Passer au contenu

Comment Apple transforme ses puces défectueuses en succès commercial

Des puces sont défectueuses ou imparfaites ? Pour Apple, hors de question de les jeter à la poubelle. La stratégie est plutôt de les trier, de les « corriger » si besoin, pour finalement les intégrer dans un appareil flambant neuf. Zéro gaspillage, coût de fabrication des puces quasi nul.

Ces dernières années, Apple a adopté une stratégie gagnante : le recyclage de ses puces défectueuses. Le MacBook Neo intègre une puce destinée initialement à l’iPhone 16 Pro. L’entreprise a simplement « corrigé » des puces défectueuses afin de les intégrer dans un ordinateur d’entrée de gamme. L’iPhone 17e utilise quant à lui des puces trop peu performantes pour l’iPhone 17. Les exemples sont multiples. Cette stratégie s’est révélée plus que gagnante pour Apple, mais elle a aussi ses limites, et non des moindres. 

Le recyclage de puces : une stratégie gagnante pour Apple 

Le processus de fabrication des puces n’est pas parfait, ce qui implique des puces de qualité variable. Mais chez Apple, les puces défectueuses, ou imparfaites, ne sont pas jetées à la poubelle, bien au contraire : elles sont triées et mises de côté en fonction de leurs performances. Nous arrivons ici au cœur de la stratégie d’Apple : l’entreprise peut implanter une puce imparfaite dans un autre appareil qui saura l’intégrer sans que ce recyclage ne soit directement perceptible. Dans certains cas, une puce peut même être « corrigée »  afin de s’intégrer de façon optimale dans un nouvel appareil.

À titre d’exemple, l’iPhone 17e utilise des puces trop peu performantes pour l’iPhone 17. Quant à l’iPhone Air, il utilise des puces qui ne répondaient pas aux critères de performance de l’iPhone 17 Pro. Mais l’exemple le plus connu désormais est celui du MacBook Neo. Cet ordinateur d’entrée de gamme intègre une puce A18 Pro provenant des chaînes de production de l’iPhone 16 Pro. Les exemplaires dont un cœur GPU présentait un défaut étaient mis de côté lors de la production de l’iPhone 16 Pro. Durant la production du MacBook Neo, Apple a simplement désactivé le cœur défectueux, faisant passer la puce de 6 à 5 cœurs. Si une telle architecture ne pouvait pas répondre aux exigences de l’iPhone 16 Pro, elle s’intègre sans problème dans le MacBook Neo, soit un ordinateur d’entrée de gamme qui fait quelques sacrifices au niveau de ses perfomances

Une stratégie qui a ses limites

En recyclant ses puces imparfaites, Apple a pu produire des appareils à moindre coût, tout en réalisant des marges conséquentes. Le succès du MacBook Neo vendu à 699 euros en est l’exemple parfait. Alors que les prix des puces augmentent partout en raison de la flambée des prix de la RAM et des SSD, Apple sort des puces défectueuses de ses tiroirs afin de les implanter dans des appareils flambant neufs. 

Seulement voilà, les stocks de puces défectueuses ne sont pas infinis. Que se passe-t-il alors pour Apple lorsque les stocks sont vides et qu’il faut pourtant continuer d’équiper de nouveaux appareils ? C’est précisément le cœur du problème de cette stratégie. Apple a pu vendre son MacBook Neo à 699 euros en recyclant les puces défectueuses A18 Pro destinées à l’iPhone 16 Pro, mais les stocks sont maintenant vides. Pour faire face à cette situation, Apple pourrait adopter trois stratégies, mais la promesse initiale d’un ordinateur grand public semble petit à petit s’éloigner. Quoi qu’il en soit, le recyclage de puces défectueuses s’est révélé être une stratégie gagnante pour Apple.

👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.

Source : The Wall Street Journal


Jérémy Olcina