Rien ne laissait présager que ces deux amis de 26 et 33 ans finiraient à la barre d’un tribunal. Parfaitement insérés professionnellement, l’un occupant un poste de chargé de clientèle à la Banque postale et l’autre travaillant comme informaticien pour la ville d’Arras, ils affichaient un casier judiciaire vierge. Leur basculement dans la délinquance numérique a débuté par l’achat d’un simple accès IPTV pirate en 2023 pour regarder des séries inaccessibles sur les plateformes traditionnelles. Rapidement, le plus jeune a flairé l’opportunité financière et s’est mué en revendeur au début de l’année 2024.
L’affaire reposait sur une mécanique rodée. Le duo achetait des codes illégaux à 50 euros avant de les revendre entre 80 et 100 euros à ses propres clients. En utilisant le compte d’un ami sur le réseau social X pour faire la promotion de leurs services illicites, les deux complices ont généré un chiffre d’affaires estimé à 34 000 euros sur la seule année 2024. Lors de l’audience, le principal accusé a tenté d’expliquer cet engrenage face aux juges :
« Je me suis laissé emporter, j’aurais dû arrêter mais les clients revenaient et me relançaient. »
Une traque orchestrée par la Ligue de football professionnel
Leur commerce souterrain a brutalement pris fin le 17 juin 2025 avec l’intervention de la Ligue de football professionnel. L’instance sportive a en effet mandaté un détective privé qui s’est fait passer pour un client potentiel sur les réseaux sociaux et la messagerie Telegram afin de piéger les fraudeurs. Le préjudice pour le secteur est immense, l’avocat de la partie civile fustigeant un grand public qui minimise la gravité de ce trafic sous prétexte qu’il serait purement immatériel. Il a d’ailleurs rappelé que le piratage engendre un manque à gagner annuel de 1,5 milliard d’euros en France, menaçant directement la survie économique du championnat national et de ses diffuseurs.
Le tribunal a prononcé une peine d’un an de prison avec sursis assortie d’une amende de 15 000 euros, dont 10 000 avec sursis. La justice a également ordonné la saisie de leurs deux comptes bancaires totalisant 17 000 euros. Fait notable, cette condamnation ne sera pas inscrite à leur casier judiciaire afin de ne pas compromettre leurs emplois respectifs. Cette décision s’inscrit dans un durcissement global de la répression, quelques semaines après la condamnation inédite de 19 simples utilisateurs de ces services à des amendes allant jusqu’à 400 euros. Les deux revendeurs n’en ont d’ailleurs pas totalement terminé avec la justice puisque les demandes d’indemnisation de la Ligue, qui réclame 100 000 euros, seront examinées lors d’une audience civile fixée au 27 novembre prochain.
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Source : La Voix du Nord

