Le MacBook Neo fait trembler le marché des ordinateurs portables avec son tarif ultra-agressif de 699 euros, et même 599 euros pour les étudiants. Si le 01lab a déjà souligné les compromis réalisés sur son écran, notamment l’absence de HDR et une couverture limitée de l’espace colorimétrique P3, il restait à évaluer la véritable puissance de son moteur. Équipé de la puce A18 Pro dérivée des iPhone 16 Pro, ce modèle d’entrée de gamme a subi notre batterie de tests intensifs. Pour mesurer l’ampleur de ses capacités, nous l’avons opposé au MacBook Air 13 pouces animé par la puce M5 et au HP Omnibook 5 NGAI 16, un PC portable sous Windows doté d’une puce Qualcomm Snapdragon X Plus.
Une puissance de calcul modeste mais très ciblée
L’analyse de la puissance brute révèle un positionnement logique de la part d’Apple. Sur les tâches ne nécessitant qu’un seul coeur (Geekbench 6 Single-Core), le MacBook Neo s’en sort avec les honneurs en affichant 3 451 points. Il s’incline face au MacBook Air M5 (4 187 points), mais parvient à nettement distancer le Snapdragon X Plus du HP Ominibook qui plafonne à 2 369 points.
Dès que les logiciels exigent l’activation de tous les cœurs, la hiérarchie reprend ses droits. Le Neo obtient 8 082 points en multicoeur avec son processeur à 6 cœurs (2 cœurs de performance et 4 cœurs à haute efficacité énergétique). Le MacBook Air M5 s’envole avec 16 548 points, profitant pleinement de son CPU à 10 cœurs (4 super cœurs et 6 cœurs à haute efficacité énergétique).
Enfin, l’Omnibook 5 NGAI s’intercalle à 11 120 points avec son processeur Snapdragon X Plus (en version X1P-42-100, soit la plus « faible » proposée par Qualcomm). Ce dernier dispose de 8 cœurs (4 performance + 4 efficacité) gravés en 4 nm.
Un grand écart graphique inévitable
Sur la partie graphique, la fracture entre la puce A18 Pro et la puce M5 est importante. Le test 3DMark Steel Nomad illustre parfaitement cet écart. Le MacBook Air M5 culmine à 1 072 points, soit presque le triple du MacBook Neo qui se contente de 378 points. Sur l’exercice Solar Bay, le grand frère affiche 22 548 points contre seulement 6 970 points pour le Neo.
Il faut toutefois relativiser ce score. Le petit ordinateur abordable d’Apple se montre beaucoup plus véloce que le HP Omnibook, qui s’effondre à 229 points sur Steel Nomad. De plus, le Neo encaisse remarquablement bien la charge avec un score de maintien de 87,9 % sur le très exigeant Steel Nomad stress test.
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Pour rappel, la puce A18 Pro se limite à un GPU à 5 cœurs contre un minimum de 8 cœurs pour la puce Apple M5. Sur l’ordinateur portable de HP, on trouve un moteur graphique Adreno intégré et taillé pour des tâches graphiques légères.
Stockage et IA des concessions pour maintenir le prix
Pour proposer un MacBook accessible, le constructeur californien a logiquement rogné sur la vitesse de stockage. Le SSD intégré au MacBook Neo enregistre des débits de 1 722 Mo/s en écriture et 1 519 Mo/s en lecture sur le test AJA. C’est suffisant pour une utilisation grand public, mais on reste à des années-lumière des vitesses du MacBook Air M5 (6 894 Mo/s en écriture) ou de l’impressionnant MacBook Pro 16 pouces M5 Pro (11 743 Mo/s). Enfin, du côté de l’intelligence artificielle (Procyon Computer Vision), le Neo se montre volontaire avec 1 722 points en calcul Integer. Il s’approche des 1 939 points du HP Omnibook, même si le M5 reste une fois de plus intouchable avec ses 2 381 points.
En résumé, ce comparatif valide totalement la stratégie d’Apple. Le MacBook Neo n’est pas une machine de guerre pour les professionnels de la 3D, mais sa puce A18 Pro offre des performances monocœur et graphiques supérieures à des PC concurrents pourtant plus onéreux. L’ultraportable abordable d’Apple excelle dans l’art du trompe-l’œil, vite rattrapé par la réalité des benchs. Si le MacBook Neo n’explose pas les compteurs en offrant des performances brutes limitées, il se défend vaillamment dès lors que l’on tient compte des usages pour lesquels il a été pensé.
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