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Panasonic CM1 : moitié compact expert, moitié smartphone

Coupler une partie photo digne des meilleurs compacts experts à un smartphone haut de gamme, c’est le pari de Panasonic pour son retour dans la bataille des smartphones.

Ce matin Panasonic a convié la presse à prendre en main des versions quasi-finales d’un drôle d’appareil dont nous vous avions parlé en septembre : le Lumix CM1. Rien à voir avec l’école primaire, il s’agit d’un smartphone (très) haut de gamme qui intègre un capteur de compact expert et une optique de qualité. Ou, dans l’autre sense, d’un appareil photo expert à focale fixe et grand capteur qui intègre une partie téléphonie. Un drôle de mutant en somme.

Comeback… again

L’arrivée du CM1 est le second retour de Panasonic dans le domaine de la téléphonie en Europe, même si la marque n’a jamais quitté son marché domestique japonais. Fin 2011, sept ans après son premier retrait du marché occidental, la marque d’Osaka avait tenté une nouvelle incursion avec l’Eluga, smartphone haut de gamme étanche dont le flop retentissant avait forcé la marque à se retirer une nouvelle fois de ce segment sous nos latitudes. Trois ans après ce comeback raté, la marque revient avec un appareil bien plus abouti et qui s’appuie cette fois sur l’un de ses vrais savoir-faire : la photo.

Grand capteur et bonne optique

Oubliez les capteurs de smartphones. Oubliez même ceux des compacts classiques : le CM1 intègre un capteur 1 pouce, du même genre que celui qui équipe les Sony RX100 Mark III et autre Panasonic FZ1000. Un capteur de 20 Mpix cinq à sept fois plus grand que les capteurs traditionnels et qui offre une qualité d’image plus proche de l’hybride/reflex que de celle d’un compact. À ce grand capteur est couplé une focale fixe, un grand angle 28 mm f/2.8. Si la focale est grosso-modo équivalente à celle des autres smartphones depuis que tout le monde s’est converti au grand angle, la dimension du capteur et le logo Leica, gage de la validation de la qualité de l’optique par la marque allemande, devraient mettre la concurrence à genoux en terme de qualité d’image. En photo comme en vidéo, puisque le CM1 tourne en 4K. Un mode cependant limité à 15 images par seconde.

Prise en main adaptée à la photo

Qu’ils s’appellent Nokia Lumia 1020, iPhone et autre Galaxy Note 4 (récemment testé), tous les smartphones doués en photo ont un défaut commun : ils offrent l’ergonomie d’un smartphone. Plus large et plus lourd (204 g), le CM1 tient bien mieux en main que ses concurrents. Mieux encore, il est doté d’un déclencheur large et plat. Le CM1 tient donc bien en main et l’acte de déclencher ne déséquilibre pas l’appareil, ce qui est le cas sur l’immense majorité des smartphones équipés d’un déclencheur dédié que nous avons testés. Si certains pourraient regretter ses dimensions supérieures à d’autres smartphones, la vérité c’est qu’un appareil photo demande un autre type de confort et Panasonic a trouvé un bon compromis entre les deux. Le seul reproche que nous ayons à faire pour l’heure est la batterie non-amovible.

Réglages experts

Débrayages manuels de l’exposition, disponibilité du format de fichier RAW (le négatif numérique) et autre bague de contrôle des réglages autour de l’optique : le CM1 cible un public à la recherche du même niveau de contrôle que celui d’un appareil expert classique. L’interface que nous avons essayée était claire, fluide, inspirée des interfaces des Lumix traditionnels et très lisible. Les versions que nous avons eues en main, presque finales, offraient déjà une expérience de « vrai » appareil. Le déclenchement était rapide, la plage ISO très large (jusqu’à 12.800 ISO) et la navigation dans les menus nous a paru fluide et bien maîtrisée, ce qui n’était pas le cas de l’Eluga.

Smartphone : plutôt haut de gamme

S’il existe des concurrents mieux équipés, le CM1 n’est cependant pas à plaindre côté composants. Equipé d’un processeur Snapdragon à quatre cœurs cadencé à 2,3 GHz, il profite d’une dalle de 4,7 pouces affichant de la Full HD, le tout sous Android 4.4. Côté stockage, les 16 Go intégrés peuvent être épaulés par une carte micro SDXC jusqu’à 128 Go. Parfait pour ceux qui shootent en RAW, un fichier de 20 Mpix issu de capteur 1 pouce pesant en gros 20 Mo. La finition du modèle que nous avons eu entre les mains est excellente et il est clair que le CM1 ne dépareillera pas face à la concurrence. Inspiré des codes esthétiques de la photo, il ressemble à un appareil des années 70, tout en aluminium brossé et similicuir. Un côté rétro de plus en plus présent dans le monde de la photo, comme le Fujifilm X100T par exemple.

Compléments optiques

Pour aller encore plus loin dans le domaine photo, Panasonic devrait rapidement proposer des compléments optiques. On parle bien de compléments puisqu’il ne s’agit pas d’optiques dédiées, mais de modules que l’on vient rajouter par-dessus celle intégrée à l’appareil. Quatre modèles seront disponibles : un fish-eye (grand angle qui déforme), un grand-angle classique (pas d’information de focale pour l’instant), un complément macro et un téléobjectif. Les prix n’ont pas encore été décidés mais devraient tourner autour de la centaine d’euros pour chacun, Panasonic explorant l’idée de créer une offre regroupant l’appareil et les quatre compléments. La limite de l’exercice étant simple : le prix.

Prix élevé

Avec un iPhone 6 plus 128 Go à 1019 euros en France, Apple a fait sauter un premier tabou : celui des smartphones à plus de 1000 euros. Sony avait fait un peu la même chose avec le premier RX100, qui avait ouvert la brèche à une flopée de compacts à plus de 650 euros, quand la précédente limite passée était plutôt à 500 €. Ce travail psychologique effectué par Apple et Sony devrait profiter au CM1 car positionné à 900 euros, il s’affiche comme un modèle très haut de gamme. Quant à savoir s’il s’agit d’un smartphone ou d’un appareil photo avant tout, difficile de trancher : avec les suffixes Lumix et DMC devant son nom, il est clair que Panasonic le conçoit comme un appareil photo d’abord, et un téléphone ensuite. Une logique qui se retrouve dans la distribution en France, d’abord chez la FNAC et les photo-spécialistes, dans le futur chez les opérateurs de téléphonie. Panasonic veut le positionner en tant que en compact expert à destination des photographes qui souhaitent téléphoner. Mais si Panasonic veut faire du volume, il faudra aussi séduire les fans de smartphones qui souhaitent faire de vraies photos. Et avec un tel capteur et une telle optique, il y a des chances que Panasonic réussisse.

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Adrian Branco