papier, la promesse est belle : un design épuré, une conception toujours aussi vertueuse et surtout, une refonte acoustique totale. Nous avons testé la version « Forest Green » (249 euros) pendant plusieurs jours pour se faire notre avis et savoir si on pouvait sauver la planète tout en profitant d’un bon son.
L’éthique et le design
Dès le déballage, le Fairbuds XL 2 impose sa différence. Loin des plastiques brillants et fragiles de la concurrence, ce casque respire la solidité. Notre modèle de test, habillé de son coloris vert, affiche un design sobre, presque rétro, qui ne manque pas de charme. C’est une esthétique assumée, brute, qui plaira aux amateurs de minimalisme industriel.
La grande nouveauté visible par rapport à la première génération concerne les matériaux en contact avec la peau. Fairphone a eu la bonne idée d’abandonner le cuir végétal, qui avait tendance à tenir chaud et dont la durabilité sur le long terme posait question. À la place, l’arceau et les coussinets adoptent un tissu en maille (type « birdseye » pour les oreilles). Le résultat est immédiat : le casque est plus respirant et le contact plus agréable sur la durée.

Mais la véritable magie du Fairbuds XL 2 ne se voit pas au premier coup d’œil, elle se vit tournevis en main. Fidèle à sa réputation, le constructeur propose un appareil entièrement démontable. La batterie, l’arceau, les coussinets, et même les haut-parleurs : tout se remplace. Au total, ce sont neuf modules qui peuvent être changés facilement par l’utilisateur. C’est d’ailleurs le seul casque du marché à arborer fièrement la certification « Longtime », garantissant longévité et réparabilité.
Le coup de génie : la rétrocompatibilité
Fairphone va plus loin que la simple réparation. Dans une démarche de durabilité extrême, la marque permet aux possesseurs du premier Fairbuds XL de mettre à jour leur casque matériellement. Vous avez la première version ? Pas besoin d’en racheter un. Il suffit de commander les nouveaux modules de transducteurs et de les installer vous-même (101,90 euros les deux). C’est un pied de nez magistral à l’industrie et une preuve que la modularité n’est pas qu’un gadget marketing.

Sur le plan écologique, le tableau est tout aussi vertueux : 50 % de matériaux recyclés au total, dont 100 % de terres rares recyclées dans les aimants et plus de 90 % d’aluminium recyclé. L’assemblage est réalisé dans une usine fonctionnant à l’énergie solaire et les travailleurs bénéficient d’un bonus de salaire. À noter que l’appareil est aussi garanti trois ans au lieu des deux légaux.
Ergonomie et commandes : le triomphe de la simplicité
À l’heure où les constructeurs multiplient les surfaces tactiles parfois capricieuses, Fairphone fait le choix de la fiabilité physique. L’ergonomie repose sur deux éléments principaux situés sur l’oreillette droite.
Le premier est un bouton simple dédié à la réduction de bruit active. Une pression permet de basculer entre les modes (ANC activé, mode transparence, tout désactivé). Un double appui invoque l’assistant vocal de votre smartphone.

Le second est la star de l’ergonomie : un joystick multidirectionnel. Un appui long allume ou éteint le casque. Une pression brève gère la lecture/pause. Pousser vers le haut ou le bas règle le volume et vers les côtés change de piste. À l’usage, c’est un régal. Les commandes répondent instantanément, on ne tâtonne pas et surtout, on évite les fausses manipulations inhérentes aux commandes tactiles, surtout lorsqu’on remet son casque en place ou qu’on porte des gants.

Côté confort de port, le bilan est globalement positif, bien que perfectible. Avec 330 grammes sur la balance, le Fairbuds XL 2 n’est pas un poids plume. Si le poids est bien réparti grâce au nouvel arceau en tissu, on sent une certaine inertie. De plus, les oreillettes, bien que confortables grâce au nouveau tissu, manquent un peu d’espace intérieur. Les grandes oreilles pourraient se sentir un peu à l’étroit. Cependant, nous avons pu le garder plusieurs heures sur la tête sans ressentir de fatigue excessive.
On regrettera toutefois une omission technologique surprenante pour un casque à 250 euros en 2025 : l’absence de détecteur de port. Si vous retirez le casque, la musique continue de jouer. C’est dommage pour l’économie de batterie et le confort d’usage. Notez enfin que le casque conserve sa certification IP54, le protégeant contre la poussière et les éclaboussures.
Application et connectivité : le minimum syndical
C’est sur le terrain de la connectivité que le Fairbuds XL 2 commence à accuser son âge technologique, sans doute un compromis dû à sa plateforme modulaire. Le casque se contente du Bluetooth 5.1. En 2025, alors que le Bluetooth 5.3 ou 5.4 est la norme, cela fait un peu vieillot, même si la stabilité de connexion n’a jamais été prise en défaut durant notre test.

Heureusement, le multipoint est de la partie, permettant de connecter le casque à deux appareils simultanément (PC et smartphone par exemple) et de basculer de l’un à l’autre de manière fluide. Côté codecs, les utilisateurs d’Android seront ravis de retrouver l’aptX HD, qui garantit une transmission audio plus riche, en plus des classiques SBC et AAC. Déception en revanche pour les puristes du son filaire : le port USB-C ne sert qu’à la recharge. Impossible d’utiliser le casque en mode DAC USB sur un ordinateur ou un smartphone pour de l’audio lossless.

L’application compagnon Fairphone reste, quant à elle, très (trop ?) basique. Elle propose un égaliseur à cinq bandes pour ajuster le son, les mises à jour firmware, quelques réglages et… c’est à peu près tout. Comparée aux usines à gaz de Sony ou aux interfaces léchées de Bose, elle fait pâle figure, même si elle a le mérite d’aller à l’essentiel.
Réduction de bruit et appels : le talon d’Achille
Soyons clairs : si vous cherchez une bulle de silence absolue pour vos trajets en métro ou en avion, le Fairbuds XL 2 risque de vous décevoir. C’est assurément la partie où le casque est le moins performant.
Certes, la réduction de bruit active (ANC) progresse par rapport à la première génération. Elle parvient à gommer une partie des ronronnements sourds (moteurs, roulement). Cependant, nous sommes encore loin des standards du marché à ce niveau de prix. Dès que les fréquences montent un peu (voix humaines, crissements, bruits de clavier), l’ANC décroche et laisse passer les sons. L’isolation passive des coussinets fait une partie du travail, mais l’électronique peine à suivre les ténors de la catégorie.

Le mode transparence, en revanche, est une bonne surprise. Il restitue l’environnement sonore de manière assez naturelle, sans cet effet robotique que l’on trouve parfois ailleurs, même si un léger souffle se fait entendre. C’est suffisant pour tenir une conversation rapide ou entendre une annonce en gare sans ôter le casque.
Concernant le kit mains libres, le constat est mitigé. Malgré la présence de six microphones, le traitement du signal est à la peine. En environnement calme (bureau silencieux, maison), vos interlocuteurs vous entendront correctement. Mais dès qu’un peu de bruit s’invite (rue passante, vent), des artefacts numériques apparaissent, hachant la voix et rendant la conversation pénible pour la personne au bout du fil. C’est un point sur lequel Fairphone devra impérativement travailler via de possibles mises à jour logicielles.
Qualité audio : la métamorphose
Si l’ANC nous laisse sur notre faim, la partie audio est, elle, la véritable révélation de ce test. Oubliez le son un peu brouillon et étriqué de la première génération. Le Fairbuds XL 2 change de division, et c’est une excellente nouvelle. Cette amélioration spectaculaire est due à l’intégration de nouveaux transducteurs dynamiques de 40 mm, revus et corrigés. À l’écoute, le gain de puissance est flagrant. Le casque offre désormais une assise dans les graves beaucoup plus solide, sans pour autant noyer le reste du spectre.

La linéarité de la réponse en fréquence a été grandement améliorée. Là où le premier modèle peinait à détourer les instruments, le Fairbuds XL 2 fait preuve d’une précision étonnante. La séparation des instruments est nette, propre, à mille lieues de ce que proposait la première génération. Sur des morceaux complexes mélangeant nappes synthétiques et percussions, chaque élément trouve sa place.
La scène sonore s’élargit également, offrant une écoute moins plus immersive. Le casque se montre polyvalent, à l’aise sur de la pop, du rock ou de l’electro. Notre seule petite réserve concerne la musique classique ou les morceaux orchestraux très denses où le casque manque encore un peu de dynamique pure pour retranscrire toute l’émotion des grands écarts de volume. Néanmoins, pour 249 euros, le contrat est rempli. Fairphone prouve enfin qu’un casque modulaire peut enfin être aussi un bon casque audio
Autonomie : promesse tenue et dépassée
L’un des avantages de ne pas bourrer son casque de capteurs ultra-complexes et de processeurs surpuissants, c’est la consommation énergétique. Fairphone annonce une autonomie de 30 heures.

Dans la pratique, le Fairbuds XL 2 fait mieux que les chiffres officiels. Lors de nos tests, avec la réduction de bruit active enclenchée en permanence et le volume réglé à 50 % environ, nous avons atteint près de 33 heures d’écoute avant de voir le casque s’éteindre. C’est un score très solide, qui vous permettra de tenir une bonne semaine de trajets quotidiens ou un vol long-courrier sans la moindre anxiété.

Et quand bien même la batterie finirait par faiblir après plusieurs années de bons et loyaux services, rappelez-vous : il s’agit d’une batterie démontable de 800 mAh, remplaçable en quelques secondes par l’utilisateur. Une caractéristique qui, à elle seule, offre au Fairbuds XL 2 une autonomie de vie potentiellement infinie par rapport à ses concurrents jetables.
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