L’affaire démarre par une banale conversation entre amis. En 2011, un proche de Chris, passionné par les marchés boursiers, lui assure que le Bitcoin va devenir ce qu’il décrit comme « un phénomène énorme ». Sans surprise, il lui conseille d’investir dans la cryptomonnaie avant qu’il ne soit trop tard, rapporte le média britannique LBC (Leading Britain’s Conversation). Intrigué par les propos de son ami, Chris décide d’investir 1 500 livres dans le Bitcoin. Bien vite, la valeur des cryptos achetées commence « à grimper ». Cette année-là, le cours du Bitcoin a connu sa toute première grande envolée, passant pour la première fois le cap du dollar.
Pour acheter du Bitcoin, le jeune homme passe par Intersango, une plateforme britannique lancée en juillet 2011 sous le nom de Britcoin. La plateforme s’imposait alors comme l’une des premières plateformes d’échange de cryptomonnaies au Royaume-Uni. Le site a rapidement attiré des milliers d’utilisateurs, désireux de pouvoir acheter facilement des actifs numériques.
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Un retrait qui arrive trop tard
Malheureusement, le vent tourne dès la fin 2012. La plateforme commence à accumuler les difficultés. Lenteurs techniques, retards dans les transactions, ou incapacité à traiter normalement les demandes de ses clients… Intersango commence à mal fonctionner au quotidien. Des rumeurs de faillite imminente ne tardent pas à apparaître.
Inquiet pour sa mise, Chris se dit qu’il vaut mieux retirer ses fonds… mais il arrive trop tard. Début 2014, le site cesse tout simplement de fonctionner. La plateforme déclare faillite. Lorsque Chris se connecte à son compte sur Intersango, il se rend compte que tout a été bloqué. Il ne peut plus récupérer les bitcoins achetés quelques années plus tôt. Tous les autres utilisateurs sont dans le même cas. Plus de 5000 comptes sont gelés. À ce moment-là, les bitcoins de Chris, achetés pour 1 500 livres trois ans plus tôt, valent déjà environ 4 000 livres.
« Ça a été un choc quand c’est arrivé. Ce n’était pas vraiment de l’argent que je voulais perdre », explique Chris à LBC.
« Un coup de poing dans le ventre »
Dépouillé de ses cryptomonnaies, Chris ne lâche pas l’affaire aussi facilement. Pendant plusieurs années, Chris multiplie les tentatives pour joindre la société, sans succès. Progressivement, il se résigne à l’idée d’avoir perdu ses cryptomonnaies. Il fait le deuil d’une potentielle fortune… alors que le cours du Bitcoin continue d’exploser à la hausse. Dans les années suivantes, la cryptomonnaie passe le cap des 20 000, des 50 000, puis des 100 000 dollars.
« Voir le Bitcoin monter et monter, c’était un coup de poing dans le ventre. […] Le pire, c’était… de savoir ce que j’aurais pu faire avec cet argent », confie le Britannique.
Des années plus tard, en 2026, Chris décide de prendre le taureau par les cornes. Il fait appel à des avocats pour prouver qu’il est bien le propriétaire légitime de dizaines de Bitcoin restés bloqués sur Intersango. Les devises numériques sont restées stockées dans les portefeuilles numériques appartenant à l’un des cofondateurs d’Intersango. Ces portefeuilles abritent toujours plusieurs centaines de millions de livres appartenant en fait aux clients de la plateforme déchue.
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Millionnaire avec un peu de retard
La procédure porte ses fruits. En quelques mois seulement, les fonds lui sont restitués. Il est désormais millionnaire. Les 61 cryptomonnaies, achetées pour seulement 1500 livres en 2011, valent en effet 3,3 millions de livres sterling. Il prévoit d’« acheter une maison plus grande » et de conserver le reste des cryptos.
Sans l’appel à des avocats, rien ne garantissait que Chris récupère un jour son argent. En vérité, c’est un accord conclu après dix ans de conflit judiciaire entre les fondateurs d’Intersango qui a contribué à débloquer la situation. Lors d’un procès, ils ont fini par admettre officiellement, devant la justice, qu’ils détenaient encore des bitcoins appartenant aux anciens clients de la plateforme.
« C’était la première fois que quelqu’un admettait que ces actifs se trouvaient encore quelque part. Personne ne savait où ils étaient. L’entreprise avait fermé ses portes il y a des années », explique Ryan Sweetnam, l’avocat en charge de l’affaire.
C’est à la suite de cet aveu que les avocats de Chris ont pu récupérer les fonds. D’autres utilisateurs d’Intersango, aussi bloqués depuis 2014, n’ont peut-être jamais entamé de démarche juridique… ou n’ont pas réussi à réunir des preuves suffisantes pour forcer les cofondateurs à rendre l’argent.
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Source : LBC

