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Cartes graphiques : un record vieux de 17 ans a été battu

Le marché des cartes graphiques est en berne. Au troisième trimestre de l’année, les ventes de GPU pour PC de bureau ont complètement dévissé. Chamboulé par la crise sanitaire et la hausse du cours des cryptomonnaies, le secteur peine encore à se rééquilibrer.

Au cours du troisième trimestre de l’année dernière, 6,9 millions de cartes graphiques pour ordinateur de bureau ont été vendues dans le monde, révèle le rapport annuel de Jon Peddie Research. Un an plus tôt, 12,72 millions de GPU destinés à des PC fixes avaient été écoulés sur le marché mondial.

Comme le remarquent nos confrères de Tom’s Hardware, le marché n’avait pas enregistré des ventes aussi basses depuis le troisième trimestre de 2005. C’est à ce moment-là que remontent les plus anciennes données de Jon Peddie Research. Même son de cloche sur le reste du marché, chamboulé par la pandémie de coronavirus et les confinements successifs.

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Les ventes de GPU ont baissé de 42 % en un an

En parallèle, les fabricants ont expédié un peu plus de 7 millions de cartes pour ordinateurs portables. Au courant du trimestre, un total de 14 millions de GPU a été vendu dans le monde. En l’espace d’un an, les ventes de GPU se sont donc contractées de 42 %, soulignent les analystes. L’industrie a brusquement changé de cap, après les excès des années précédentes. C’est la baisse la plus importante depuis la récession de 2009, note Jon Peddie.

« Le marché a connu des changements spectaculaires du côté des expéditions », déclare Jon Peddie dans son rapport annuel.

ventes gpu
Jon Peddie

Pour mémoire, la demande de cartes graphiques a explosé pendant la pandémie de Covid-19. Confinées à domicile, de nombreuses personnes ont investi dans de nouveaux ordinateurs, que ce soit pour jouer à des jeux vidéo ou travailler chez eux. Lors du premier trimestre de 2021, le marché du PC a enregistré une croissance annuelle de 53,1 %, selon le cabinet Canalys.

L’expansion du marché des cryptomonnaies a également joué un rôle. Durant la crise sanitaire, les mineurs de cryptomonnaies se sont multipliés. De nombreux internautes se sont mis à miner de l’Ether, la crypto-devise de la blockchain Ethereum, pour gagner de l’argent. Entre 2020 et fin 2021, la valeur de la cryptomonnaie a en effet quadruplé pour passer au-dessus des 4 500 dollars. Pour miner ces actifs numériques, les mineurs ont investi dans de puissantes infrastructures alimentées par des cartes graphiques. Entre janvier 2021 et juin 2022, les mineurs ont dépensé 15 milliards de dollars pour de puissants GPU, accaparant l’essentiel des stocks.

L’appétit sans borne des mineurs a fait exploser la demande. En parallèle, les lignes de production d’AMD et Nvidia, fragilisées par la crise sanitaire, ont rencontré de graves ralentissements. Les constructeurs n’ont pas pu produire assez de cartes pour contenter tout le monde. De facto, le prix des GPU s’est envolé, au grand dam des joueurs. Profitant de l’explosion de la demande et d’une offre rachitique, les spéculateurs ont pris l’habitude de revendre les stocks disponibles pour générer des profits. La spéculation a aggravé la situation, et les prix ont atteint des sommets. Début 2021, on trouvait encore une RTX 3080 à plus de 2000 euros.

Les causes de la baisse des ventes

Le vent a tourné en 2022. Quand la blockchain Ethereum a déployé une importante mise à jour de son algorithme de consensus, The Merge. Ce changement a signé le glas du minage d’Ether. En prévision de la mise à jour, de nombreux mineurs, fraîchement arrivés dans l’industrie, ont revendu leur matériel, inondant le marché de l’occasion de cartes usagées. Cet afflux brutal de GPU a provoqué une forte baisse des prix.

L’effondrement des ventes de PC a également contribué à tirer la demande, et les prix, des GPU vers le bas. Les utilisateurs se sont massivement équipés pendant la crise sanitaire, à cause de la généralisation du télétravail ou de l’école à distance. Une fois ce boom révolu, le marché s’affiche fort logiquement à la baisse. Enfin, la récession économique, teintée d’inflation monétaire et de hausse du prix des matières premières, a par ailleurs dissuadé les consommateurs d’investir dans de nouveaux composants.

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Source : Jon Peddie Research


Florian Bayard
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