Comme tous les géants de la technologie, Apple fait face à un problème inédit. Le géant de Cupertino croule actuellement sous les signalements relatifs à des failles de sécurité. En ce moment, les signalements de vulnérabilités arrivent bien plus vite que les équipes d’Apple ne peuvent les vérifier, les traiter et les corriger. C’est évidemment l’essor de l’IA générative qui est responsable de l’explosion des découvertes de bugs. Armés d’outils d’IA, les chercheurs débusquent des failles à tour de bras. Chaque rapport doit encore être validé manuellement par un chercheur humain, même si Apple utilise désormais elle-même l’IA pour aider à trier les signalements.
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Apple serre la vis sur les rapports de failles
Face à cet afflux débordant, Apple a été contraint de prendre une série de mesures, rapporte le Financial Times. Tout d’abord, l’entreprise californienne a décidé de mettre en place un plafond de soumissions. Apple a commencé par limiter le nombre de rapports de sécurité que l’on peut déposer. Concrètement, une fois qu’un chercheur atteint le plafond défini, il ne peut plus soumettre de nouveaux signalements jusqu’à ce que ses rapports en cours soient examinés. La mesure doit éviter l’accumulation de signalements non traités.
En complément, Apple a aussi instauré une période d’attente obligatoire entre deux vagues de soumissions pour un même chercheur. Une fois le quota atteint, il ne peut tout simplement plus rien soumettre de nouveau pendant 30 jours, ce qui laisse un peu de répit aux équipes d’Apple.
« Face au volume croissant de rapports de sécurité générés par l’IA dans l’ensemble du secteur, nous avons récemment ajusté le nombre de nouveaux rapports qu’un chercheur peut avoir ouverts simultanément. Les chercheurs peuvent facilement demander à tout moment une augmentation de cette limite afin de garantir que les rapports critiques parviennent à nos équipes de sécurité », confirme Apple.
Plus de 50 failles potentielles dans macOS
La société italienne Bynario en offre un exemple frappant de l’explosion des signalements de failles à cause de l’IA. En trois semaines seulement, elle a identifié plus de 50 failles potentielles dans macOS grâce à ChatGPT. Parmi les failles débusquées, les chercheurs ont trouvé une défaillance qui aurait pu donner à un attaquant le contrôle total d’un Mac. L’entreprise s’est retrouvée temporairement incapable de déposer de nouveaux rapports à destination d’Apple.
« Le secteur traverse une période très difficile. Les prestataires de maintenance et les fournisseurs sont submergés par le nombre considérable de bugs découverts », explique Alfredo Pesoli, PDG et cofondateur de Bynario, au média.
Interrogé par le Financial Times, Apple pointe du doigt des rapports qui sont parfois de mauvaise qualité. En miroir de Linus Torvalds, le créateur de Linux, Apple estime que trop de signalements décrivent des risques purement théoriques, voire totalement inventés par les modèles d’IA. Il est parfois difficile de dénicher, parmi l’océan de signalements exagérés, des vulnérabilités bien réelles nécessitant un correctif urgent. En interne, Apple aurait même baptisé ce flot de rapports de piètre qualité de l’« AI slop », c’est-à-dire du contenu produit par IA sans réelle valeur.
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Le double impact de l’IA sur la traque de failles
Ruff Pilling, directeur du renseignement chez Sophos, abonde dans le même sens qu’Apple et estime que l’IA a deux effets majeurs sur la découverte de failles. L’IA facilite les signalements spéculatifs de la part de chercheurs amateurs, mais elle aide aussi les experts chevronnés à repérer des failles sérieuses plus rapidement qu’auparavant. Le bilan est à la fois positif et négatif. Pour inciter les chercheurs sérieux à continuer leur travail malgré les nouvelles restrictions, Apple a revu à la hausse son programme de primes. La récompense maximale pour les failles les plus critiques dépasse désormais les 5 millions de dollars.
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Source : Financial Times

