Martin Scorsese s’est officiellement associé avec la startup Black Forest Labs pour promouvoir un outil d’intelligence artificielle destiné à prévisualiser les scènes d’un film. Mais cette collaboration ne passe pas auprès des syndicats hollywoodiens et de certains fans du réalisateur qui a auparavant fustigé les films de superhéros et les plateformes de streaming. Après Darren Aronofsky (Black Swan) et sa série entièrement générée par l’IA, c’est maintenant au tour de Martin Scorsese d’être sous les feux des critiques pour avoir promu l’intelligence artificielle dans le cinéma.
Martin Scorsese fait la promotion d’un outil d’intelligence artificielle
Martin Scorsese (Taxi Driver, Les Affranchis, Shutter Island) est devenu officiellement le partenaire et conseiller de la startup allemande Black Forest Labs. Cette dernière a développé un outil d’intelligence artificielle destiné à prévisualiser les scènes d’un film et donc à transformer une idée abstraite en une représentation visuelle. Dans une vidéo publiée sur YouTube, le réalisateur du Loup de Wall Street en fait même la promotion et l’éloge. Il explique : « Le cinéma est un média jeune, et nous devons rester ouverts à la façon dont il peut évoluer. Avec cet outil, je peux partager ce que j’ai en tête de manière plus claire et efficace avec mon équipe créative, le chef décorateur, le directeur artistique et le directeur de la photographie, afin qu’ils s’appuient dessus pour enrichir l’intelligence cinématographique ».
La solution développée par Black Forest Labs viendrait donc grandement faciliter les phases de storyboarding et de préproduction. Quelques prompts bien calibrés permettraient d’aider les équipes de tournage, comme l’explique Martin Scorsese en évoquant la conception d’un plan-séquence complexe : « Vous pouvez trouver la solution beaucoup, beaucoup plus rapidement, ce qui permet de gagner du temps de production et aussi de réduire la fatigue et l’épuisement de l’équipe ».
Une collaboration qui ne passe pas
L’Art Directors Guild, soit le syndicat des directeurs artistiques d’Hollywood, estime que « Le réalisateur oscarisé Martin Scorsese tourne le dos aux artistes humains qui, tout au long de sa carrière, l’ont aidé à créer ses œuvres les plus mémorables », tout en rappelant que l’intelligence artificielle pille des œuvres, sans crédit ni contrepartie financière pour les artistes, afin de générer des images. Pour le syndicat, il est tout simplement question d’une « trahison de la nature collaborative du cinéma ». Le syndicat Local 800, qui représente les directeurs artistiques, illustrateurs, scénographes et décorateurs de l’industrie, y voit quant à lui un affront direct au travail des professionnels de l’ombre. Par ailleurs, il suffit de parcourir la section des commentaires de la vidéo ci-dessus pour constater que cette collaboration ne passe pas.
Alors certes, cet outil peut se montrer pratique, mais il remplace aussi une importante partie du processus créatif, sans parler des innombrables postes qu’il menace inévitablement. Comme souvent avec l’IA, l’argument de la praticité vient occulter de véritables enjeux. Quoi qu’il en soit, cette collaboration avec une startup spécialisée dans l’IA est clairement étonnante de la part du réalisateur de Hugo Cabret (2011), un film qui célèbre la dimension artisanale et magique, au sens propre du terme, du cinéma.
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Source : X

