Dans le cadre des investigations relatives à l’explosion des cyberattaques en France, les autorités françaises se sont penchées sur les outils utilisés par un hacker résidant dans l’Hexagone. Selon les informations obtenues par nos confrères du Parisien, le pirate exploite exclusivement des outils fabriqués par des tiers. En analysant ses méthodes et ses outils, ils réalisent que les logiciels utilisés proviennent d’une société étrangère, dirigée depuis la Grèce.
Les forces de l’ordre ont alors tout mis en œuvre pour remonter jusqu’à l’identité de la personne à l’origine des logiciels. Il y a six mois, les autorités localisent leur cible, un certain Sotiraq K. L’homme de 39 ans réside dans un appartement dans le centre d’Athènes. Avec l’appui de la police grecque, le développeur a été interpellé et placé en détention provisoire à Athènes. Lors des perquisitions à l’appartement de Sotiraq K., du matériel informatique est saisi. La police trouve notamment des clés Ledger contenant des cryptomonnaies.
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Deux millions d’euros de bénéfices
Selon les enquêteurs, le développeur a commencé ses activités en 2021. Il s’est alors mis à commercialiser des logiciels malveillants baptisés « Venum » sur des marchés noirs. Vendus à des hackers, ces outils pour pénétrer des systèmes informatiques protégés. Exploités dans le monde entier, les outils ont notamment été ajoutés à l’arsenal de plusieurs criminels français. Ceux-ci s’en sont servis pour s’attaquer à des organismes publics.
En quatre ans, le développeur, d’origine albanaise, a gagné énormément d’argent depuis la Grèce. Le parquet national spécialisé dans la cybercriminalité estime que le suspect aurait accumulé environ deux millions d’euros, essentiellement en cryptomonnaies. C’est « quelqu’un qui a été identifié par plusieurs éléments techniques
», explique le procureur en charge de l’affaire.
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Détenu en France, il adopte une défense inattendue
Six mois après son arrestation, le pirate a finalement été extradé vers la France. Les magistrats français ont obtenu le feu vert des autorités grecques il y a quelques jours. Le 13 mai 2026, Sotiraq K. a été transporté à Paris et placé en garde à vue. Il a été mis en examen pour introduction frauduleuse dans des systèmes automatisés de données et extractions illicites. Entendu par la juge d’instruction, il affirme travailler pour une société de maintenance de sites web et n’avoir contribué aux logiciels incriminés qu’en tant que graphiste. Il prétend que son intervention s’est en effet limitée à l’aspect graphique des logiciels de piratage.
« Je travaille pour une société qui fait de la maintenance de site. J’ai juste amélioré le design, ce n’est pas difficile à vérifier », clame Sotiraq K., qui est toujours présumé innocent.
Du côté du ministère public, on ne se cache pas de ne rien comprendre aux justifications avancées par le suspect. Le magistrat en charge de l’affaire assure qu’on « est face à quelqu’un qui a vendu de nouvelles techniques de piratage informatique ».
« On ne comprend absolument rien à ces explications, comme quoi il aurait été graphiste… Graphiste de quoi ? Ça doit être extrêmement mystérieux », explique le magistrat au média.
Une enquête qui ne fait que commencer
L’enquête ne s’arrête pas à Sotiraq K. L’objectif des autorités est désormais de remonter jusqu’aux hackers qui ont acheté et utilisé ses outils. Les acheteurs sont décrits comme des hackers expérimentés, capables d’investir des sommes très importantes pour accéder à des outils efficaces qui vont leur permettre de mener leurs attaques à bien. Les pirates disposent donc d’un sacré budget.
L’arrestation de Sotiraq K. s’inscrit dans le cadre de la guerre de la France contre les cybercriminels. Il y a quelques semaines, les forces de l’ordre ont interpellé un jeune homme de 21 ans, suivi d’un adolescent de seulement 15 ans. En parallèle, la France a dévoilé un ambitieux plan de contre-attaque, qui repose notamment sur un investissement d’urgence de 200 millions d’euros.
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Source : Le Parisien

