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Qualcomm et Niantic s’allient pour initier la révolution des lunettes de réalité augmentée

Deux géants, l’un des composants et l’autre de l’AR ludique, à qui on doit notamment Pokémon Go, ont annoncé qu’ils vont collaborer pour développer un casque de réalité augmentée de référence. Ils espèrent ainsi enclencher les débuts de la révolution AR.

Niantic a fait courir le monde après des bestioles virtuelles dans Pokémon Go, et fait goûter du même coup des millions de personnes à la réalité augmentée (AR). Qualcomm de son côté conçoit les puces qui animent les smartphones et les premières lunettes AR depuis quelque temps désormais. Leur association dans un projet de grande envergure n’était qu’une question de temps – et le temps est venu.

Le roi des puces, le pionnier de l’AR de masse

Les deux sociétés viennent de réaliser une série d’annonces techniques, qui culminent en une promesse. Ce rapprochement a en effet un but avoué : « accélérer le développement des casques AR » en fournissant aux « fabricants de périphériques […] un design de référence ». Qualcomm a appris de ses difficultés à faire décoller des PC ARM, et espère bien faciliter les choses en développant un casque de réalité augmentée de référence.

D’ailleurs, à l’occasion de son Snapdragon Summit, à Hawaï, qui se tient ces jours-ci, Qualcomm vient d’annoncer sa nouvelle plate-forme AR2 Gen 1. Le géant des SoC détaillait également sa vision auprès de notre envoyé spécial, Adrian Branco. Une stratégie faite de matériel, bien sûr, mais aussi portée par le logiciel et les usages que les applications permettront. Le partenariat avec Niantic est donc la confirmation de cette volonté. En rapprochant matériel et logiciel, Qualcomm et Niantic pourraient bien enfin être le déclencheur de la petite révolution des lunettes de réalité augmentée qu’on attend.

Faciliter la création d’usages

Pour entrer dans le détail, Niantic a révélé que Lightship VPS, son système de positionnement visuel, qui sert à intégrer des éléments virtuels dans la réalité, sera pris en charge par la plate-forme de développement gratuite Snapdragon Spaces XR, de Qualcomm, dès 2023.

Les développeurs, qui travailleront avec les puces du géant de San Diego et ses kits de développement, pourront facilement ajouter des fonctionnalités à Lightship VPS et ancrer des objets virtuels dans le monde réel. Le but étant de faire en sorte qu’ils se comportent comme des objets physiques, autour desquels des utilisateurs peuvent se retrouver pour jouer, discuter, bref, interagir.

Car, Niantic insiste clairement sur cette vision depuis des années. Pour lui, la réalité virtuelle n’est pas la solution, c’est la réalité augmentée qui enrichira le monde et offrira la meilleure expérience sociale en définitive.

Une carte pour fusionner deux mondes

Pour localiser avec précision ces objets virtuels, Niantic a évidemment dû développer une carte dynamique du monde réel en AR et 3D. Elle permet de localiser un smartphone ou un casque AR au centimètre près, et de calculer son orientation également de manière précise.
Ce qui est essentiel pour renforcer l’effet de fusion entre les réalités physique et virtuelle. Pour l’heure, à en croire le site de Niantic dédié à Lightship, ce ne sont pas moins de 100 000 sites qui sont couverts, avec six villes qui bénéficient d’une « couverture solide » : San Francisco, Los Angeles, New York, Londres et Tokyo.

 

 Une vidéo prometteuse et la prudence habituelle

Pour illustrer sa promesse, Niantic a fourni une nouvelle vidéo où on peut voir des personnes jouer ou se déplacer en plein air avec le casque de réalité augmentée sur les yeux. Ils continuent de voir la réalité, sur laquelle sont donc superposées des éléments numériques. Il peut s’agit de robots mechas qui se battent pour capturer un drapeau ou d’informations complémentaires sur un lieu particulier. Ce peut aussi être un trajet à suivre matérialisé par des points qui lévitent au-dessus du sol. Bref, les cas les plus souvent cités pour illustrer l’intérêt de l’AR.

La courte vidéo donne une idée de ce qui nous attend, mais également des limites actuelles. Les graphismes ne sont pas folichons et sont la preuve que la puissance graphique requise n’est pas encore là pour flirter avec le photoréalisme. Par ailleurs, l’occlusion n’est pas toujours au point, comme quand les genoux de ce ninja disparaissent dans le mur de l’immeuble qu’il est censé escalader. Même si le robot qui se pose sur le toit est bien plus convaincant.
Enfin, si Niantic prend la peine de préciser qu’il s’agit bel et bien des graphismes obtenus avec le casque, une question essentielle demeure. Il s’agit évidemment de celle du champ de vision. Il suffit d’avoir porté un HoloLens, de Microsoft, quelques minutes ou même secondes pour savoir qu’il y a une différence énorme entre ce qu’on nous montre en vidéo et ce qu’on voit vraiment avec le casque sur les yeux.

D’un point de vue matériel, les prototypes du casque de référence de Niantic et Qualcomm semblent assez légers et discrets – sans toutefois l’être assez pour se faire passer pour des lunettes classiques. C’est sans doute le prix à payer actuellement pour que leurs utilisateurs puissent d’interagir avec l’environnement extérieur grâce à la carte AR et 3D.

Pour offrir aux utilisateurs un aperçu du futur et donner aux développeurs une plate-forme pour toucher le plus de personnes possibles en attendant l’arrivée des premiers casques, Niantic a indiqué qu’il travaille sur la compatibilité de Lightship VPS sur le Web. Il utilise pour cela une technologie baptisée WebAR, qui donne accès aux expériences de fusion des deux mondes directement depuis un navigateur Web.

Reste maintenant à voir la forme que prendront ces étapes et surtout quand les premiers casques AR vraiment séduisants et utiles arriveront…

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Pierre FONTAINE
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