Cette étape marque un tournant décisif dans un feuilleton qui dure depuis plusieurs mois. En octobre 2025, les trois opérateurs avaient déjà déposé une première offre conjointe à 17 milliards d’euros, immédiatement rejetée par Altice France. Après la reprise des négociations en janvier 2026 et une due diligence menée par près de 200 experts, une nouvelle offre se dessinait depuis plusieurs semaines. Patrick Drahi réclamait au minimum 23,6 milliards d’euros et le consortium a finalement tranché à 20,35 milliards. Un compromis qui a suffi à ouvrir la porte des négociations exclusives.
Cette annonce est tombée le 17 avril 2026, à la suite d’un processus de due diligence approfondi. Le groupe Altice France a accordé une période d’exclusivité au consortium jusqu’au 15 mai prochain pour finaliser les termes et la documentation juridique de la transaction. L’accord prévoit l’acquisition de la majeure partie des activités de la marque au carré rouge, tout en excluant volontairement certaines filiales : XP Fibre, UltraEdge, ACS/Intelcia, Altice Technical Services, ainsi que les activités situées dans les départements et régions d’outre-mer.
Un démantèlement savamment orchestré
Pour convaincre les autorités de régulation, les repreneurs ont imaginé un partage extrêmement précis de l’entreprise. Bouygues Telecom récupérerait l’intégralité du portefeuille des clients professionnels (B2B) ainsi que le réseau mobile situé dans les zones non denses. La clientèle des particuliers (B2C) serait quant à elle répartie entre les trois acquéreurs. Les infrastructures et les fréquences nationales feraient également l’objet d’un partage minutieux entre les trois opérateurs.
Sur le plan financier, Bouygues Telecom assumerait 42 % du rachat, suivi par le groupe de Xavier Niel avec 31 %, tandis qu’Orange financerait les 27 % restants. Pour les millions d’abonnés SFR concernés, rien ne changera dans l’immédiat. En effet, le démantèlement effectif ne pourrait intervenir qu’à l’issue d’un long processus réglementaire.
Les promesses industrielles du consortium
Les trois opérateurs justifient cette manœuvre inédite par la nécessité de consolider les infrastructures stratégiques du pays face aux défis technologiques mondiaux. Ils promettent de renforcer massivement les investissements dans le déploiement du très haut débit, la cybersécurité et l’intelligence artificielle, tout en garantissant une continuité de service pour les abonnés actuels. Dans leur communiqué officiel commun, Bouygues Télécom, Free et Orange expliquent :
« Cette opération, socialement responsable, permettrait de pérenniser et renforcer l’ensemble du secteur de l’économie numérique et des télécommunications en France. »
La route est toutefois encore longue avant la disparition définitive de la marque SFR. Le projet doit obligatoirement passer par l’étape de la consultation des instances représentatives du personnel. Surtout, cette entente spectaculaire devra obtenir le feu vert des autorités de la concurrence, qui scruteront à la loupe ce passage de quatre à trois opérateurs sur le marché français. Le communiqué des trois groupes le rappelle d’ailleurs explicitement : aucune certitude n’existe à ce stade quant à la réalisation effective de l’opération.
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