Il est difficile de déterminer précisément le nombre de satellites actuellement en orbite. Le site spécialisé CelesTrak l’estime toutefois à environ 17 000, dont près de 11 000 déployés par SpaceX. Ce chiffre de 17 000 satellites déployés en orbite est conséquent, mais c’est le futur qui s’annonce inquiétant avec une course effrénée au déploiement de constellations de satellites. Amazon compte en déployer 8 000 au cours de ces prochaines années et plusieurs constellations chinoises sont en cours de préparation.
À cela s’ajoutent les projets de centres de données orbitaux ou encore les satellites équipés de miroirs qui pourraient bouleverser le ciel au nom de l’énergie solaire. La situation a de quoi inquiéter. Justement, l’Agence spatiale européenne (ESA) a publié son rapport annuel sur l’environnement spatial. Ce rapport alerte sur l’encombrement croissant de l’orbite terrestre et les risques de collision entre objets, qui pourraient avoir des conséquences jusque sur Terre.
Le nombre d’objets en orbite risque d’exploser au cours de ce siècle
Sur le graphique présenté ci-dessous, nous pouvons voir que l’Agence spatiale européenne estime que le nombre d’objets de plus de 10 cm en orbite passera de 100 000 en 2060 à plus de 400 000 en 2120. Nous pouvons également constater que les prédictions de L’ESA effectuées en 2026 sont bien plus alarmistes que celles effectuer lors des années précédentes. La raison est simple : le nombre d’objets présents en orbite basse pourrait augmenter beaucoup plus rapidement que prévu.

Ce graphique nous amène directement au syndrome de Kessler, soit le risque accru de collisions en orbite. Une collision génère de nouveaux débris, qui peuvent à leur tour provoquer d’autres collisions.
Un risque croissant de collisions catastrophiques
La logique est simple : plus les objets en orbites sont nombreux, plus les risques de collision augmentent, et avec eux, le risque de réaction en chaîne. Justement, l’ESA a partagé un autre graphique qui présente quant à lui le nombre cumulé de collisions catastrophiques entre objets spatiaux de 2026 à 2125. La courbe rouge représente une situation où les lancements spatiaux continuent au rythme actuel. Et comme l’explique l’Agence spatiale européenne : « les taux de collision augmentent de façon exponentielle ». À noter que l’ESA n’a pas intégré dans ce graphique les projets de centres de données orbitaux, car ceux-ci sont « encore en préparation » de lancement.

Vous l’aurez compris, entre la pollution du ciel, les potentiels incidents dans l’espace et les risques de retombées de débris sur Terre, ces prédictions de l’ESA n’ont rien de rassurant. Il reste à espérer une certaine responsabilité de la part des entreprises qui déploient des constellations de satellites. SpaceX, par exemple, désorbite ses satellites défaillants pour qu’ils se désintègrent dans l’atmosphère. Quoi qu’il en soit, la course au déploiement de constellations de satellites devrait bel et bien avoir lieu. Reste à savoir quel encadrement et quelles responsabilités accompagneront cette course.
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Source : Agence spatiale européenne

