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Semi-conducteurs : la Corée du Sud dévoile un plan d’investissement décennal à 373 milliards d’euros

En échange d’allègement de taxes, d’infrastructures ou de faibles taux d’intérêts, plus de 150 entreprises coréennes s’alignent sur l’objectif gouvernemental de domination technologique. Et investiront collectivement au moins 373 milliards d’euros sur dix ans.

Dans la course à la domination technologique dans les semi-conducteurs, la Corée du Sud fait bloc et sort l’artillerie lourde. Un grand plan gouvernemental public/privé vient d’être dévoilé et les chiffres donnent le tournis : 153 entreprises, avec en fer de lance Samsung et SK Hynix, se sont engagées à dépenser 373 milliards d’euros sur dix ans pour assurer la domination technologique du pays.

En échange d’allègement d’impôts, d’emprunts à faibles taux d’intérêts, de régulations allégées ou encore d’investissement d’état dans les infrastructures, tous les maillons de la chaîne des semi-conducteurs du pays du matin calme se mettent en ordre de bataille. Face aux dizaines de milliards de dollars des champions taïwanais (TSMC) et américain (Intel), tout le pays fait bloc derrière le gouvernement.

« Les principaux concurrents internationaux ont mis la pression avec des investissements massifs […] », a déclaré le président sud-coréen Jae-in Moon lors du dévoilement du plan. Un discours qui a eu lieu pendant la visite de la future usine de Samsung à Pyeongtek, la plus avancée en matière de fabrication de semi-conducteurs (5 nm EUV).

Limiter la dépendance à la mémoire

Si la Corée du Sud est le champion mondial de la mémoire, vive (RAM) comme morte (ROM), le pays est éclipsé par Taïwan et les USA en matière de puces logiques (CPU, GPU, etc.). Tant dans les domaines de la conception et de la propriété intellectuelle que de la production. Dans ce dernier domaine, Samsung, le mastodonte national, a fini par se faire distancer par son concurrent taïwanais TSMC, qui accapare les machines et savoir-faire en matière de production de dernière génération en ultra-violets extrêmes (EUV, <5nm).

Le but affiché est notamment de sortir de la dépendance massive à la mémoire pour se tourner vers le développement de puces qui ont une plus grande valeur ajoutée.

Le chaebol Samsung sera le plus gros investisseur de ce plan d’investissement puisqu’il est responsable de 125 milliards d’euros sur les 373 milliards totaux. Une hausse de 30% par rapport au plan décennal initial annoncé l’an dernier.

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Déclarant les semi-conducteurs comme un produit aussi essentiel que le riz, le gouvernement coréen les a aussi comparés à « une arme stratégique ».  Et compte constituer une « ceinture K » qui s’étendrait au sud de Séoul, entièrement dédiée au développement et à la production de composants.

Il reste à voir la réplique américaine d’un côté, puisque le président Biden a dévoilé un plan et que l’industrie locale se met en branle. Mais aussi celui de la Chine, qui vise à s’émanciper de certains fournisseurs effectivement utilisés comme « armes » pour la ralentir dans sa course.

Sources : Bloomberg et Koera JoongAng Daily

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