Le stockage d’un smartphone, on n’y pense que le jour où il sature. C’est pourtant devenu l’un des composants les plus stratégiques de la course à l’IA embarquée, et Samsung vient d’y planter un nouveau jalon. Le fabricant coréen a présenté l’UFS 5.0, première puce du marché à exploiter la dernière norme de l’organisme JEDEC, avec des débits qui doublent ceux de la génération actuelle.
L’UFS 5.0 en quelques chiffres
Deux chiffres résument l’affaire : 10,8 Go/s en lecture, 9,5 Go/s en écriture, soit plus du double de l’UFS 4.1 d’aujourd’hui. En clair, des applications qui s’ouvrent plus vite, des fichiers volumineux copiés en un éclair, et surtout des modèles d’IA qui se chargent sans temps mort. Samsung annonce aussi une efficacité énergétique améliorée de plus de 40 %, grâce à des techniques de gestion fine de l’alimentation. Moins d’énergie pour transférer la même quantité de données, cela revient à une batterie qui tient plus longtemps (le genre d’argument qui parle à tout le monde). La puce est en prime 16,7 % plus compacte, de quoi libérer de la place pour, justement, une plus grosse batterie.
La production de masse démarrera au quatrième trimestre 2026, dans des capacités allant jusqu’à 1 To. Les premiers à en profiter seront probablement les Galaxy S27, attendus début 2027. Le prochain processeur haut de gamme de Qualcomm serait d’ailleurs déjà compatible, à en croire les premières fuites. Au-delà des smartphones, Samsung vise aussi les casques de réalité étendue, les montres connectées et les ordinateurs portables, partout où l’IA en local gagne du terrain.
Pourquoi cette course au stockage maintenant ?
Derrière cette surenchère de débits se cache un basculement de fond. L’IA générative quitte peu à peu les datacenters pour s’installer directement sur les appareils. Un smartphone moderne n’est plus un simple coffre à photos : il doit charger et exécuter en local des modèles de langage de plusieurs gigaoctets. Or un modèle, ça se lit depuis le stockage avant de tourner. Si la mémoire traîne, l’assistant bafouille. La vitesse de l’UFS devient donc un facteur direct de fluidité pour la traduction en temps réel, la génération d’images ou le traitement photo avancé. Pour Jangseok Choi, responsable de la planification mémoire chez Samsung, le stockage est désormais « un facteur clé qui définit les expériences d’IA ».
Reste un détail que Samsung n’a pas mis en avant : tout cela ne servira à rien sans applications taillées pour en tirer parti, ni sans la débauche d’IA locale promise par les constructeurs. Mais pour une fois, la promesse d’un téléphone à la fois plus rapide et plus endurant ne relève pas du gadget. Encore faudra-t-il, comme toujours, accepter de passer à la caisse pour s’offrir le tout dernier flagship.
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Source : Samsung

