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« Dangereux et invisible la nuit » : le nouveau dispositif de cette piste cyclable française tourne au fiasco

Un dispositif censé sécuriser une piste cyclable à Strasbourg a été retiré quelques jours après son installation, jugé dangereux et facilement contournable par les cyclistes.

L’intention était bonne, l’exécution beaucoup moins. À Strasbourg, un dispositif censé protéger une piste cyclable des deux-roues motorisés a été démonté quelques jours à peine après son installation, tant il s’est révélé dangereux pour les cyclistes eux-mêmes.

Un piège plus qu’une protection

Plutôt qu’une chicane classique avec des barrières, la municipalité avait opté pour un système au sol composé de rails métalliques et d’un potelet central, censé laisser passer les vélos tout en bloquant les deux-roues motorisés. Sur le papier, l’idée pouvait sembler ingénieuse. Dans les faits, le dispositif s’est vite transformé en piège : de nuit, les rails au sol devenaient quasiment invisibles, sans aucune signalétique pour inciter les cyclistes à ralentir suffisamment avant de s’y engager.

Pire encore, l’obstacle censé bloquer les deux-roues motorisés se contournait sans difficulté, à gauche comme à droite. « Tu peux y aller même en voiture », ironisait un internaute sur Facebook, montage à l’appui. « L’idée à la con ! », résumait un autre, dans une avalanche de commentaires moqueurs repérés par nos confrères de Presse-citron.

L’alerte vient d’une association de cyclistes

C’est l’association CADR 67, qui milite pour la promotion du vélo à Strasbourg, qui a le premier signalé le problème, le 19 août, sur sa page Facebook. Elle y pointait un dispositif « totalement invisible de nuit », un franchissement des rails « plus que dangereux », et un potelet installé en plein milieu de la piste qui « risque de faire mal » en cas de chute.

Face à la polémique naissante, la Ville de Strasbourg a fini par confirmer, auprès d’Actu Strasbourg, que l’aménagement visible sur les photos était en réalité incomplet. « Le dispositif n’aurait pas dû être installé en l’état car il est pour l’heure incomplet, dû à des aléas de chantier (retard d’approvisionnement). Les élus ont donc demandé son retrait sans délai », a expliqué la municipalité. La version définitive doit inclure des barrières latérales pour empêcher tout contournement, un système réfléchissant pour la visibilité nocturne, et un panneau invitant les usagers à ralentir.

Une patate chaude que personne ne veut porter

L’affaire a rapidement viré au règlement de comptes politique. Sur Facebook, Landdry Augier de Lajallet, adjoint à la maire chargé des mobilités, a pris la parole pour se démarquer du dispositif : « L’exécutif actuel n’a jamais validé un tel dispositif. Ni l’adjointe de quartier ni moi-même n’avons été informés de cette pose et nous n’avons validé ni son emplacement ni les modalités précises de son installation. »

Une déclaration qui n’a pas manqué de faire réagir Pierre Ozenne, ancien adjoint en charge de ces dossiers sous la précédente municipalité, interrogé par France 3 Grand Est. « C’est fort de café », s’est-il agacé, avant d’ajouter : « Si l’actuel adjoint aux mobilités découvre l’aménagement après cinq mois dans ses fonctions, je m’inquiète pour lui. C’est facile d’accuser l’ancienne municipalité quand un aménagement ne l’arrange pas. » Lui non plus n’assume pas avoir validé ce dispositif, qu’il juge sans « sa place à un tel endroit ». Résultat, impossible à ce jour de savoir qui a réellement donné le feu vert à cet aménagement.

Et maintenant ?

Le dispositif a bel et bien été retiré, ne laissant dans le sol que les trous ayant servi à fixer les rails. La question de fond, elle, reste entière : comment sécuriser cette piste cyclable, régulièrement empruntée par des deux-roues motorisés, sans mettre en danger les cyclistes qu’elle est censée protéger ?

Dès la rentrée, Landdry Augier de Lajallet et Céline Geissmann, élue de quartier, doivent rencontrer les habitants et les associations cyclistes pour reprendre le travail sur un aménagement mieux pensé. CADR 67 confirme avoir déjà été recontactée en vue d’une réunion.

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