Bruxelles fait monter la pression d’un cran contre les géants du porno en ligne. La Commission européenne accuse plusieurs plateformes majeures (dont Pornhub, Stripchat, XNXX et XVideos) d’avoir enfreint le règlement sur les services numériques (DSA). En cause : leur incapacité à empêcher efficacement les mineurs d’accéder à des contenus pour adultes.
Les sites porno dans le viseur du DSA
La procédure fait suite à une enquête de dix mois menée par Bruxelles dans le cadre du DSA, qui impose aux très grandes plateformes en ligne de mieux encadrer les contenus illégaux ou jugés nocifs. Les autorités européennes estiment que les dispositifs actuels sont largement insuffisants.
« Les enfants accèdent à des contenus pour adultes de plus en plus jeunes », s’alarme la commissaire européenne chargée du numérique, Henna Virkkunen. Selon elle, les plateformes doivent mettre en place des mécanismes « robustes, efficaces et respectueux de la vie privée » pour empêcher que les plus jeunes accèdent à leurs contenus. L’équilibre technique sera en tout cas difficile à tenir…
Les systèmes d’auto-déclaration, qui consistent à cliquer sur un bouton pour certifier avoir plus de 18 ans sont évidemment complètement inefficaces. Les mesures complémentaires, comme le floutage des pages ou les avertissements, ne suffisent pas non plus à empêcher les mineurs d’accéder aux vidéos. Les sites concernés risquent gros : en cas de violation avérée du DSA, elles s’exposent à des amendes pouvant atteindre 6 % de leur chiffre d’affaires mondial annuel.
Dans la foulée, la Commission annonce l’ouverture d’une enquête contre Snapchat. Le réseau social est soupçonné de ne pas protéger efficacement les jeunes utilisateurs. Le service impose officiellement un âge minimum de 13 ans, mais le système de vérification est jugé insuffisant. Le régulateur européen s’inquiètent notamment de la facilité avec laquelle des adultes peuvent se faire passer pour des mineurs, ou inversement, et du manque de contrôle pour adapter l’expérience aux utilisateurs de moins de 17 ans.
En France, l’Arcom salue la diligence de l’exécutif européen contre Snapchat et ces plateformes pornos. L’Observatoire de l’audience des plateformes en ligne du régulateur des communications indique qu’en France, avant 13 ans, près de la moitié des internautes (46 %) se rendent au moins une fois par mois sur Snapchat. Ce taux dépasse 80 % dès 13-14 ans. Plus généralement, l’Arcom rappelle que la poursuite d’une action ferme et exigeante à l’égard des plateformes en ligne constitue « une condition sine qua non pour garantir un espace numérique plus sûr ».
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