En l’an 2000, des chercheurs de l’Université fédérale de Santa Catarina (Brésil) ont installé des modules multicristallins sur un bâtiment de l’université. En 2022, les panneaux ont été démantelés afin d’étudier leurs performances, 22 ans plus tard. Aujourd’hui, les chercheurs publient leurs résultats dans la revue scientifique Solar Energy Advances, et autant dire qu’ils sont surprenants.
Des panneaux solaires toujours performants, 22 ans plus tard
Pendant 22 ans, les panneaux solaires installés par cette équipe de chercheurs ont dû faire face aux températures intenses de cette région du Brésil et à un niveau d’ensoleillement élevé, sans parler du fait que le bâtiment où ils ont été placés se situe sur une île côtière de l’Atlantique. Du coup, est-ce que ces modules multicristallins ont perdu leurs capacités après toutes ces années ? Bien au contraire, les chercheurs ont constaté que les panneaux solaires étaient toujours très performants.
En effet, le rapport indique que la dégradation annuelle était de seulement 0,4 % à 0,5 %. En 2000, le fabricant estimait une dégradation annuelle de 1 %. Les panneaux auraient ainsi gardé un ratio de performance de 85,3 %. Un chiffre qui, là aussi, dépasse les garanties de l’époque qui promettaient des performances à 80 % après 20 ans d’utilisation. Plus globalement, il a été constaté un vieillissement extrêmement lent du silicium.
Pour les chercheurs, le constat est sans appel : « Les résultats démontrent que les modules photovoltaïques de seconde vie peuvent fonctionner de manière sûre et efficace après leur déclassement et plus de deux décennies après leur fabrication ». Dès lors, pourquoi les panneaux solaires de seconde main ne se feraient-ils pas une place de choix sur le marché actuel ?
Un marché actuel extrêmement compétitif
D’une part, il est question d’une différence de performances : le rendement au mètre carré a considérablement augmenté en l’espace de 20 ans. D’autre part, le prix du solaire a chuté d’environ 90 % sur ces 20 dernières années, même si l’on constate régulièrement des variation de prix. Le rapport indique que les modules neufs sont tellement bon marché que le gain réalisé en achetant de l’occasion est annulé par le manque à gagner en production électrique. Une concurrence féroce sur le marché, des prix cassés et une efficacité énergétique bien supérieure rendent les panneaux solaires de seconde main difficilement compétitifs.
Mais surtout, le rapport souligne que le marché des panneaux solaires de seconde main n’est pas encadré : « un obstacle majeur est l’absence de protocoles de test standardisés et de critères d’acceptation pour la réutilisation ». Entre l’inspection, la certification et le reconditionnement de vieux panneaux, il n’est à l’heure actuelle pas possible d’envisager un véritable marché pour les panneaux solaires de seconde main. Le rapport préconise dès lors des procédures de vérification rapides et peu coûteuses après le démantèlement de panneaux solaires. Pour les chercheurs, l’objectif est de pouvoir proposer des panneaux solaires de seconde main à des applications sociales ou à des communautés à faibles revenus. L’extraction des matériaux qui composent les anciens panneaux photovoltaïques et un processus de recyclage complet ne seraient alors plus systématiques.
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Source : Science Direct

