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Près de 300 extensions Chrome se font passer pour des VPN populaires

Des centaines de faux VPN squattent le Chrome Web Store en singeant les grands noms du secteur, et votre trafic part faire un détour que vous n’avez jamais demandé. Le grand ménage de Google attendra.

La découverte revient aux chercheurs de la société de sécurité Socket, qui ont passé au crible les extensions VPN et proxy de la boutique de Chrome. Leur comptage donne le vertige : 737 extensions douteuses publiées via une quarantaine de comptes de développeurs, une véritable production industrielle. Le principe est toujours le même, promettre une navigation privée et gratuite, puis router le trafic de l’utilisateur à travers des serveurs mandataires que personne ne contrôle.

66 marques singées, du logo à la fiche produit

Sur ce total, 274 extensions usurpent l’identité de 66 marques connues, de Proton VPN à NordVPN en passant par Surfshark, ExpressVPN et jusqu’au résolveur 1.1.1.1 de Cloudflare. Logos recopiés, noms à une lettre près, descriptions pompées sur les fiches officielles : tout est fait pour capter la recherche de l’internaute pressé qui tape « VPN gratuit » un dimanche soir. Les compteurs de la boutique affichent environ 75 000 installations cumulées, un chiffre à manier avec des pincettes puisqu’il mesure des téléchargements revendiqués, pas des victimes avérées.

L’opération semble surtout conçue pour rabattre les internautes vers un service VPN payant basé en Russie. Les compteurs suggèrent d’ailleurs que les premières victimes sont des utilisateurs russes cherchant à contourner les blocages locaux, ce qui ne rend pas les extensions moins accessibles depuis la France.

Chrome Web Store faux NordVPN
Une simple recherche portant sur NordVPN montre la portée du problème. © 01net

Un VPN digne de ce nom chiffre votre trafic et le fait transiter par un opérateur qui s’engage contractuellement sur sa confidentialité. Installer une de ces contrefaçons revient à confier ses clés de voiture à un voiturier qui n’a jamais travaillé pour l’hôtel. Vos requêtes, vos sites visités et potentiellement vos identifiants passent entre les mains d’un inconnu qui, lui, ne s’est engagé à rien.

Pourquoi le ménage de Google ne suffit jamais

La boutique d’extensions n’en est pas à sa première infestation, et la réponse du géant fait redite. Au moment du comptage, Google avait retiré plus de 200 extensions de la liste, mais plus de 500 restaient en ligne et téléchargeables, fortes de dizaines de milliers d’installations. La modération fonctionne comme un jeu de taupes. Les comptes de développeurs jetables coûtent trois fois rien, chaque fournée supprimée est remplacée par la suivante, et la vérification laisse passer des clones de marques déposées identifiables au premier coup d’œil.

En attendant un tri plus sérieux côté Mountain View, la parade reste à votre main. Ouvrez la page des extensions de Chrome et supprimez tout VPN dont vous n’êtes pas certain de la provenance. Pour en réinstaller un, passez exclusivement par le site officiel de l’éditeur, qui renvoie vers la bonne fiche. Un tour dans les réglages de proxy du navigateur permet de vérifier qu’aucune redirection ne traîne, et un changement de mots de passe s’impose si l’une de ces extensions a séjourné chez vous. Quant aux VPN gratuits inconnus au bataillon, le tarif annoncé dit rarement la vérité sur le prix.

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Par : Opera

Source : Socket


Naïm Bada