Le mystère autour de Satoshi Nakamoto, le créateur du Bitcoin, continue de faire couler de l’encre, plus de 15 ans après la création de la cryptomonnaie. Publiée le 8 avril 2026, une enquête publiée par le New York Times prétend avoir découvert la véritable identité du mystérieux créateur de la devise numérique, dont la fortune en crypto dépasse les 100 milliards de dollars.
The mystery of Satoshi Nakamoto, the pseudonymous inventor of Bitcoin, has remained unsolved for 17 years. Not anymore. Read my 18-month investigation to find out who Satoshi really is. https://t.co/fPtaK6YHJC
— John Carreyrou (@JohnCarreyrou) April 8, 2026
Selon les investigations menées par le journaliste John Carreyrou, Satoshi Nakamoto n’est autre que le cryptographe britannique Adam Back. L’enquête assure qu’une accumulation d’indices techniques, historiques et linguistiques pointe vers le PDG de Blockstream, une société qui œuvre au développement de l’infrastructure Bitcoin et de la blockchain. Agé de 55 ans, Adam Back fait partie des figures incontournables du monde de la cryptomonnaie.
À lire aussi : Nouveau week-end noir pour le Bitcoin et les cryptos – des centaines de millions de dollars évaporés
Les preuves qui pointent vers Adam Back
L’une des preuves principales mises en avant par le New York Times est la mention du Hashcash, un système inventé par Adam Back en 1997, dans le livre blanc (« white paper ») du Bitcoin, intitulé « Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System ». Publié en 2008, ce document énonce tous les grands principes du Bitcoin, son fonctionnement et ses objectifs. Pour le New York Times, la mention du Hashcash, qu’on considère comme l’une des briques techniques ayant inspiré le mécanisme de preuve de travail du bitcoin, n’est pas anodine. C’est la preuve que Bitcoin et le Hashcash partagent le même concepteur, du moins selon le New York Times. Évidemment, ce n’est pas la première fois que l’évocation du Hashcash contribue à attirer l’attention sur Adam Back.
Dans le cadre de l’enquête, le New York Times a comparé les écrits de Satoshi Nakamoto à des publications anciennes d’Adam Back. Le média a relevé des expressions rares, des tournures proches et plusieurs tics de langage analogues. En miroir de Satoshi Nakamoto, Adam Back mélange régulièrement « l‘orthographe britannique avec des expressions américaines ». Ils utilisent aussi beaucoup des expressions très spécifiques, comme «dang», «backup», «human friendly», «on principle», «burning the money», «hand tuned», «a menace to the network». Des erreurs dans les traits d’union se retrouvent aussi chez les deux individus. La stylométrie, c’est-à-dire l’analyse statistique du style d’écriture, est présentée comme l’un des piliers du dossier. Notez que les données ont été analysées à l’aide d’un programme d’intelligence artificielle.
Par ailleurs, l’enquête souligne qu’Adam Back a échangé par e-mail avec Nakamoto dès 2008. Pour le journaliste, il s’agit d’une mise en scène, visant à brouiller les pistes. Le timing de l’apparition d’Adam Back dans le monde du Bitcoin suscite aussi les soupçons de l’enquêteur, estime le lauréat du prix Pulitzer à l’origine de l’enquête. Quelques semaines après la disparition de Satoshi, Adam Back est en effet devenu une figure centrale de l’écosystème bitcoin, avant de fonder Blockstream.
À lire aussi : 900 000 euros en Bitcoin – de faux policiers ont extorqué une fortune à un couple français
Adam Back dément
C’est loin d’être la première fois qu’Adam Back est épinglé dans le cadre d’une enquête sur Satoshi Nakamoto. Le cryptographe fait d’ailleurs partie des quelques noms qui reviennent sur le devant de la scène, aux côtés de l’informaticien Nick Szabo, et d’Hal Finney, cryptographe et première personne à avoir reçu une transaction en bitcoin.
i’m not satoshi, but I was early in laser focus on the positive societal implications of cryptography, online privacy and electronic cash, hence my ~1992 onwards active interest in applied research on ecash, privacy tech on cypherpunks list which led to hashcash and other ideas.
— Adam Back (@adam3us) April 8, 2026
Comme on s’y attendait, Adam Back a formellement réfuté l’hypothèse du New York Times. Le fondateur de Blockstream affirme qu’il n’est pas Satoshi. Sur son compte X, il parle de « biais de confirmation » ainsi qu’une « combinaison de coïncidences et de phrases similaires de personnes ayant des expériences et des intérêts similaires ». Back dit ignorer lui-même qui se cache derrière ce pseudonyme.
Stylometry is interesting, but not proof. The contemporaneous emails between Satoshi and Adam Back suggest they were distinct individuals. Until someone signs with Satoshi’s keys, every theory is just narrative.
— Michael Saylor (@saylor) April 8, 2026
Même si plusieurs médias jugent cette nouvelle piste plus convaincante que les précédentes, tous soulignent qu’elle ne s’appuie sur aucune preuve directe. C’est également l’avis de Michael Saylor, le PDG de MicroStrategy. Celui-ci estime que « la stylométrie est intéressante, mais ce n’est pas une preuve ». Pour le moment, l’identité de Satoshi Nakamoto reste un mystère, et c’est très bien comme ça, estime Adam Back :
« Je ne sais pas non plus qui est Satoshi, et je pense que c’est une bonne chose pour le bitcoin, car cela aide le bitcoin à être perçu comme une nouvelle classe d’actifs — la matière première numérique mathématiquement rare ».
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.

