Samsung a levé le voile sur une nouvelle famille de smartphones pliants. La surprise cette année, c’est l’arrivée d’un nouveau modèle qui inaugure un format original. Ce form factor, que Samsung n’a pas inventé au passage, c’est le format « Passeport », une sorte de compromis entre le classique Fold et le très compact Flip.
Sur le papier, le nouveau Galaxy Z Fold 8 réunit le meilleur des deux mondes. Et dans les faits ? Après un petit moment passé avec le smartphone pliant au format passeport, j’en suis convaincu : Samsung a peut-être réussi à trouver comment convaincre les sceptiques du pliant, moi le premier.

Une prise en main à part
C’est une chose de connaître les dimensions d’un smartphone (123,9 mm x 161,4 mm x 4,5 mm lorsqu’il est ouvert, 123,9 mm x 81,9 mm x 9,7 mm fermé) et son poids (201 g), merci les rumeurs. C’en est une autre de l’avoir entre les mains. C’est en touchant le Z Fold 8 et en jouant avec qu’on se rend compte de sa compacité et de sa légèreté. Il ne fait que 20 g de plus qu’un Z Flip tout en étant nettement plus imposant une fois déplié.

Cet écran en façade est pour le moins surprenant et renvoie quelques années en arrière avec sa diagonale de 5,5 pouces. La dernière fois que j’ai eu à tester une telle diagonale, c’était avec l’iPhone 8 Plus, une autre époque. Pourtant, cette petite diagonale n’enlève rien au charme du Z Fold 8. Il faudra un peu de temps pour se faire au format 10:16 et à cette prise en main quelque peu inhabituelle, mais une chose devrait nous aider : le fait de déplier le smartphone.

Samsung explique avoir opéré un léger changement sur les bordures de ses pliants en bombant légèrement les extrémités. C’est très discret, mais ça fait une différence qui n’est pas neutre dans la mesure où cette opération de plier/déplier, on va la faire quelques fois.

Plié, le Z Fold 8 tombe bien dans la main, il se manipule facilement et reste très agréable au toucher, ça compte, tout en gardant une touche d’originalité par son format et par son coloris, le « Techno violet » sur ce premier modèle de test.
Toujours moins de pliure
Déplié, l’écran du Z Fold 8 s’étale sur 7,6 pouces. C’est évidemment moins qu’un Z Fold 8 Ultra (8 pouces), mais c’est surtout au format 4:3, ce qui se traduit par une bien meilleure expérience de lecture vidéo, que ce soit sur YouTube ou sur une plateforme de streaming de type Netflix ou Amazon Prime.

Ce bénéfice du format « passeport », je l’avais anticipé bien sûr. Il était théorique et il s’est vérifié dès le premier lancement de YouTube. Ce que je n’avais pas imaginé en revanche, c’est l’intérêt de ce format en utilisant le smartphone au format portrait, en 3:4. Dans cette configuration, le Z Fold 8 s’apparente presque à une liseuse. La consultation de sites web ou le visionnage de photos en ressort magnifié.
Là encore, il n’y aurait pas d’effets waouh sans un excellent écran. Il faudra attendre le test du 01lab pour le certifier, mais à première vue l’affichage AMOLED, 120 Hz avec une luminosité maximale de 3 000 nits du Z Fold 8 est à la hauteur de ses prédécesseurs. Mais il y a un petit truc en plus et bien évidemment il se situe au niveau de la charnière et du pli.

L’une des raisons qui font que je me suis toujours tenu éloigné des smartphones pliants, c’est ce pli impossible à faire disparaitre complètement. Presque invisible lorsqu’on les regarde de face, il réapparait dès qu’on a le malheur d’incliner son smartphone ou de le regarder de côté. Sur ce point, le Galaxy Z Fold 7 avait déjà fait des progrès considérables. Et son successeur ? Alors, non, le Z Fold 8 ne fait pas disparaitre la pliure, mais il la réduit encore d’un cran. Comment ? Grâce à une nouvelle technologie dite « Flex Titanium ».

Ce procédé consiste à ajouter deux nouveaux panneaux entre le verre et la dalle OLED. Le premier est un film en alliage de titane. Le second, une plaque de titane. Leur but : renforcer davantage encore l’écran au niveau de la charnière et réduire le pli encore un peu plus. C’est plutôt réussi, même si en matière d’effacement de la pliure certains acteurs chinois font encore mieux. Petit bémol également concernant l’absence de filtre de confidentialité, la grande nouveauté des S26 Ultra cette année.
Photo : une première déception
Format pliant oblige, plus compact que le Fold traditionnel, qui plus est, on n’attendait pas grand-chose du Z Fold 8 au niveau de la photo. Et pourtant il y a quand même de quoi être déçu.
Samsung s’est contenté du strict minimum :
- un capteur grand-angle de 50 Mpx
- un capteur ultra grand-angle de 50 Mpx
Le capteur interne, celui qui sert aux selfies, est le même que sur le Z Fold 8 Ultra et affiche 10 Mpx.

Les ingénieurs de Samsung sont formels : en l’état, il est impossible d’intégrer un téléobjectif sur un smartphone pliant, tout en gardant sa finesse. C’est un point qui peut s’entendre, mais dès lors pourquoi refuser au Z Fold 8 le même capteur principal de 200 Mpx dont dispose la version Ultra ? La seule justification valable aurait pu être la volonté de Samsung de maintenir un prix contenu, mais, spoiler alert, on est très loin de la définition de contenu avec le tarif du pliant au format passeport.
Une batterie rassurante
Il faudra bien sûr attendre le test en bonne et due forme de ce Z Fold 8, mais au moins sur le papier, la batterie de 4 800 mAh en silicium-carbone a de quoi nous rassurer. Mais c’est surtout de la recharge qu’est venue la bonne nouvelle.
Samsung abandonne enfin sa limitation à 25 W. Le Z Fold 8 se recharge à 45 W en filaire et 20 W en sans fil. L’une des faiblesses historiques des smartphones pliants de Samsung tombe et c’est heureux. Là encore, les tests du 01lab diront s’il faut se satisfaire ou non de ces annonces et si c’est assez pour un usage intensif.
Android 16 et One UI 9 : duo gagnant
Voilà quelques années maintenant qu’Android et One UI, dans le cas de Samsung, se sont adaptés aux spécificités des smartphones pliants. Avec le Z Fold 8, les nouveautés logicielles sont assez rares et nous n’avons pu découvrir qu’en surface.

Nous reviendrons donc plus en détail dans le test complet du Z Fold 8 sur la fonction de recadrage dynamique qui permet, comme son nom l’indique, de recadrer une vidéo sur un sujet après son enregistrement. Il en va de même pour les quelques options de retouche photo qui sont intégrées à la suite Galaxy AI.

Une chose est certaine, c’est que Samsung croit tellement en son nouveau produit qu’il a développé en partenariat avec Google une nouvelle version de Smart Switch, son application permettant de transférer les données des utilisateurs venant d’un iPhone. Le Galaxy Z Fold 8 sera-t-il un smartphone de conquête ? Peut-être, mais à condition d’accepter d’en payer le prix. C’est l’autre critique majeure après notre première prise en main du nouveau smartphone pliant.
Un prix prohibitif
On l’attendait autour des 1500 euros, un peu plus cher qu’un Flip qui démarre à 1 299 euros, mais tout de même moins cher que le Fold traditionnel qui navigue au-dessus des 2 000 euros.
Certains avançaient même l’idée que, compte tenu de la crise des composants et de la nouveauté, le tarif pourrait grimper à 1 700 euros. Au final, tout le monde est loin de la réalité, car dans sa version la moins chère en 256 Go et 12 Go de RAM, le Z Fold 8 frise les 2 000 euros, 1999 euros précisément. C’est un petit coup de massue.

Les versions supérieures dépassent allègrement le seuil des 2 000 euros, à 2 199 euros pour le modèle à 512 Go et 12 Go de RAM et même 2 399 euros pour la finition 1 To et 16 Go de RAM.
C’est un tarif particulièrement salé, et l’ajout d’une « Mystery Box » en guise de cadeau de bienvenue pour les premiers acheteurs n’y fera rien. Le pliant au format passeport est presque aussi cher que le Z Fold 8 Ultra et potentiellement un sacré frein à son immense potentiel de séduction.
Mais alors pourquoi le Z Fold 8 me fait-il encore de l’œil ?
Malgré ce tarif pour le moins piquant et une partition photo indigne d’un smartphone à 2 000 euros, le Z Fold 8 continue de piquer mon intérêt. Et la raison est finalement assez simple.
C’est le smartphone qui semble enfin apporter une réponse concrète à une proposition qui était, selon moi, assez théorique.

La promesse d’un Fold, jusqu’ici, c’était d’être à la fois un smartphone classique et une machine ultime pour la productivité. Et si cette assertion se vérifie quotidiennement pour des milliers d’utilisateurs, dans mon cas, elle n’a jamais dépassé la dizaine de jours que me demandait le test d’un smartphone pliant. Au-delà, sans devenir une contrainte, le fait de devoir ouvrir et fermer son smartphone était, dans le meilleur des cas, une perte de temps.

Ma surprise, c’est qu’avec ce Z Fold 8, je me suis imaginé avoir envie de l’utiliser un peu plus longtemps que le temps d’un test. Parce que son format d’écran colle enfin à mes usages, qu’il garde ses capacités en matière de productivité et surtout parce qu’il n’apparait plus comme une contrainte en termes d’utilisation quotidienne. J’ai aimé manipuler ce Z Fold 8, le plier, le tourner dans tous les sens, le ranger dans ma poche et surtout l’ouvrir pour me prendre dans la figure une bonne dose de vidéo.
Est-ce que je saurai me satisfaire de sa faiblesse relative en photo ? Est-ce que cette première rencontre séduisante peut durer un peu plus que quelques jours ? Réponse dans le test.
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