Le marché des smartphones pardonne rarement l’immobilisme, surtout sur le segment premium. En cette année 2026, Samsung fait face à une offensive féroce menée par l’iPhone 17 Pro (Max), le Google Pixel 10 Pro XL ou encore l’Oppo Find X9 Pro et le Honor Magic8 Pro. Pour maintenir sa couronne, le constructeur sud-coréen déploie son Galaxy S26 Ultra, un smartphone qui tente de se réinventer dans la continuité. Le fleuron de Samsung embarque ce que la marque sait faire de mieux, à commencer par un étonnant filtre de confidentialité et une révision de son architecture photo.
Après des jours de tests intensifs et un passage approfondi sous les sondes de notre 01lab, l’heure est venue de livrer notre avis complet.
Prix et date de sortie du Galaxy S26 Ultra
Le Samsung Galaxy S26 Ultra est proposé à partir de 1469 euros en version 256 Go et 12 Go de RAM, 1669 euros en 512 Go et 1969 euros pour 1 To et 16 Go de RAM.
Design : une cure d’amincissement inattendue
Le premier contact visuel avec le Galaxy S26 Ultra procure un sentiment de familiarité. Le constructeur conserve l’ADN esthétique de la gamme Ultra avec ses tranches plates et ses angles marqués, une silhouette statutaire qui abrite toujours le fameux stylet S-Pen. Pourtant, une évolution silencieuse s’est opérée dans le choix des matériaux pour ce nouveau modèle. Le titane, fièrement introduit sur les générations précédentes, tire définitivement sa révérence au profit d’un cadre en aluminium. Il est intéressant de noter que sur ce point Samsung suit la même trajectoire qu’Apple qui a aussi tourné le dos au titane au moment de passer à l’iPhone 17 Pro.

Ce rétropédalage apparent s’explique par une volonté de limiter la chauffe, mais aussi d’optimiser l’ergonomie, l’aluminium s’avérant nettement plus léger que le titane.
Les ingénieurs ont aussi réussi à affiner le châssis. L’épaisseur tombe à 7,9 mm et le poids descend à 214 grammes. Jamais un modèle Ultra signé Samsung n’avait été aussi fin et léger, et ces petits justement transforment la prise en main.

Les coins plus arrondis, les bordures plus plates et la finesse offrent un appareil équilibré, si bien que les longues sessions de lecture ou de jeu ne fatiguent plus le poignet comme cela pouvait être le cas avec certains anciens modèles plus carrés. Même s’il est légèrement plus grand que son prédécesseur (163,6 mm de hauteur contre 162,8 mm), le Samsung Galaxy S26 Ultra paraît moins imposant une fois entre les mains.
Le dos en verre mat, protégé par du Corning Gorilla Glass Victus 2, résiste brillamment aux traces de doigts tout en assurant une protection maximale contre les rayures. À l’avant, on a droit à du Gorilla Glass Armor 2. L’écran cache également un très pratique capteur d’empreintes digitales.
L’étanchéité IP68 répond bien évidemment à l’appel, garantissant une résistance à l’immersion dans l’eau pendant 30 minutes à 1,5 m de profondeur. Et puisqu’on évoque le dos de l’appareil, on ne peut évoquer le design d’un Galaxy S sans faire un détour par le bloc photo.

L’intégration dans le châssis reste très appréciable et Samsung, malgré la présence de quatre capteurs à l’arrière, évite de proposer un très imposant bloc photo circulaire au dos de son smartphone. Toutefois, l’alignement à la verticale crée un déséquilibre et rend l’appareil instable lorsqu’on le pose à plat… si on l’utilise sans coque de protection. En effet, le problème n’en est pas un si vous protégez votre précieux.
S’il n’y a pas grand-chose à redire sur la qualité de conception de ce Galaxy S26 Ultra, on ne peut s’empêcher de regretter un manque d’audace sur un point crucial. Samsung refuse toujours d’intégrer nativement la norme Qi2. L’absence d’aimants au dos de l’appareil prive les utilisateurs d’un écosystème d’accessoires magnétiques pourtant devenu incontournable chez la concurrence et oblige à acheter une coque intégrant lesdits aimants.
De même, on apprécie toujours autant l’héritage de la lignée des Note et la présence du stylet S Pen. Toutefois, il est surprenant de ne pas le voir se fondre totalement dans le design du fleuron de la marque sud-coréenne. C’est un détail, mais il dépasse légèrement trop même lorsqu’il est inséré correctement dans son emplacement. Plus surprenant, on peut « se tromper » de sens et le S Pen dépasse alors allégrement du corps de l’appareil.

Écran : une dalle « anti-espion » aux multiples visages
L’affichage constitue historiquement le point fort du fabricant et ce millésime 2026 ne déroge pas à la règle. La grande dalle Dynamic AMOLED 2X de 6,9 pouces en définition QHD+ affiche un taux de rafraîchissement adaptatif allant de 1 à 120 Hz. Néanmoins, la véritable attraction cette année porte un nom bien précis, le Privacy Display.

Notre avis sur filtre de confidentialité que l’on a passé au crible
Samsung introduit le tout premier écran de smartphone doté d’une protection matérielle de la vie privée. Le principe repose sur des pixels directionnels étroits. Une fois la fonction activée, l’angle de vision se restreint drastiquement. Un voisin de métro ne verra qu’un écran assombri, tandis que vous conserverez la lisibilité de vos données.

Une petite révolution qui a toutefois un impact sur les performances de l’écran. Pour compléter ce test, nous vous proposons en parallèle une analyse détaillée où nous décortiquons les limites de cette innovation, mesures à l’appui. En effet, les mesures du 01lab confirment que l’activation du filtre désactive un pixel sur deux, divisant la définition par deux pour chuter à 1 560 x 720 pixels, soit une modeste résolution de 249 ppp. Le piqué en prend un coup.
Pire encore, la luminosité chute de 52 % en mode automatique et le ratio de contraste, habituellement infini sur de l’OLED, dégringole à un ridicule 42 pour 1 en activant le mode maximum. Le rendu devient grisâtre et délavé. Heureusement, ce mode reste totalement désactivable et peut même s’automatiser pour l’ouverture de certaines applications, comme les apps bancaires. Samsung laisse une certaine liberté au niveau des paramètres, ce qui se révèle plutôt pratique et évite de nuire à l’expérience globale.
Mesures du 01Lab
Lorsque le filtre de confidentialité reste désactivé, la dalle retrouve sa superbe comme nous avons pu le constater à l’aide du logiciel Calman Ultimate de Portrait Displays.
On commence néanmoins par une petite déception concernant la luminosité maximale obtenue en manuel. Elle est très basse comparée à plusieurs concurrents directs : 476 cd/m².
Le pic lumineux mesuré en mode boost atteint 2 630 cd/m2, garantissant un haut niveau de lisibilité en plein soleil. Le HDR n’est pas exceptionnel avec un pic à 1 398 cd/m2, en retrait face à certains cadors, même si le score reste très correct. Les amateurs de lecture nocturne apprécieront la luminosité minimale flashée à 1,1 cd/m2, appréciable pour ne pas s’éblouir dans l’obscurité.
Côté colorimétrie, le profil d’affichage défini par défaut flatte l’œil, mais manque de rigueur. On a mesuré une balance des blancs un peu trop froide à 6 767 K. Le delta E des gris s’en sort bien avec un score de 2,1. Pour obtenir une meilleure restitution, nous recommandons de basculer sur le profil « Naturel ». Ce réglage fait tomber le delta E des couleurs à 0,9 en espace sRGB, assurant une meilleure fidélité colorimétrique, bien que la balance des blancs devienne très légèrement chaude à 6 268K. Il convient de noter une petite faiblesse inhérente à la présence physique du filtre de confidentialité sous la vitre. Même désactivé, ce maillage provoque une très légère perte d’éclat sur les angles de vision extrêmes par rapport au S25 Ultra, un léger prix à payer pour sécuriser ses données.
Performances : le Snapdragon 8 Elite Gen 5 fait trembler les benchmarks
Sous cette carapace d’aluminium, Samsung ne fait aucun compromis. Alors que les Galaxy S26 et S26+ héritent de la puce Exynos 2600 sur notre territoire, cette déclinaison Ultra s’accapare l’exclusivité du processeur Qualcomm Snapdragon 8 Elite Gen 5 dans sa version optimisée pour Galaxy. Gravée en 3 nanomètres et couplée à 12 Go ou 16 Go de RAM (modèle 1 To), cette puce est — sans surprise — très performante.
Une puissance brute impressionnante
Les résultats synthétiques obtenus par le 01lab confirment que ce SoC, l’un des meilleurs du marché, est à son aise au cœur du Galaxy S26 Ultra. Sur Geekbench 6, le processeur décroche un score single-core de 3 730 points et un score multi-core dantesque de 11 538 points. Le GPU s’envole à 29 188 points, surclassant les principaux modèles Android haut de gamme sortis récemment. Seule la puce A19 Pro de l’iPhone 17 Pro lui tient la dragée haute, n’étant que logiquement distancée sur le volet multi-cœurs.
Sur le benchmark AnTuTu 10, l’appareil confirme sa bonne santé avec 2 677 382 points, propulsé par un CPU mesuré à 575 676 points et un GPU à 1 202 393.
La gestion thermique à l’épreuve du jeu
Toute cette puissance soulève inévitablement la question de la dissipation thermique. Le fabricant a redimensionné sa chambre à vapeur pour refroidir les ardeurs du processeur cadencé à 4,74 GHz. Le test de stabilité 3DMark Wild Life Extreme mené sur 20 itérations révèle un meilleur score de boucle à 7685 points, mais la stabilité chute à 51,5 %.

Dans la pratique, cela signifie que l’appareil bride ses performances de moitié lors des longues sessions pour éviter la surchauffe. Notre laboratoire a d’ailleurs relevé une température extérieure de 43,9 °C en charge maximale, avec une amplitude thermique de 21,6 °C. L’architecture s’avère toutefois tellement performante que même sous bridage thermique, l’expérience de jeu sur des titres gourmands reste d’une fluidité impériale. Le test In Vitro 2 confirme cette aisance avec une moyenne constante de 47,4 images par seconde pour un score de 4743 points.
Logiciel : l’écosystème One UI 8.5 s’impose
L’expérience logicielle repose sur l’interface One UI 8.5, elle-même basée sur le dernier système Android 16 de Google. Samsung se distingue toujours en garantissant sept années complètes de mises à jour majeures et de sécurité, assurant une pérennité, certes de moins en moins rare sur le marché, mais toujours appréciable.

La surcouche intègre l’intelligence générative au cœur même de son fonctionnement. En plus de Now Brief et de la Now Bar, la nouvelle fonction Now Nudge s’illustre particulièrement bien. Cet assistant contextuel analyse silencieusement vos applications pour vous suggérer des actions pertinentes, comme l’ajout d’un rendez-vous à votre agenda à partir d’une conversation par message. La fonction est pratique, si l’on apprécie le clavier Samsung et cela ne sera pas forcément le cas des habitués de Gboard. Le comportement des deux claviers est assez différent, notamment au niveau de la suggestion des mots.
Désormais mature, l’intégration de Galaxy AI se vérifie aussi au niveau de la retouche photo. Elle se veut très pratique en permet de modifier simplement, à l’oral ou l’écrit, une photo en demandant ce que l’on veut modifier.
De son côté, l’assistant vocal Bixby doit abandonner son image désuète pour se transformer en véritable agent IA. On pourra lui soumettre des requêtes nécessitant des recherches sur le web ou encore décrire ce dont on a besoin en langage naturel. Le fabricant travaille également avec Perplexity en plus de Google (Gemini) et Bixby pour proposer toujours plus d’IA dans ses Galaxy. Néanmoins, ces nouveautés n’étaient pas encore disponibles en France au moment de notre test.
L’interface gagne aussi en ergonomie avec un panneau de raccourcis repensé permettant de séparer le contrôle du volume de celui de la luminosité, complété par un système de résumé intelligent des notifications efficace.

Photo : du changement à l’intérieur et ça se voit à l’extérieur
La photographie représente toujours un argument majeur sur cette gamme de prix. Samsung conserve une configuration à quatre capteurs, en apparence très similaire à celle de la génération précédente, mais revoit entièrement son ingénierie interne. La marque se concentre sur la capture de lumière et le traitement logiciel.
Pour rappel, voici la configuration photo du Samsung Galaxy S26 Ultra :
- Capteur principal, grand angle, équivalent 23 mm, 200 Mpx, f/1,4, capteur de type 1/1,3 pouce, OIS ;
- Ultra grand-angle, équivalent 13 mm, 50 Mpx, f/1,9, capteur de type 1/2,5 pouce ;
- Téléobjectif x3, équivalent 69 mm, 10 Mpx, f/2,4, OIS, capteur de type 1/3,94 pouce ;
- Téléobjectif x5, équivalent 115 mm, 50 Mpx, f/2,9, OIS, capteur de type 1/2,52 pouce.

Le capteur principal (200 Mpx)

Véritable monstre de définition, ce capteur grand-angle évolue en proposant une ouverture élargie à f/1,4, lui permettant d’absorber 47 % de lumière en plus par rapport au modèle de l’année précédente. L’examen de nos clichés de test en laboratoire confirme une maîtrise colorimétrique et un excellent piqué. Sur notre mire Colorchecker, le rouge vif de la canette de soda ressort avec puissance sans jamais saturer, tandis que les teintes pastel des pastilles restent d’une fidélité chirurgicale. La capacité du capteur à résoudre les microdétails est frappante : les fibres de la toile de jute, les nervures complexes des plumes décoratives, ainsi que les textes minuscules sur le billet de banque sont restitués avec un excellent contraste, sans accentuation logicielle agressive.
L’ultra grand-angle (50 Mpx)
Samsung reconduit ici son capteur de 50 mégapixels ouvrant à f/1,9. Souvent le parent pauvre des configurations photo, ce module s’en sort ici avec les honneurs. Sur notre scène de test capturée en plan très large, on constate que la distorsion optique inhérente à ce type de focale est excellemment maîtrisée sur les bords de l’image. S’il capte logiquement moins de détails que le capteur principal, l’homogénéité de la netteté du centre vers les coins de la scène demeure redoutable, ce qui garantit des paysages parfaitement nets de bout en bout.

Les téléobjectifs (3x classique et 5x ALoP)
C’est sur le zoom que réside l’innovation matérielle majeure. Outre le téléobjectif x3 de 10 Mpx (f/2,4) qui fait le job, celui permettant un zoom jusqu’à un équivalent x5 de 50 Mpx abandonne le périscope traditionnel pour la technologie ALoP (All Lenses on Prism). Les lentilles sont désormais superposées horizontalement directement sur le prisme, réduisant l’épaisseur du module tout en augmentant l’ouverture à f/2,9. Les bénéfices de cette architecture se situent au niveau du flou d’arrière-plan (bokeh), qui gagne en naturel. Il est doux, progressif et surtout circulaire, s’éloignant des formes plus géométriques des anciennes générations. Le détourage du sujet est propre. Seul compromis imposé par ce nouveau design optique : la distance minimale de mise au point passe à 52 centimètres (contre 26 cm auparavant), ce qui complexifie grandement la prise de vue macro au téléobjectif.
En vidéo, le constructeur étonne avec le mode Super Steady. Il intègre un verrouillage horizontal bluffant : faites pivoter le smartphone à 360 degrés, la ligne d’horizon restera parfaitement droite. L’adoption du codec professionnel APV et la captation 8K font de ce Galaxy S26 Ultra un outil de production extrêmement puissant.
Batterie : une endurance solide et optimisée
Le constructeur intègre une batterie classique au lithium-ion de 5 000 mAh, soit une capacité qui n’a pas évolué depuis le Galaxy S20 Ultra lancé en 2020. Samsung se refuse toujours au silicium carbone et cela a de quoi décevoir, mais l’optimisation énergétique compense en partie ce choix.

Selon notre protocole d’usage mixte strict, mêlant navigation web, vidéo et calcul 3D, le terminal réalise un score herculéen de 23 heures, 15 minutes et 41 secondes. C’est un bond en avant face au S25 Ultra qui s’essoufflait à 20 heures et 23 minutes. Avec une telle gestion de l’énergie, ce smartphone encaisse les journées de travail les plus intenses et promet aisément deux jours d’utilisation classique.
Un résultat plus qu’honnête qui lui permet de faire mieux que des rivaux directs, comme l’iPhone 17 Pro Max qui rend les armes à 21 heures et 14 minutes, tandis que le Google Pixel 10 Pro XL s’effondre après seulement 15 heures et 11 minutes. En revanche, on demeure assez loin des résultats obtenus par les modèles chinois (RedMagic 11 Pro, OnePlus 15, Oppo Find X9 Pro…) qui profitent de la technologie de batterie silicium carbone pour proposer de plus grosses capacités, dépassant les 31 heures d’usage pour les meilleurs.
Pour aller plus loin : Autonomie du Samsung Galaxy S26 Ultra : est-il meilleur que le S25 Ultra ? Nos tests labo
La recharge franchit enfin un cap
Fini le plafond psychologique des 45 W, Samsung bascule enfin sur une puissance filaire de 60 W. Ce n’est toujours pas au niveau des smartphones des constructeurs chinois, mais cela constitue une progression appréciable. Le 01Lab a chronométré un cycle de charge complet en exactement 1 heure et 3 minutes, avec une puissance de crête flashée à 59 W.
Dans la vie de tous les jours, brancher l’appareil seulement 10 minutes permet de récupérer 32 % de batterie, ce qui peut toujours aider avant une soirée ou si vous avez oublié de recharger votre appareil la veille. La charge sans fil grimpe à 25 W et la charge inversée reste de la partie. On regrettera simplement l’absence habituelle de bloc d’alimentation dans la boîte, obligeant l’utilisateur à repasser par la caisse pour profiter de cette nouvelle vitesse de charge.
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