Passer au contenu

Au revoir Google Chrome : 5 navigateurs Web européens pour naviguer souverain

Vous en avez marre d’utiliser un navigateur Web développé par Google, Microsoft ou Apple ? Remplacez Chrome, Edge et Safari par des navigateurs web européens ! Voici nos favoris.

Pour arriver jusqu’à cette page, environ 63 % d’entre vous ont utilisé Chrome, 17 % ont utilisé Safari, 6 % ont utilisé Edge et 6 % se sont servis de Firefox. Tous ces navigateurs ont un point en commun. Ils sont tous développés par des entreprises américaines : Google, Microsoft, Apple, et dans le cas un peu particulier de Firefox, la Fondation Mozilla.

Statcounter Browser Fr Monthly 202505 202605
© Statcounter

Firefox est en effet un peu à part, parce qu’il est développé par une Fondation à but non lucratif, dont le siège se trouve à San Francisco. Mais Mozilla, par l’intermédiaire de Firefox, a fait de la protection des données de ses utilisateurs, son argument principal. Soyons clairs, si vous ne deviez choisir qu’un seul des navigateurs précédemment nommés, c’est bien évidemment sur Firefox que vous devriez jeter votre dévolu.

Firefox, dont le code est ouvert, adopte une approche résolument orientée sur la confidentialité. Il propose une protection renforcée contre le pistage, bloque les cookies tiers, protège contre le fingerprinting (une technique permettant d’identifier un utilisateur sans l’utilisation des cookies), utiliser la technologie DNS-over-HTTPS par défaut, et embarque un système de conteneurs d’onglets, pour isoler certains sites du reste de la navigation. Par ailleurs, Firefox s’appuie sur son propre moteur de rendu, Gecko.

Le problème du moteur de rendu

Pour créer un navigateur Web, il faut un moteur de rendu. Et le problème principal, outre le coût que cela représente en matière de développement, c’est qu’il n’existe pour l’heure aucun moteur de rendu européen digne de ce nom.

Il en existe trois qui sont majoritairement utilisés par l’ensemble des navigateurs Web grand public que vous utilisez sur votre ordinateur ou votre smartphone : Blink (Google), Webkit (Apple), et Gecko (Mozilla).

S’il existe bien des navigateurs Web développés en Europe, vous n’en trouverez a priori aucun utilisant un moteur de rendu autre que ceux que nous venons de citer. À quelques exceptions près, sur Linux notamment. Ainsi, les navigateurs alternatifs que vous pouvez utiliser quotidiennement, utilisent, pour la grande majorité, soit le moteur de rendu de Google, Blink, soit le moteur de rendu de Mozilla, Gecko. C’est d’ailleurs aussi sur Chromium, la déclinaison open source de Chrome, ou sur Firefox, qu’ils sont généralement basés techniquement.

Quel navigateur Web européen pour remplacer Chrome, Edge et Safari ?

Trouver un navigateur Web développé en Europe, qui répondra à vos attentes et surtout, qui profite d’un suivi et de mises à jour de sécurité fréquentes n’est pas chose aisée. Nous en avons installé et testé plusieurs pour ne conserver que les plus intéressants. Voici notre sélection.

1. Vivaldi 🇳🇴

Vivaldi est un navigateur Web basé sur Chromium créé par l’entreprise Vivaldi Technologies située en Norvège, elle-même fondée par un certain Jon von Tetzchner, qui n’est autre que l’ancien co-fondateur d’Opera.

Présenté comme une alternative aux géants de la Tech Vivaldi a fait de la sécurité et de la personnalisation son cheval de bataille. La philosophie de Vivaldi s’architecture ainsi principalement autour de la protection de la vie privée. Le navigateur ne suit pas le comportement en ligne des utilisateurs, ne génère aucun profil, et ne revend pas non plus leurs données. Toutes les données de navigation restent locales ou sont chiffrées, explique ainsi Vivaldi Technologies. Pour pouvoir compter ses utilisateurs sans les pister, Vivaldi utilise un identifiant unique généré à l’installation du navigateur et qui n’est combiné à aucune autre donnée personnelle.

Contrairement aux navigateurs des géants américains, Vivaldi a pris le parti de ne pas intégrer de fonctionnalités liées à l’intelligence artificielle. L’entreprise qui développe Vivaldi est par ailleurs indépendante financièrement : elle appartient en effet à ses employés et ne dépend d’aucun investisseur externe.

Vivaldi
© 01net.com

Depuis son lancement en 2015, Vivaldi s’est bâti une solide réputation dans le monde de la navigation Web. Vivaldi a en effet le mérite d’intégrer nativement de nombreux outils, et cela afin d’éviter d’avoir à recourir à des extensions tierces, et propose de très nombreuses options de personnalisation. Parmi les fonctionnalités les plus pratiques du navigateur, on retient, par exemple, la possibilité de juxtaposer des onglets ou de les empiler sur deux niveaux, ou encore la possibilité de créer des espaces de travail pour mieux organiser les pages ouvertes.

Vivaldi embarque par ailleurs nativement un lecteur de flux RSS, un agenda ainsi qu’un client de messagerie électronique. Le navigateur intègre également un module de prise de notes synchronisable, un outil de capture d’écran, ou encore un module de traduction de pages respectueux de la vie privée.

Le navigateur possède aussi une solide réputation en matière de personnalisation. Vous pouvez en effet modifier l’emplacement de presque tous les boutons, barres et panneaux. Ajoutez à cela la possibilité d’appliquer des thèmes graphiques et des extensions (natives, ou issues du Chrome Web Store), et vous obtenez un navigateur répondant parfaitement aux besoins individuels précis de chacun.

Pour couronner le tout, Vivaldi dispose d’un VPN intégré, fourni par ProtonVPN, d’un bloqueur de publicités et de traqueurs, et d’un système de synchronisation chiffrée de bout en bout (hébergé sur des serveurs islandais), pour sauvegarder vos mots de passe, signets, notes, etc. Et, bonne nouvelle, le navigateur est disponible sur desktop (Windows, macOS et Linux), mais profite aussi d’une déclinaison mobile sur iOS et Android.

2. Mullvad Browser 🇸🇪

Mullvad Browser est un navigateur Web suédois conçu pour offrir un niveau de confidentialité équivalent à celui du navigateur Tor, mais optimisé pour une utilisation avec un VPN plutôt que par le réseau Tor. Il est d’ailleurs le fruit d’une collaboration entre Mullvad VPN et le Projet Tor. Gratuit et open source, il n’est disponible que sur desktop, sur Windows, macOS et Linux. Son objectif était de proposer aux utilisateurs de VPN un navigateur Web réduisant nativement le pistage et le profilage sans avoir à passer par les trois couches de relais du réseau Tor. À noter que Mullvad ne tire aucun revenu direct de son navigateur, mais uniquement de ses abonnements VPN.

Mullvad Browser
© 01net.com

L’une des forces principales de Mullvad Browser est donc d’avoir une forte résistance à l’empreinte numérique laissée par votre navigation et qui permet aux sites Web de vous identifier. Pour y arriver, Mullbad Browser s’appuie sur plusieurs techniques. Tout d’abord Mullvad pratique le « Letterboxing ». Concrètement, il ajoute des barres grises autour des sites Web pour masquer la taille réelle de votre fenêtre de navigation, ce qui empêche les sites Web d’identifier la résolution de votre écran.
Mullvad s’adonne également au spoofing des données matérielles. Il se charge en effet de les modifier, mais aussi de changer de fuseau horaire pour que tous les utilisateurs paraissent identiques. Le navigateur a également un système de protection contre le Canvas API. Il rend ainsi certains éléments flous pour empêcher l’extraction d’informations via la carte graphique de votre machine.

Le but de l’opération ? Faire que tous ses utilisateurs apparaissent comme un seul individu aux yeux des traqueurs. Par défaut, Mullvad Browser applique plusieurs protections strictes, notamment un mode navigation privée activé en permanence, un blocage par défaut des traqueurs (via uBlock Origin), et une isolation des cookies tiers dans des conteneurs spécifiques. Par ailleurs, le navigateur ne collecte ni ne renvoie aucune donnée d’utilisation ou de performance à quiconque.

À noter également que s’il embarque un gestionnaire de mots de passe et un système de synchronisation (ceux de Firefox, Mullvad étant en partie basé sur ce dernier), celui-ci est désactivé par défaut.

3. WaterFox 🇬🇧

WaterFox est un navigateur Web open source basé sur Firefox créé en 2011 au Royaume-Uni. Disponible sur Windows, macOS, Linux et Android (avec une prise en charge des extensions), il s’adresse aux utilisateurs exigeants qui recherchent un équilibre entre vie privée, personnalisation et contrôle, sans avoir à gérer manuellement des paramètres trop complexes.

Dès l’installation WaterFox applique des règles de protection de la vie privée très strictes. WaterFox utilise, par exemple un relais DNS « Oblivious HTTP » qui a pour objectif de masquer le contenu de vos requêtes en chiffrant celles-ci, mais aussi votre identité auprès du résolveur DNS. Il supprime par ailleurs toute forme de télémétrie ou d’analyses quant à votre navigation. Waterfox intègre également un système de gestion automatisé des bannières de cookies (en rejetant celles-ci lorsque c’est possible), impose l’utilisation du HTTPS, et désactive les appels vers Google Safe Browsing par défaut pour éviter les fuites de données.

Waterfox
© 01net.com

WaterFox propose également plusieurs fonctionnalités qui requièrent en principe l’installation d’extensions tierces sur d’autres navigateurs. Il propose ainsi, en option, un affichage des onglets vertical et sous forme d’arborescence, avec des onglets « enfants » pour vous permettre de mieux organiser vos recherches. Il est aussi possible d’ouvrir n’importe quel onglet en navigation privée, sans avoir à ouvrir une nouvelle fenêtre de navigation.

Par ailleurs, WaterFox permet de copier toutes les URL ouvertes en un seul clic, de décharger les onglets inactifs pour libérer de la mémoire, ou encore de redémarrer le navigateur en effectuant une purge du cache. Pour s’adapter à vos habitudes de travail, WaterFox propose une interface très flexible. Vous pouvez ainsi déplacer les barres d’onglets, de signet et d’état très facilement, appliquer différents thèmes graphiques prédéfinis, ou encore réaliser des modifications plus poussées en intervenant directement sur des fichiers de configuration.

4. Zen Browser 🇪🇸 

Zen Browser est un navigateur Web basé sur Firefox lancé en 2024 et disponible uniquement sur Desktop (Windows, macOS et Linux). Imaginé par Mauro Baladés, un étudiant espagnol, Zen Browser a pour objectif de proposer un équilibre entre design, performance et respect de la vie privée. Le projet est open source et est maintenu par de nombreux contributeurs basés majoritairement en Europe.

La principale particularité de Zen Browser est d’être conçu autour d’un système d’affichage d’onglets verticaux pour maximiser l’espace d’écran et améliorer la navigation. Il propose également un mode compact qui permet de masquer la barre d’onglet pour gagner encore plus de place à l’écran et permet d’organiser les onglets par projets au sein d’espaces de travail.

Parmi les fonctions clés de Zen Browser, on peut retenir que celui-ci permet d’afficher une vue scindée pour afficher plusieurs sites web côte à côte, ou encore une fonction nommée Zen Glance grâce à laquelle vous pouvez prévisualiser rapidement un site sans avoir à quitter la page active.

Zen Browser
© 01net.com

À noter également que le navigateur dispose d’une barre latérale détachable pour accéder rapidement à certains outils ou sites secondaires, et permet d’appliquer des thèmes graphiques créés par la communauté, téléchargeables depuis une boutique dédiée pour personnaliser l’interface du navigateur.

Enfin, Zen Browser intègre la synchronisation de Firefox, ce qui vous permettra de récupérer facilement vos mots de passe, mais aussi vos signets et votre historique de navigation, à condition évidemment que vous disposiez d’un compte Mozilla.

Seule ombre au tableau, pour l’heure Zen Browser est incapable de lire les contenus protégés par des DRM. Le navigateur ne possède en effet pas encore de licence Widevine qui lui permet de lire les contenus protégés sur des plates-formes comme Netflix, Amazon Prime Vidéo, Disney+, Spotify, Apple Music, etc.

5. Ecosia Browser 🇩🇪

Ecosia Browser est un navigateur Web basé sur Chromium dérivé du moteur de recherche du même nom. Fondé en Allemagne, il reprend la même philosophie que celle mise en avant par le moteur de recherche. Il reprend ainsi sa mission écologique directement dans l’expérience de navigation, visant à financer la plantation d’arbres grâce aux revenus publicitaires générés par les recherches de ses utilisateurs.

Ecosia
© 01net.com

Disponible sur Windows, macOS, Android et iOS, Ecosia met l’accent sur la protection des données de ses utilisateurs. Les recherches sont lancées nativement dans le moteur de recherche éponyme, avec la même rigueur dans le respect de la vie privée.
Il permet également de suivre votre impact sur l’environnement en tant qu’utilisateur, et donne accès à des fonctions alimentées par « l’IA la plus écolo du monde ».

Ecosia Browser utilise en effet une IA propulsée par des énergies vertes et qui s’appuie sur des modèles plus petits et plus rapides. Le navigateur embarque par ailleurs un système de protection visant à bloquer les traqueurs et les cookies, met à disposition un économiseur de mémoire, et peut également précharger certaines pages Web pour les afficher plus rapidement. À noter qu’il embarque aussi un économiseur d’énergie censée vous aider à prolonger l’autonomie de votre PC.

👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.