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Présidentielle 2027 : ChatGPT ou Gemini pourrait « influencer l’ultime choix de plusieurs millions de Français », selon cette étude

16 % des électeurs ont eu recours à l’IA pour faire un choix dans l’isoloir : de quoi « constituer un signal faible d’une transformation profonde en devenir » : voilà la conclusion du groupe de réflexion Terra Nova qui publie ce lundi 18 mai une étude sur l’utilisation des outils d’intelligence artificielle générative lors des dernières municipales.

ChatGPT ou Gemini vont-ils changer le casting de la prochaine présidentielle ? Le groupe de réflexion Terra Nova a publié, ce lundi 18 mai, une étude montrant comment les outils d’IA générative tels Le Chat ou Anthropic avaient été utilisés par les Français lors des dernières élections municipales. Si l’on savait déjà que ces outils d’intelligence artificielle (IA) générative sont utilisés, en particulier par les plus jeunes, pour se renseigner ou s’informer, le think tank montre que certains électeurs sont allés plus loin que de la simple recherche d’informations.

Ce groupe de réflexion, qui se présente comme « progressiste indépendant ayant pour but de produire et diffuser des solutions politiques innovantes en France et en Europe », a analysé les données de Toluna Harris Interactive produites pour M6 et RTL. Le 15 mars 2026, jour du 1ᵉʳ tour des élections municipales, « 4 145 personnes inscrites sur les listes électorales dans les communes de 3 500 habitants et plus ont été interrogées en ligne, sur un échantillon de 6 288 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus ».

Un jeune sur cinq utilise les chatbots IA pour s’informer sur un programme ou un candidat

Parmi les chiffres à retenir, Terra Nova note que 11 % des Français interrogés ont utilisé l’IA pour s’informer sur les candidats ou leurs programmes dans le cadre de la dernière campagne des Municipales. ChatGPT, Anthropic ou Le Chat arrivent toutefois en dernière position dans la liste des sources d’information utilisées pour cette élection, loin derrière les tracts, le bouche-à-oreille, la presse quotidienne régionale, et les réseaux sociaux.

Si 11 % est une moyenne, le détail de cette proportion montre que ce sont surtout les jeunes qui ont recours à ces outils. Un jeune sur cinq (22 % des 18-24 ans et 19 % des 25-34 ans) utilise les chatbots IA pour trouver des informations sur le programme et les candidats de sa commune, est-il détaillé.

Le fait d’utiliser les outils d’IA générative pour s’informer n’est pas nouveau. Mais l’étude montre qu’une partie des personnes interrogées a utilisé ces systèmes pour choisir le candidat pour lequel voter. Selon Terra Nova, un seuil a été franchi. Il y a désormais « un usage émergeant de l’IA non pas uniquement pour s’informer mais également pour affiner son choix », souligne Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de Toluna France, qui a rédigé l’étude.

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« L’IA fait une entrée remarquable dans la formation des choix politiques »

Ainsi, 16 % des personnes interrogées ont déclaré avoir utilisé ChatGPT ou ses concurrents comme aide à la décision de vote :

  • 7 % y ont recours pour confirmer leur choix (confortation),
  • 5 % estiment que l’IA les a influencés (ils ont changé d’avis) et
  • 4 % indiquent que ces outils les ont aidés à prendre une décision et à arrêter leur choix.

Selon le groupe de réflexion, « l’IA fait une entrée remarquable dans la formation des choix politiques. Une fraction non négligeable de celles et ceux qui y ont eu recours déclarent même avoir changé d’avis après avoir consulté l’IA ». Ce phénomène reste toutefois « plus urbain que rural », avec une utilisation « significativement plus fréquente dans les grandes agglomérations, en particulier en Île-de-France et dans les communes de plus de 100 000 habitants ».

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« Un signal faible d’une transformation profonde en devenir »

De même, cette utilisation de l’IA reste « très marginale dans les communes rurales et les petites villes ». De même, elle touche davantage les « franges de populations qui sont structurellement les moins informées et les plus distantes à l’égard de la politique », comme les « personnes disposant de revenus faibles (28 % des personnes aux plus faibles moyens contre 16 % en moyenne) ».

Cette entrée des IA génératives dans la sphère décisionnelle en matière électorale « constitue déjà un signal faible d’une transformation profonde en devenir », écrivent les auteurs de l’étude. Lors des prochaines élections présidentielles, ces outils pourraient être capables « d’influencer l’ultime choix de plusieurs millions de Français », ajoutent-ils. La question ne sera alors pas qui a recours à l’IA, « mais qui la conçoit, comment est hiérarchisée l’information et avec quels garde-fous » : autant d’éléments sur lesquels les entreprises de l’IA, en majorité américaines, font preuve de peu de transparence.

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